CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME
qu'elle était située du côté de l'Afrique. Il indique également une seconde cité, qu'il appelle Thoar, et qu'il place du côté opposé.
Ptolémée mentionne avec Meninx une autre ville du nom de Gerra.
La Table de Peutinger en marque quatre : Uchiuin , Haribus, Tipasa et Girba, dont le nom est celui-là même que l'île porte encore aujourd'hui.
On n'a point oublié qu'en décrivant les différents cantons de cette île, j'y ai signalé les mines de plusieurs localités antiques; les plus importantes sont celles qui avoisinent Bordj-el-Kantara : ce sont probablement les restes de l'ancienne Meninx.
Outre ces villes, l'île devait, comme maintenant, contenir un grand nombre de villages formés de maisons très-espacées les unes des autres et disséminées dans la campagne. Sa richesse provenait à la fois de la bonté du sol et de l'excellence de ses teintures en pourpre, par lesquelles elle rivalisait, au témoignage de Pline avec Tyr elle-même.
Aujourd'hui encore cette île offre l'aspect d'un vaste jardin, et l'industrie de ses habitants est partagée, comme je l'ai dit, entre la culture de la terre, la fabrication de belles étoffes de laine, la pèche autour des côtes et le cabotage.
A cinq heures trente minutes du matin j'avais quitté Houmt-Ajim avec ma petite escorte, et à six heures nous montions à bord d'un kareb, bâtiment muni de deux voiles, l'une triangulaire, l'autre carrée, qui devait nous transporter à Gabes. Nous commençons par franchir le détroit avec une rapidité qui nous promet une courte navigation ; mais bientôt le vent tombe, les voiles s'affaissent, et un calme plat nous enchaîne dans une immobilité complète. A dix heures, un
» Uist. naU y IX., 36.
léger souffle traverse de nouveau les airs et ride lu surface unie et miroitante de la Syrte. Nous nous remettons en mouvement, longeant toujours, mais lentement, les côtes. A midi, nous passons devant les ruines de l'Iienchir Roumiah, dont j'ai déjà parlé. Le reïs me fait remarquer dans la mer, en cet endroit, les restes d'un mole qui protégait l'enceinte d'un port, aujourd'hui à moitié ensablé. A trois heures, le vent faiblit de plus en plus. Nous continuons à marcher néanmoins, poussés par un courant très-prononcé. A six heures, le reïs jette l'ancre dans une baie, n'osant pas s'aventurer pendant la nuit au milieu des bas-fonds et des courants de la Syrte.
21 mars.
A quatre heures du matin, le vent se lève, mais il nous est directement contraire. Renonçant alors à poursuivre par mer ma route jusqu'à Gabès, je me fais débarquer au fond de la baie où nous avions mouillé. Nous marchons pendant vingt minutes sur un terrain détrempé, qui est inondé à l'époque du flux, et sur lequel nos chevaux glissent et s'abattent plusieurs fois.
A sept heures, nous franchissons l'oued Zegzaou, qui doit probablement ce nom aux nombreux détours qu'il décrit.
A huit heures, nous faisons halte à Zérat.
A onze heures, nous nous remettons en marche pour Gabès, où nous parvenons à cinq heures du soir.
22 niais.
A six heures du matin , je pars avec le spahi Ahmed , afin d'aller visiter la source de l'Oued-Gabès , éloignée de sept kilomètres de Menzel.
Nous longeons d'abord cet oued sur sa rive droite, et j'admire de nouveau les superbes jardins qui bordent son