CHAPITRE TRENTE-DEUXIEME
A midi quinze minutes, nous passons au milieu des ruines peu étendues de l'henchir Ouechouacha.
A midi trente minutes, sur le dernier flanc des montagnes qui, à notre gauche, longent également la plaine, l'henchir Ksour-ed-Dahab m'est indiqué comme ayant jadis renfermé un riche trésor, d'où serait venue la dénomination de c/iâtcaux de l'or donnée à cet ensemble de constructions renversées.
A midi quarante-cinq minutes, puis à une heure quinze minutes, nous dépassons successivement deux autres henchirs : le premier assez éloigné sur notre gauche, appelé Ilenchir-Dougra; le second sur la route même que nous suivons, et qui se nomme Henchir-el-Hegcl.
A deux heures, nous franchissons une espèce de petit défilé pratiqué dans une colline transversale qui sépare la plaine, ou, si l'on veut, la vallée que nous venons de parcourir, de celle dans laquelle nous allons entrer.
A deux heures vingt minutes, nous demandons l'hospitalité a l'une des smalas de la tribu des Frachich. Cette smala a dressé ses tentes sur l'une des dernières pentes du Djebcl- Chaambi. Le kaïd Mohammed-ben-Aly, qui commande à la berada ou fraction de cette tribu connue sous le nom d'Oulad-Ouezaz, m'accueille d'une manière toute patriarcale.
Les Frachich constituent une tribu importante partagée en trois beradas, chacune de ces fractions ayant une smala particulière, sous l'autorité d'un kaïd distinct. Ils habitent tous sous la tente et sont à la fois cultivateurs et nomades. Leurs nombreux troupeaux errent à travers un vaste territoire qui s'étend à l'ouest jusqu'aux frontières de l'Algérie. Avec les laines de leurs moutons, ils fabriquent des couvertures et des burnous très -recherchés, plutôt à cause de la force que de la finesse de leur tissu. Les vallées qu'ils occupent sont quelquefois visitées, la nuit, par des
lions et des panthères qui habitent au sein des montagnes
dont ces vallées sont bordées; aussi, de temps à autre, organiscnt-ils des battues pour se déburrusser de ces botes redoutables, qui ravagent leur bétail.
13 avril.
La nuit a été {glaciale; le vent mu^it toute la journée avec fureur : c'est un ouragan véritable, qui menace plusieurs fois d'emporter les tentes de la smala. Le kaid nous engage amicalement à ne pas quitter l'abri hospitalier qu'il nous a offert.