‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 163 sur 268 · CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-NEUVIÈME

d'un bond léger, s'est précipitée dans la cour, dont elle anime la solitude par sa présence.

Avant de quitter cette forteresse, je ne dois point oublier d'y mentionner une source intarissable qui est recueillie dans un bassin antique et dont la température est de trente et un degrés centigrades. On descend dans ce bassin par un escalier d'une vingtaine de marches. Une foule de petits poissons se jouent dans ses eaux, lesquelles s'écoulent par un conduit souterrain dans un second réservoir extérieur à la kasbah, appelé Termil, et qui est également un ouvrage antique.

Un autre Termil désigné par les indigènes sous la dénomination de Termil-el-Bey, parce qu'il avoisine Dar-el-Bey, renferme une source semblable dont la température est identique à celle de la précédente , et qui alimente plusieurs petits cabinets de bain séparés. De là l'eau se répand dans deux grands bassins rectangulaires appelés, l'un Termil-er- Badjal (bassin des hommes), l'autre Termil-en-Nsa (bassin des femmes) .

Le premier est long de vingt-cinq pas et large de vingt. Construit par les Romains de même que Termil-el-Bey, il est bâti avec de belles pierres de taille dont les assises inférieures sont encore à leur place, et les autres ont subi divers déplacements et replacements successifs. Il communique par un conduit voûté avec Termil-en-Nsa.

Celui-ci s'appelle également Aïn-Zagaïn ou encore Aïn- Artsara. Cette dernière désignation de source des chrétiens ne veut pas dire que ce soient des chrétiens qui l'aient construit, mais seulement que c'est un ouvrage antique, les Arabes ayant l'habitude d'attribuer aux chrétiens les monuments qui ont précédé leur arrivée, monuments qui très-souvent ont été en réalité l'œuvre des païens.

Termil-en-Nsa est un peu moins grand et moins profond que Termil-er-Radjal. A ciel ouvert comme le bassin des

hommes, mais environné de murs élevés qui en dérobent la vue aux regards indiscrets, il parait avoir subi, lui aussi, plusieurs transformations, car les assises inférieures sont seules à leur place primitive. Dans l'une des murailles est une niche cintrée destinée autrefois à une statue, et au-dessus de cette niche, encore intacte, on distingue sur neuf blocs différents qui ont été déplacés et replacés ensuite , mais dans le plus grand désordre , les restes incomplets d'une inscription latine qui semble avoir contenu la dédicace de ce bain.

Voici ces neuf blocs :

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