‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 218 sur 268 · CHAPITRE TRENTE-HUITIÈME. 3G · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-HUITIÈME. 3G

A sept heures quarante minutes, les ruines d'un village situé sur une colline attirent mon attention. Je remarque principalement les débris d'une enceinte construite avec de gros blocs rectangulaires, qui parait avoir été un ancien poste militaire. Cinq ou six tombeaux l'avoisinent; un seul porte une épitaphe que voici :

D • M • S LOLLIVS- FELI X- VIXITANNI S • L X I I

Plusieurs tronçons de colonnes sont épars au milieu des décombres de cet henchir, qui porte le nom de Ben-Sadoun.

Vers neuf heures, nous arrivons à une vallée qu'arrose et fertilise un oued dont les eaux tarissent rarement. Elle est dominée par deux monticules que couronnent quelques ruines connues sous le nom d'Henchir-Terba. Au pied d'une de ces collines gisent un certain nombre de sarcophages à moitié brisés.

A onze heures trente minutes, nous atteignons une localité où, entre autres ruines, s'élève sur une colline un monument que les Arabes appellent Kasr- Mouro. C'est un mausolée antique, ou peut-être une chapelle sépulcrale. Extérieurement il mesure huit mètres de long sur six de large. Sa hauteur actuelle est de cinq mètres. Il est divisé en deux compartiments, dont le premier sert de vestibule au second. Les frontons qui décoraient le sommet des façades de cet édifice n'existent plus. Comme la plupart des monuments de ce genre que j'ai rencontrés en Tunisie, il est con-

struit avec de beaux blocs bien équarris, reposant, sans ciment, les uns sur les autres. Je n'ai trouvé aucune inscription sur les parties encore intactes de ce monument, non plus cpie sur les blocs qui en proviennent et qui jonchent le sol à l'entour.

A quelques centaines de pas de là, sur un autre monticule, on distingue les vestiges d'une enceinte circulaire qu'environnent plusieurs tas de décombres.

Deux kilomètres plus loin, nous parvenons à l'une des smalas de la tribu des Madjer. Le khalife nous y offre l'hospitalité.

25 avril.

A six heures du matin, nous prenons la route de Sbiba, guidés par un Arabe de la smala. Notre direction est celle du sud-sud-est.

A six heures dix minutes, nous avons à notre droite le Djebel-Rcukaba , et à notre gauche le Djebcl-Rouhia. Nous nous avançons à travers une plaine coupée par plusieurs ravins et parsemée de monticules.

A six heures trente-cinq minutes, nous laissons à notre gauche le Koudiet-cch-Chaïr, colline de cent vingt mètres environ d'élévation.

A sept heures trente minutes, j'examine un instant l'Henchir-Kriba, consistant en quelques débris de constructions éparses au pied du Djebel-lteukaba.

A neuf heures quinze minutes, nous franchissons l'oued Djedelian. Sur les bords de ce torrent, on reconnaît les traces d'une enceinte qui semble avoir été un poste militaire.

A dix heures, nous faisons halte pendant vingt minutes au milieu d'une plus grande enceinte, mesurant quarante-six pas sur chaque face. Elle est formée avec d'énormes blocs, les uns taillés avec soin , les autres à peine équarris. Intérieurement gisent plusieurs fûts de colonnes. Près de cette

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