‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 171 sur 268 · ANC NOBIS SORTE DEDIT FATVM CVM LVCIDA · texte numérisé non relu

ANC NOBIS SORTE DEDIT FATVM CVM LVCIDA

REMVR

La chambre sépulcrale où reposait cette riche Romaine nommée Urbanilla , mesure cinq pas de long sur trois de large. On y pénétrait par une ouverture rectangulaire fermée jadis hermétiquement au moyen d'une dalle qui se levait ou se baissait à volonté.

A côté de cette chambre en est une seconde plus étroite, à moitié démolie. On observe cinq niches carrées dans les parois du mur de gauche; celui de droite n'existe plus. Audessus de ces chambres régnait un deuxième étage dont la partie supérieure est détruite. Extérieurement, à la hauteur du premier étage, on admire une corniche élégante assez bien conservée.

Outre l'épitaphe antique que j'ai donnée, une foule d'in-

scriptions arabes gravées grossièrement avec un couteau ou un poignard, couvrent les parois intérieures et extérieures de ce monument; j'y ai remarqué aussi quelques dessins tracés d'une main non moins barbare et représentant principalement des cavaliers.

Ce mausolée était environné d'une enceinte murée dont on peut suivre encore çà et là sur le sol les fondations. A l'entour, on ne découvre aucun vestige d'habitations antiques, mais seulement quelques tombes musulmanes. Parmi les blocs mutilés qui forment chacune d'elles, blocs enlevés au monument romain, j'ai reconnu les débris du sarcophage de marbre qui contenait le corps d'Urhanilla et dont l'épitaphe fait mention :

« Lu dus ego conjunx hic te marmore texi. »

Les cendres de la défunte ont été depuis longtemps jetées au vent et son nom seul survit encore, au milieu de ce désert, sur le mausolée solitaire qui n'a pu garder sa dépouille.

A une heure de l'après-midi, nous remontons à cheval.

A une heure cinquante minutes, nous traversons l'oued Beïache, qui, en cet endroit, prend le nom d'Oued-Sidi-AUch.

A trois heures trente minutes, je jette un coup d'œil sur l'henchir Gueniche; il est fort peu important.

A quatre heures, nous demandons l'hospitalité pour la nuit à un douar dont les tentes sont dressées près du Djebel- Sidi-Aïch ; il appartient à la tribu des Haméma.

10 arril.

A cinq heures du matin, je vais examiner les ruines voisines, connues sous le nom de Henchir-Sidi-Aïch. Elles sont situées au pied méridional de la montagne ainsi appelée, et couvrent un espace assez considérable; ce sont celles d'un bourg antique détruit de fond en comble. On suit seulement

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