‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 11 sur 268 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

que temps après aux capucins. Ceux-ci allèrent s'y installer et construisirent l'église qui sert actuellement de paroisse aux catholiques. Suffisante d'abord pour les besoins du culte, elle est devenue trop petite depuis que le chiffre de la colonie européenne s'est accru. Il est à croire que dans un avenir prochain la transformation et l'extension du quartier franc, par suite des nouvelles constructions qui ont lieu ou qui sont en projet, amèneront celle d'une autre paroisse plus vaste et plus digne tout à la fois de la majesté de la religion chrétienne et de la grandeur des diverses nations catholiques qui sont représentées à Tunis, et dont un pareil monument doit être le symbole et le centre commun .

En visitant le couvent des capucins, composé en ce moment de six prêtres et de quatre frères, je trouvai parmi eux un père français. Le R. P. Anselme, tel est son nom, habite la Régence depuis longues années. C'est un homme d'esprit, actif et prudent. L'expérience qu'il a des hommes et du pays, et l'habitude de l'administration, ont encore développé en lui sa pénétration naturelle. Il est attaché en qualité de vicaire général et de chancelier à la personne de Mgr de Rosalia, à qui il eut la bonté de me présenter.

Mgr Fedele Sutter, originaire de Ferrare, fut envoyé a Tunis en 1841, par le pape Grégoire XVI, avec le titre de préfet apostolique; bientôt après il fut revêtu de celui de vicaire du saint-siége, et, le 29 septembre 1844, il fut élevé à la dignité d'évéque de Rosalia m partibus. C'est un beau vieillard, encore vert, d'une taille et d'une mine imposantes. Il passe pour un théologien très-instruit, et il s'exprime avec une rare élégance. I) est impossible de n'être pas séduit par le charme de sa diction quand, n'étant pas forcé de s'énoncer en français, langue qu'il comprend parfaitement mais qu'il parle avec quelque difficulté, il peut librement, dans sa langue maternelle, s'abandonner à tout l'essor de sa vive

imagination. Les figures les plus variées et les expressions

les plus choisies arrivent comme d'elles-mêmes sur ses lèvres. Très-simple, du reste, et très-affable dans ses manières, il habite au couvent une modeste chambre, et sa vie est celle des autres moines.

Non loin de la porte de sa cellule, le R. P. Anselme m'a fait remarquer sur la paroi du mur d'une paierie deux dalles tumulaires qui y ont été encastrées en 1850; elles sont en marbre blanc et ont été trouvées ù la Mohammédia, quand on a jeté les fondements d'une des ailes du palais du bcy. Sidi-Mustapha-Khasnadar en fit don à Mgr Sutter, et depuis lors on peut les voir à l'endroit que je viens d'indiquer : l'une renferme les noms de trois évêques, et l'autre celui d'un sous-diacre appartenant à l'ancienne Eglise d'Afrique ; je donnerai ces inscriptions à leur place, quand je dirai un mot de la Mohammédia .

Le R. P. Anselme eut également la complaisance de me montrer chez lui une troisième pierre tumulaire qui provient des environs de Tunis, mais sans qu'il ait pu m'indiquer au juste la localité où elle avait été trouvée.

Voici l'inscription dont elle est revêtue :

FELICVLACAESARISN- SERVAPIAVIXITANNISXXV FESTVS- PATER- ETEPITYNCHA NVSCONSERVVSEIVSDE SVOFECERVNTH-SE.

A une faible distance du couvent des capucins, qui autrefois servait d'hôpital aux malheureux esclaves chrétiens , est l'établissement des sœurs de Saint-Joseph de l'Apparition. Ces bonnes religieuses, toutes Françaises, après avoir fondé

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