CHAPITRE TRENTIÈME
De Ctf*a à I-Vriami. — Ilendiir-rl-Ilarinenl. — Hrmliir Scmat-cl-Hainra. — Ilcnrliir Sidi-Aùli, jadi* pcul-ètre Gcmellac. — lleitchir Oum-er-Itliir. Ilenchir-es-Scdid. — Kasr-el-Foul. — Arrivée ù Foriana.
A cinq heures quarante-cinq minutes du matin, nous nous mettons en marche pour Eeriana.
A six heures, nous franchissons l'oued Aïelou; d'autres prononcent Aïellou.
Nous nous avançons entre deux chaînes de montagnes parallèles, dépourvues de toute végétation : l'une, adroite, est le Djebel- As-Salah; l'autre, à gauche, est le Djebcl- Atigue. La route est semée de mechads qui témoignent des nombreux meurtres commis en cet endroit; j'en compte près d'une centaine.
IT ti kilomètre de large sépare ces deux chaînes.
A l'extrémité septentrionale de la vallée qu'elles forment s'élève une colline appelée Guelih-el-Maza.
A six heures trente minutes, nous traversons l'oued Gious. Là, nous rencontrons les débris d'un petit poste de défense. Nous entrons ensuite dans une grande plaine un peu onduleuse.
A sept heures trente minutes, nous franchissons l'oued Safioun ; le lit de ce torrent est extrêmement large et ne ren-
ferme pas le moindre filet d'eau. J'y remarque beaucoup de touffes de rhamnus lotus , arbrisseau qui passe pour être le fameux lotos de l'antiquité.
A gauche, une chaîne de montagnes, connue sous le nom de Djebel-beni-Younès , borde le lit de l'oued; à droite s'étend une vaste plaine. On m'affirme qu'une mine d'argent a été découverte dernièrement dans le Djebel-beni-Younès. La plaine que nous traversons s'appelle Bahirt-el-Makta, à cause des carrières qui ont été pratiquées dans quelques collines voisines.
Vers huit heures, cette plaine, d'abord un peu accidentée, devient plus unie. Dans le lointain, au nord-ouest, apparaît le Djebel-Souïnia ; à l'est, s'élève toujours le Djebel-beni- Younès. De nombreuses gazelles errent par bandes au milieu des steppes arides qui se déroulent devant nous.
A huit heures trente minutes, nous parvenons à l'Henehirel-Harmeul. Il consiste en un hameau antique, complètement détruit.
Un peu plus loin, nous franchissons l'oued Semah ; il tire ce nom d'un mausolée romain très-remarquable, connu dans la contrée sous la dénomination de Semat-el-Hainra. Nous faisons halte près de cet henchir.
La forme de ce mausolée est celle d'une construction rectangulaire de neuf pas de long sur sept de large; il repose sur une sorte de stylobate continu. Bâti en belles pierres de taille, il est orné aux quatre angles de pilastres couronnés de chapiteaux corinthiens dont deux seuls sont encore intacts. Sur l'une de ses faces on lit l'épitaphe suivante, gravée en magnifiques caractères :