‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 254 sur 268 · CHAPITRE QUARANTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUARANTE-TROISIÈME

direction du nord, une contrée très-accidentée, nous parvenons à riienchir Ksotiriu , ainsi nommé probablement parce qu'il renferme plusieurs kasr ou enceintes plus ou moins étendues, construites avec des blocs d'un puissant appareil.

Cet lienchir présente les ruines d'une petite ville située sur les deux rives d'un oued dont le lit parait avoir été jadis dallé et bordé d'un quai en pierres. Sur la rive droite de l'oued, on aperçoit une enceinte rectangulaire, bâtie avec des blocs gigantesques et surplombant ce torrent, à l'endroit même d'où sort la source connue sous le nom d'Aïn- Mededja. C'était, selon toute probabilité, un poste militaire. Je remarque une croix grecque sur l'un des blocs de cette construction, qui, comme beaucoup d'autres de ce genre, appartient à différentes époques et est formée de matériaux divers, enlevés à des édifices antérieurs. Le dedans de cette enceinte est bérissé de broussailles.

Plusieurs autres, plus petites, l'avoisinent; elles sont également construites avec des blocs considérables.

Mais on distingue surtout, sur cette même rive, un édifiée rectangulaire bâti avec de belles pierres de taille et autrefois à deux étages. C'était, primitivement, un mausolée romain qui plus tard a pu avoir une autre destination , par exemple celle d'une chapelle. L'étage inférieur est seul debout, l'étage supérieur étant à moitié démoli. Ce dernier était orné, extérieurement, de quatre pilastres corinthiens dans le sens de la longueur, et de trois seulement dans celui de la largeur.

Une porte très-basse donne entrée dans la chambre sépulcrale. On y observe, à droite et à gauche, deux enfoncements formant une espèce de demi-voûte surbaissée, et séparés l'un de l'autre par un pilier engagé dans la construction générale. Ils mesurent chacun deux mètres trente centimètres de long et cinquante-six centimètres de large. Sous ces enfoncements étaient placés sans doute quatre sarcophages, deux de chaque côté de la chambre.

420 VOYAGE EN TIMSIE.

Sur la rive (fauche de l'oued s'élèvent deux monticules, tous deux couronnés par de grandes enceintes construites avec de gros blocs, et, entre ces enceintes, d'autres plus petites sont les restes d'habitations particulières renversées.

J'ignore le nom antique de cet henchir. Aujourd'hui, un douar de la tribu des Oulad-Aoun y a dressé ses tentes.

A neuf heures, nous poursuivons notre marche vers le nord-est.

A midi, je jette un coup d'reil sur l'henchir Raïada, situé entre deux ravins, sur un plateau qui ressemble à une petite presqu'île.

Le sentier que nous suivons est très-accidenté.

A une heure trente minutes, voyant que le ciel se surcharge de plus en plus de sombres nuages, nous allons demander un refuge à la smala des Oulad-Aoun, établie dans une plaine voisine. Le kaïd fait dresser une tente pour nous près de la sienne. A peine y étions-nous installés qu'un violent orage éclate, et des torrents d'eau tombent jusqu'à la nuit. Le tonnerre gronde sans cesse et semble rebondir, d'écho en écho, dans toutes les anfractuosités des montagnes (iui nous entourent. Au fracas de la tempête se mêlent les gémissements plaintifs des nombreux troupeaux de la smala, que les pâtres se sont hâtés de ramener des pâturages, et qu'aucun abri ne protège contre la pluie diluvienne qui fond sur eux. Nous-mêmes, sous notre tente, nous finissons par être inondés, et nous ne savons comment refouler l'eau qui nous assiège de toutes parts.

8 mai.

Le ciel s'est éclairci , et un soleil radieux sèche peu à peu la terre, que l'orage a profondément détrempée.

A neuf heures trente minutes, nous quittons la smala des Oulad-Aoun.

A dix heures, nous faisons halte un instant sur les ruines

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