CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME
riaux de dimensions moins considérables, restes de maisons entièrement détruites.
A onze heures trente minutes , nous faisons halte près d'une source jusqu'à midi. La terre est tapissée en cet endroit d'une foule d'herbes odoriférantes dont le parfum embaume l'air.
A midi vingt-cinq minutes, l'henchir Hamrnada offre à mes yeux une enceinte carrée, mesurant quatorze pas sur chaque face et divisée en plusieurs compartiments intérieurs. Elle a été bâtie avec de gros blocs dont la plupart n'ont été qu'à moitié équarris. Non loin de là, on remarque les vestiges de quelques autres constructions moins puissantes.
A une heure trente minutes, continuant à marcher dans la direction du nord, nous parvenons à l'henchir Aïn-m'ta- Aleb. Comme les précédents, il me parait avoir été un ancien poste militaire et consiste principalement en une enceinte bâtie avec d'énormes pierres plus ou moins bien taillées et reposant les unes au-dessus des autres sans ciment.
A deux heures, l'henchir Oum-cl-Hanach est le dernier que nous rencontrons avant d'atteindre Thala. Il se borne à un amas de gros blocs, debout ou renversés. La route est bordée, à droite et à gauche, de collines rocheuses, dont quelques-unes ont été jadis fortifiées.
Vers trois heures, nous entrons à Thala. Nous trouvons cette petite ville en proie à la plus vive agitation. Elle vient de chasser les agents du kaïd Hadj-Kaïed contre lequel elle s'est insurgée, et, comme j'arrive avec un teskéré signé par ce chef dont elle secoue l'autorité, mes hambas, qui ignorent la cause de ce mouvement, sont fort mal accueillis au moment où ils exhibent cette malheureuse pièce, qui, au lieu de nous servir de lettre de recommandation , provoque contre eux et contre moi un mauvais vouloir général. Ils me conseillent donc d'abandonner aussitôt cette ville inhospitalière où nous n'entendons retentir de tontes parts à nos oreilles que des menaces et des injures; mais sachant que
:wi> voyage en timsie.
des ruines importantes méritent en ce lieu d'être étudiées avec soin, je leur déclare que mon intention formelle est de ne point partir avant de les avoir examinées, et, à force de pourparlers, nous obtenons enfin le droit de rester. L'abri d'une mauvaise chambre nous est offert pour la nuit, et peu à peu les habitants s'humanisent avec nous.
ÎO avril.
Thala compte environ douze cents habitants. Les maisons en sont basses et assez grossièrement construites. Elles n'occupent plus maintenant qu'une faible partie de lu ville antique, dont le pourtour peut être estimé à six kilomètres. Celle-ci occupait les pentes et le plateau de deux grandes collines; dans la vallée qui les sépare s'allongeait lu rue principale. A en juger par la quantité énorme de belles pierres de taille dont l'emplacement qu'elle couvrait est jonché, elle doit avoir été jadis une cité puissante. Une source abondante coulait dans l'intérieur de ses murs; quatre autres l'avoisinaient.
En descendant vers le nord le ruisseau formé par la première source, on arrive à un mausolée long de quatre mètres quatre-vingt-dix centimètres et large de trois mètres quatre-vingts centimètres. Il était à deux étages; toute la partie supérieure est démolie. On pénètre dans lu chambre sépulcrale pur une ouverture rectangulaire. Les blocs qui ont servi h la construction de ce monument sont d'un trèsbel appareil. L'inscription qu'il devait porter n'existe plus, ou du moins je n'en ai retrouvé aucun fragment sur aucun des blocs gisants à terre que j'ai pu faire retourner.
Un peu plus loin, dans la même direction, est une enceinte carrée, bâtie avec de gros blocs, les uns encore bruts ou à moitié équarris, les autres taillés avec plus de soin. Cette ruiiîe m'est désignée sous le nom de Bordj-Moëz ou Henchir-Moëz. Parmi les pierres accumulées en dedans