CHAPITRE TRENTE-QUATRIEME
A trois heures quinze minutes, nous demandons l'hospitalité à la smala des Oulud-Nadji , autre fraction de la tribu des Frachich. Le kaïd Si-Thaïch nous offre l'abri de sa tente pour la nuit.
18 avril.
A six heures du mutin , départ.
A six heures trente minutes, nous franchissons l'oued Fekku-er-Riuhi.
A sept heures, nous nous arrêtons un instant au milieu de rheuchir Oum-cl-llaoïit. La première chose qui frappe mon attention, c'est un grand nombre de tombeaux; ils sont tous ouverts, et les cendres en ont été jetées au vent. Leur forme est celle d'espèces d'aubes peu profondes , de la longueur et de lu largeur des corps qui devaient y être renfermés; la place de lu téte est marquée pur un enfoncement demi-circulaire dans lequel elle s'engageait. Les dalles qui recouvraient ces sarcophages ayant été enlevées ou détruites, les inscriptions qui pouvaient y avoir été gravées ont disparu par cela même.
I n peu au delà de ce cimetière gisent les débris du bourg antique auquel il appartenait. Un vaste amas de pierres couvre un champ cultivé. Au milieu de gros blocs soit amoncelés, soit dispersés, soit. alignés encore à leur place primitive, on remarque une dizaine de tronçons de colonnes plus ou moins mutilés.
A huit heures quinze minutes, un autre henchir appelé Bou-Taba me présente les vestiges très-confus d'un second bourg entièrement renversé, sauf une construction rectangulaire encore debout, qui parait être un mausolée romain. Elle est longue de trois mètres soixante-dix centimètres, large de trois mètres vingt et haute de deux mètres. Je n'y ai aperçu aucune trace (l'inscription.
A dix heures, nous commençons ù entrer dans une khungu
330 voyagi; i:n ttmsie.
ou gorge de montagne appelée Khanguet-es-Selouki (la gorge du lévrier) . Une dizaine de mechads nous prouvent que cet endroit a été le théâtre de plusieurs meurtres. Bientôt après, nous traversons l'Oucd-es-Sclouki , et nous arrivons à des ruines assez étendues. L'emplacement qu'elles occupent porte le nom de Sidi-tiou-lthanem-Kcdim.
La ville antique dont elles sont les restes s'élevait sur un terrain très-accidenté; elle avait un peu plus de trois kilomètres de pourtour. Défendue du coté de la plaine par un mur épais dont on distingue les vestiges, elle était protégée des autres côtés par d'âpres montagnes ou par les berges escarpées de l'Oucd-cs-Selouki. Sur le point culminant de la cité, une enceinte puissante semble avoir été celle d'un château fort. Ailleurs, plusieurs autres enceintes construites de même avec des blocs gigantesques, les uns rectangulaires, les autres à moitié équarris, délimitent d'anciens édifices qui ont été bouleversés de fond en comble.
J'ai beau examiner les amas de décombres que je heurte à chaque pas, je ne découvre aucune inscription qui puisse m'éclairer sur le nom antique de cette ville; les seuls qui attirent mes regards sont de simples épitaphes; les voici :
Sur la même pierre tumulaire :
D • M • S G A I A IVLIA PIA VIXIT A N N I S L X NEPTVN I A LIS ET FILI POSVERVNT
D • M • S N V N N I V S V ■ A • L X X V PII • PAT • POSVERVNT H • S • Eî