‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 219 sur 268 · CHAPITRE TRENTE-HUITIÈME. 3G · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-HUITIÈME. 3G

enceinte, (lestas de décombres et de pierres, de différentes grandeurs, proviennent de maisons complètement démolies. Mon guide ignore le nom de cet lienchir.

A dix heures cinquante minutes, une enceinte semblable, construite de même, avec des blocs d'un puissant appareil, m'est désignée sous la dénomination d'Menchir-Daminarni. Elle a quarante-six pas de long sur trente-neuf de large. J'y remarque deux cippes dont les inscriptions sont entièrement effacées. D'autres constructions renversées avoisinent cette enceinte.

A onze heures, nous atteignons les grandes ruines de Sbiba. C'est une ville depuis longtemps déserte et inhabitée; elle a du avoir jadis quelque importance, car le pourtour de son enceinte peut être évalué à six kilomètres. Elle s'élevait sur plusieurs collines, descendait en pente vers la plaine, et couvrait assez loin celte plaine elle-même. Sur ce vaste emplacement je n'ai plus trouvé qu'un misérable hameau de cinq ou six cabanes , et près de là un douar d'une dizaine de tentes appartenant à la tribu des Madjer.

Dans la plaine d'abord , à quelques pas de l'oued Sbiba , dont l'eau est aussi limpide qu'abondante, on observe une enceinte de cent trente-deux pas de long sur cent vingt-deux de large : formée de blocs de différentes grandeurs, enlevés à divers monuments antiques, elle date soit de la fin de l'époque byzantine, soit du commencement de l'époque musulmane, et semble avoir eu une destination militaire. L'intérieur en est actuellement cultivé et est devenu un champ de blé.

Quant aux principaux édifices qui méritent le plus l'attention , sur le plateau onduleux qu'occupait la cité proprement dite, dont les faubourgs s'étendaient dans la plaine, les voici dans l'ordre où je les ai tour à tour examinés.

1° Une grande construction que l'on peut considérer comme d'unciens thermes : elle a été bâtie en briques et eu

petits moellons. La salle principale contient deux niches cintrées, destinées sans doute jadis à renfermer des statues.

2° Une enceinte rectangulaire, construite avec des blocs de dimensions colossales et superposés sans beaucoup de régularité. A l'un des angles extérieurs de cette enceinte je remarque, sur un bloc, les traces malheureusement trèseffacées d'une inscription qui me semble numide; du moins je crois y reconnaître plusieurs caractères appartenant à l'alphabet de cette langue. J'ai soin d'en prendre plusieurs estampages, mais qui réussissent peu, a cause du vent et de la pluie qui me contrarient dans cette opération , à cause aussi de l'état de la pierre, dont la surface est très-rongée par le temps.

V Une belle fontaine demi-circulaire, construite avec de petits moellons en blocage, mais revêtue extérieurement d'un appareil de magnifiques blocs rectangulaires , dont les trois quarts ont été enlevés ou gisent à terre. Elle affecte la forme d'un théâtre : la corde de; l'arc est de dix-huit mètres. Des colonnes corinthiennes et des statues décoraient la façade extérieure de cet édifice. Un réservoir carré fournissait par derrière à la fontaine l'eau dont elle était alimentée et qui s'échappait extérieurement par trois ouvertures. Celle du milieu occupe la partie inférieure d'une niche cintrée qu'ornait jadis sans doute une statue. L'eau arrivait au réservoir par le moyen d'un aqueduc dont il n'existe plus que de faibles vestiges.

-4° Une grande enceinte carrée, formée avec des blocs gigantesques enlevés à des monuments plus anciens. Intérieurement s'élèvent encore, sur six rangées, trente-six colonnes que couronnaient des chapiteaux corinthiens. Les Arabes désignent cet édifice sous le nom de Djama-Sidi-Okba , et ils en attribuent la fondation ù cet illustre guerrier. Mais avant d'être consacrée au culte musulman , lu Djama-Sidi-Okba avait été probablement une église chrétienne.

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