CHAPITRE TRENTE-SIXIÈME
Cette inscription, découverte pour la première fois par M. Pellissier, ne manque pas, comme on le voit, d'importance; car elle nous révèle le nom d'une localité qui n'est mentionnée nulle part dans les écrivains anciens et qui s'appelait Sa I tus Massipianus.
A côté de cet arc de triomphe est , renversé par terre , un gros bloc revêtu de caractères très -effacés; voici les seuls que j'ai pu y déchiffrer :
PRO SALVTE
PP m COS
AVGVST
Les autres monuments dont les débris jonchent le sol sont tellement bouleversés de fond en comble , que la forme et l'étendue en sont actuellement méconnaissables. Sidi-el- Arbi y a puisé tous les matériaux dont il avait besoin pour la construction de son bordj et des maisons qui l'avoisinent.
De même que l'henchir Aïn-Kedim doit la fondation de l'ancienne cité dont il n'offre plus que les vestiges à l'existence d'une source intarissable, ainsi l'henchir Kl-Hammam jouit de l'avantage de deux sources, l'une chaude, l'autre froide, qui ont évidemment déterminé en cet endroit la création d'un centre de population. La source chaude était recueillie uutrefois dans un bassin particulier et ne confondait pas ses eaux avec la source froide qui l'avoisine, comme cela a lieu aujourd'hui, et il est très-probable que les Romains avaient profité de la première pour fonder à Saltus Massipianus un petit établissement thermal. La dénomination moderne d' El- H a mm a m (le bain chaud) donnée à l'henchir autorise cette conjecture; elle est, du reste, justifiée par l'habitude qu'ont encore les Arabes de la smala et des douars
voisins de venir se baigner dans le bassin à moitié détruit dont j'ai parlé tout à l'heure.
Un ruisseau fertilise en outre les terres de cette localité. J'ai remarqué non loin de ses bords trois pierres sépulcrales presque entièrement enfouies dans le sol. Malaspina les ayant exhumées à l'aide d'un Arabe, j'ai lu sur l'une d'entre elles l'inscription suivante :
D • M • S GELLI VSSATV RNINVS- VIX I T • A N N I S X X X X X V
La seconde porte une double inscription dont le commencement est mutilé ; la voici :
VIXIT ANNIS
me pie
TATIS H0N0S