D • M • S . AVR E L I VS . . . COR VIXANNIS
Sur une autre pierre tumulaire :
D • M • S AEMILIVS DONATVS VIXIT ANNIS
Sur une troisième pierre tumulaire :
PRIMA INPACE BIXITAN
Ces trois épitaphes sont incomplètes, les pierres sur lesquelles elles sont {jravées étant endommagées.
Je consacrai la journée entière à parcourir et à étudier les ruines de Shéitla. Ahmed, c'est le nom musulman du domestique français au service du marabout Sidi- Ibrahim, vint
me rejoindre de bonne heure au milieu de cette exploration, et, jusqu'à la nuit, il m'accompagna avec Malaspina, ou plutôt il me guida dans mes recherches. Chemin faisant aussi, il me raconta son histoire.
Arrêté à Paris en juin 1848, transporté à Belle-Ile, puis à Lambe.se, en Algérie, il s'était échappé de là en 1851 , et avait gagné, non sans peine, les frontières de la Tunisie. II se croyait libre alors; mais, attaqué presque aussitôt par une bande de Frachich, il avait été dépouillé de tout et forcé, le yataghau sous la gorge, de se faire musulman. Livré à un marabout, pour être instruit dans les préceptes de la loi mabométane, il avait été chargé par ce dernier de lui bâtir une zaouïa, ne recevant d'autre salaire qu'une maigre nourriture et des coups de bâton quand il osait se plaindre ou qu'il ne se conformait pas assez fidèlement aux pratiques du Koran. On lui imposait surtout des jeûnes prolonges, tant ceux qui sont prescrits que d'autres qui ne sont point ordonnés par Mahomet. Du service de ce marabout il était passé à celui de Sidi-Ibrahim , pour lequel il uvait construit une maison au milieu des ruines de Sbéitla. Un méchant burnous avait été l'unique prix de sa peine.
a Eh quoi! lui dis-je, n'avez-vous jamais cherché à vous affranchir d'une pareille tyrannie?
— Pardonnez-moi, me répondit-il; j'ai essayé plusieurs fois de in'cnfuir vers Tunis, n'osant pas retourner en Algérie, où je craignais de retomber entre les mains des gendarmes français; mais toujours j'ai été repris par les Arabes et accablé de mauvais traitements. On m'a menacé dernièrement de me mettre à mort, si je tentais une nouvelle évasion.
— - Ètes-vous néanmoins décidé, ajoutai-je, à reconquérir avec votre liberté le titre de Français et de chrétien que vous avez perdu? suivez-moi demain. Mes hambas, quoique musulmans, me sont dévoués et ne vous trahiront pas. Mala-