CHAPITRE DIX-NEUVIÈME
Description <1c l'oasis de Galiès, l'ancienne Tacapc. — Bourgs et villages qui la composent. — Ses in.ujuinqucs jardiu*. — Oued Gabès. — Fort peu sûr. — Ruines de la ville antique.
Gabès n'est point à proprement purler une ville ramassée dans la même enceinte, mais un assemblage de deux bourgs et de plusieurs villages qui forment une seule et unique oasis arrosée par rOued-Gabès. Ces deux bourgs s'appellent, l'un Djara, l'autre Menzel; parmi ces villages, le plus considérable est celui de Chcnnciii.
C'est à Menzel que réside actuellement le khalife. Celui-ci, à mon arrivée, m'offre l'hospitalité à Dar-el-Bey.
On lit dans El-Bekri 1 la description suivante de Gabès :
« Cabès, dit-il, grande ville ceinte par une muraille de grosses pierres et de construction antique, possède une forte citadelle, plusieurs faubourgs, bazars et caravansérails, un djamê magnifique et un grand nombre de bains. Le tout est entouré d'un large fossé que l'on peut inonder en cas de besoin et rendre infranchissable. Cabès a trois portes; les faubourgs sont à l'est et au sud de la ville. La population se compose d'Arabes et d'Afarecs 4 . »
Edrisi a déclare également, un siècle environ plus tard, c'est-à-dire vers le milieu du douzième siècle de notre ère, que Cabès est une grande ville, bien peuplée, munie d'un mur très-solide et entourée de fossés.
II est question de même de hautes et épaisses murailles comme enfermant cette ville dans Léon l'Africain 4 , qui vivait au seizième siècle.
> Deseript. de l'Afrique septentrionale, p. 49.
2 L'auteur entend par le mot A fa rets les populations indigènes qui avaient subi l'influence de la civilisation romaine.
3 Géographie y trad. de M. Jaubcrt, p. 255.
* Extraits de Léon l'Africain, p. 288.