‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 225 sur 268 · CHAPITRE TRENTE-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-NEUVIÈME

A onze heures, nous faisons halte jusqu'à deux heures de l'après-midi dans un douar de la tribu des Madjer.

Continuant à nous avancer ensuite vers l'est, nous atteignons à trois heures l'Henchir-el-Meguitla. Il occupe deux collines près de l'oued Gilgel, qui, coulant au pied du Djebel- Gilgel, sépare le territoire des Madjer de celui des Oulad- Ayar. Cet henchir est aussi désigné sous le nom d'Henchir- Gilgel , parce qu'il avoisine la montagne et l'oued ainsi appelés. Le point culminant de l'une des deux collines qu'il couvre est environné d'une enceinte bâtie avec de gros blocs mal équarris, qui semble avoir été un poste militaire. Çà et là plusieurs autres enceintes moins étendues, indiquées seulement par l'assise inférieure, s'élèvent au milieu de débris divers. Une quantité assez considérable de fragments de poterie jonchent le sol.

A cinq heures, nous cherchons un refuge pour la nuit dans un douar peu éloigné de cet henchir.

27 avril.

A cinq heures du matin, nous nous mettons en marche dans la direction du sud-ouest, et après avoir traversé successivement deux oueds, dont le premier s'appelle Oued-cl- Hutuh, et le second Oued-Sbiba, nous entrons vers six heures dix minutes dans une vallée bordée par deux ( haines de montagnes; celle qui s'élève à notre droite s'appelle Djebel-Goft-Roumia , et celle qui la domine à notre gauche est le Djebel-Merihla.

Notre direction devient alors celle du sud.

A sept heures, nous nous arrêtons un instant près d'une enceinte ruinée, appelée Souk-m'ta-Aïn-ed-Diba (le marche de la source des chacals). Ce n'est autre chose qu'un réservoir antique construit avec de petits matériaux bien cimentés. L'eau y était amenée des hauteurs voisines au moyen d'un aqueduc.

A sept heures vingt-cinq minutes, nous franchissons un torrent peu important appelé Oucd-Aïn-el-Khemasia.

A sept heures trente-cinq minutes, une petite colline transversale qui s'élève devant nous m'est désignée sous le nom de Fedj-el-Adjouz.

A huit heures trente minutes, nous passons à coté de l'henchir Sar-el-Araha ; ce sont probablement les restes d'une grande ferme antique.

A neuf heures, nous faisons balte dans un douar de la tribu des Madjcr. Il est caché au milieu de hautes broussailles et de cactus gigantesques.

A dix heures quinze minutes, nous remontons h cheval.

A midi douze minutes, nous traversons l'oued Esmoul, le même qui, plus loin, prend le nom d'Oued-Sbéitla. Sur ses bords, nous rencontrons en cet endroit un douar des Oulad- Selama, fraction de la tribu des I Iamcma.

Aune heure vingt-cinq minutes, nous parvenons & THenchir-cI-Oust. Iài, parmi d'autres ruines, je remarque un assez grand nombre de tronçons ou même de fûts de colonnes d'un seul bloc, soit debout, soit gisants à terre. Ces colonnes sont les unes en pierre, les autres en marbre rouge; elles ont appartenu, peut-être, à un temple antique consacré plus tard au culte chrétien. Je copie sur l'abaque d'un chapiteau les caractères suivants :

ISVES INDEO

Un kilomètre et demi plus loin vers le sud-est, nous arrivons aux grandes ruines de Sbéitlu.

Cette cité, jadis peuplée et florissante, ressemble maintenant à une vaste nécropole silencieuse et solitaire. Un marabout avec sa famille y a seul fixé sa résidence. Il s'y est fait

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