‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 12 sur 268 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

d'abord plusieurs maisons en Algérie, se sont ensuite retirées à Tunis; plus lard, d'autres membres de la même congrégation se sont répandus jusqu'en Palestine.

Leur établissement dans la capitale de la Régence consiste en quatre petites maisons continues. Dans l'une, elles donnent l'instruction gratuite aux enfants pauvres; une autre est réservée aux petites filles de familles plus aisées qui peuvent payer une rétribution et dont les enfants sont reçues soit comme externes, soit comme pensionnaires. Une troisième renfenne la pharmacie, et elles l'ouvrent chaque matin à tous ceux qui ont des plaies à panser ou des maladies a guérir. A quelque religion qu'ils appartiennent, qu'ils soient chrétiens, juifs ou musulmans, elles leur prodiguent indistinctement leurs soins, leurs médicaments et leurs conseils. Elles vont aussi soigner les malades à domicile, et elles sont souvent appelées dans l'intérieur des maisons musulmanes, dont le harem, interdit aux médecins, ne l'est point à elles.

Leur communauté se compose de douze religieuses. Si leur établissement était plus considérable , elles pourraient y admettre beaucoup plus d'enfants; mais leur dévouement dépasse leurs ressources , et bien qu'elles vivent dans la plus grande simplicité évangélique, elles sont parfois fort embarrassées pour faire face à toutes les dépenses de leur maison. J'ai déjà mentionné celle qu'elles ont à la Goulette; elles en ont une troisième à Sousa et une quatrième à Sfax; j'en parlerai quand je décrirai ces villes.

Les frères de la doctrine chrétienne n'ont été appelés à Tunis par Mgr Sutter que depuis peu d'années seulement. Ils occupent l'ancien couvent des capucins, où ils forment une communauté de dix religieux. Faute d'un local suffisant, ils ont été contraints de transformer en salle d'étude la chapelle des moines, qui jadis était la paroisse catholique de Tunis. Cette paroisse était beaucoup plus humble et plus restreinte que la paroisse actuelle, et le culte semblait s'y

cacher timidement dans l'ombre et dans le silence. Il est heureux que ce sanctuaire, consacré par les souvenirs qui s'y rattachent, n'ait point perdu complètement sa destination première, et que, s'il a cessé d'être la demeure privilégiée de la prière, il soit devenu celle d'une instruction et d'une éducation religieuses.

Trois frères vont tous les jours tenir une école gratuite dans un local séparé, où cent cinquante enfants environ reçoivent dans différentes classes des leçons d'italien et de français. Les autres frères se livrent tout entiers aux soins du pensionnat établi dans leur maison même, où quatrevingt-dix élèves apprennent le français, ( italien, l'arabe, le dessin, le calcul et la musique.

Une autre école , fondée bien antérieurement à celle-ci , existe encore à Tunis : c'est le collège de Saint-Louis, créé, il y a une vingtaine d'années, par M. l'abbé Bourgade. Depuis le départ de son directeur, et surtout depuis l'arrivée des frères, le nombre des élèves de cet établissement, malgré le zèle des quatre professeurs qui les instruisent , a diminué de moitié; il ne dépasse pas maintenant une soixantaine d'enfants, parmi lesquels j'ai remarqué plusieurs juifs et un musulman.

Une des salles de ce collège renferme un petit musée, formé peu à peu par M. l'abbé Bourgade. Ce musée consiste en divers objets antiques trouvés soit à Cartilage,, soit dans les environs, tels que débris de statues, dalles ou cippes funéraires, amphores romaines, vases de forme et de grandeur différentes, fragments de mosaïques, médailles et monnaies, etc. J'y ai estampé vingt-huit inscriptions puniques, presque toutes tumulaires. J'y ai également recueilli les inscriptions latines que voici :

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