‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 174 sur 268 · CHAPITRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTIÈME

saut, près de cet oued, l'henchir Tin, qui ne m'offre que des dé I) ri s insignifiants.

A dix heures cinq minutes, nous rencontrons des ruines plus importantes connues sons le nom de Henchir-Oum-er- Rhir. Ces ruines occupent une sorte de petite presqu'île comprise entre l'oued Reeof à l'orient et l'oued Céiclie ù l'occident. Le bourg dont ils sont les vestiges est entièrement renversé; il était situé sur un terrain accidenté et renfermait plusieurs édifices construits avec des blocs rectangulaires d'un puissant appareil. La seule construction encore debout, du moins en partie, est une enceinte longue de vin(jt pas et large de onze. Les assises inférieures sont seules à leur place et remontent à l'époque romaine; les autres, mal agencées entre elles et formées de blocs divers, notamment de pierres sépulcrales arrachées h des tombeaux démolis, indiquent une époque postérieure. Cette dernière enceinte parait avoir été un poste de défense.

J'ignore quel était le nom antique de cet henchir, à moins qu'il ne faille y voir le vico Gemellas que j'ai placé à Sidi- Aïch, dont les ruines sont plus étendues que celles-ci.

A onze heures cinquante minutes, nous traversons l'henchir Es-Sedid (henchir de la rouille) ainsi appelé, sans doute, à cause de la couleur des pierres dont le sol est jonché et que le temps a comme roui liées. On y distingue les vestiges de plusieurs constructions bâties avec des blocs d'un puissant appareil ; en outre, on foule à chaque pas sur l'emplacement de ce bourg antique une grande quantité de poteries brisées, ce qui ferait croire qu'on y fabriquait des vases en argile.

A une heure, nous laissons derrière nous quelques ruines insignifiantes, qui me sont désignées sous le nom d'Henchirel-Heugle; et l'oued dont nous continuons toujours à côtoyer les bords ù une distance plus ou moins rapprochée, souvent même dans le lit duquel nous marchons, s'appelle pareillement, en cet endroit, Oued-el-Heugle. C'est en définitive la

même rivière que celle que j'ai commencé à signaler bien au sud de Gafsa, et qui, le long de son cours, change tant de fois de dénomination. Son lit actuellement desséché et généralement fort large se resserre ici et forme une khanga ou gorge très-redoutée des caravanistes, à cause des embuscades qu'elle favorise. Cette khanga est bordée par une double chaine de montagnes. Le bassin de l'oued s'élargit ensuite en forme elliptique, pour se resserrer de nouveau près des ruines de Kasr-el-Foul. Ce sont celles d'un poste militaire qui commandait une autre khanga. Il consistait en une enceinte rectangulaire longue de quarante-deux pas et large de vingt-sept, dont les assises inférieures sont encore à leur place. Elle a été construite avec des blocs gigantesques, les uns parfaitement équarris, les autres à moitié bruts. Intérieurement, elle est divisée en trois salles séparées entre elles par des murs bâtis avec des blocs semblables.

A côté de cette enceinte en est une seconde plus étendue, mais construite avec des matériaux beaucoup moins considérables.

Ces ruines portent le nom de Kasr-el-Foul (le château de la fève) ou d'Henchir-el-Foul ( la mine de la fève) , à cause de la forme de la vallée à l'une des extrémités de laquelle ce poste militaire était situé, forme que les Arabes assimilent à celle d'une fève.

Nous franchissons le nouveau défilé qui se présente devant nous , et nous y remarquons plusieurs mechads.

Les montagnes qui s'étaient rapprochées de l'oued pour constituer cette khanga s'en éloignent bientôt, et la vallée devient peu à peu moins étroite.

A deux heures cinquante minutes, nous abandonnons définitivement le lit de l'oued, et, gravissant ses berges, nous entrons dans la grande plaine de Feriana.

A quatre heures quinze minutes, nous parvenons à ce village.

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