VIXIT
ANNIS
La première fois que l'histoire fait mention de Capsa, c'est à propos de la guerre de Jugurtha. Sallustc 1 décrit cette place comme une ville grande et puissante, située au milieu d'immenses solitudes, et fondée, dit-on, par l'Hercule Libyen. Strabon* nous apprend que Jugurtha l'avait choisie pour y renfermer ses trésors. Marius s'en rendit maître par surprise, au moment où beaucoup de ses habitants se trouvaient en dehors des remparts, et il la détruisit, ufin de n'être point obligé d'y laisser une garnison. Mais bientôt elle se releva de ses ruines, grâce à la fertilité de son sol et aux avantages inappréciables résultant au milieu d'un désert sans eau des sources qui jaillissaient en abondance dans son sein.
Dans Pline", en effet, les Capsitani sont cités comme une nation libre. Mentionnée par Ptolémée, Capsa est indiquée comme colonie dans la Table de Peutinger. L'Itinéraire d'Antonin la signale sous le nom de Capse, nom qui se retrouve avec la même orthographe dans le fragment d'inscription, n° 52, que j'ai copié à Gafsa après plusieurs autres voyageurs.
A l'époque chrétienne, elle avait un évêché, comme le prouve la Notice des églises épiscopales de la Byzacène.
Sous Justinien 4 , elle était alternativement, avec Leptis Parva, la résidence du dux, ou commandant militaire de cette province.
Mannert* croit devoir l'identifier avec l'Hékatompylos de Libye, ville dont la conquête illustra Hannon , lors de la seconde guerre punique.
Au moyen âge elle gardait encore des traces bien plus
' Bell. Jng. t c. l.xxxix.
2 L. XVI F, p. 572.
3 Hist. nat., V, 4.
* Justin., Codex, I, 27, lex 1.
5 Était barbareuj., d'après l'allemand de Mannert, par MM. Marcu* et Duesberfl, p. 410 et 411.