‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 255 sur 268 · CHAPITRE QUARANTE-TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUARANTE-TROISIEME

de l'henchir Kasr-Hadid. Ces ruines occupent un plateau actuellement livré à la culture. Elles ne présentent rien qui mérite d'être signalé.

Au bas du plateau, non loin de l'oued Siliana, s'élève, sur un monticule, une assez grande enceinte rectangulaire, construite avec des blocs grossièrement taillés en bossage, mais tous en place et régulièrement agencés ensemble. Intérieurement, cette enceinte était jadis divisée en plusieurs compartiments qui sont démolis.

A dix lieures quarante-cinq minutes, nous franchissons l'oued Siliana. C'est l'un des plus importants de la Régence, après l'oued Medjerdah , bien entendu. Comme il est grossi par l'orage de la veille, nos chevaux ont grand'peine à le traverser. Puis nous nous engageons dans le sentier qui, vers l'est-nord-est , doit nous conduire à l'henchir Aïn- Fournu. Le pays accidenté au milieu duquel nous cheminons est très-fertile. Tantôt ce sont de belles prairies naturelles, émaillées de fleurs, tantôt des champs couverts de magnifiques moissons.

A trois heures, nous arrivons à l'henchir Denaba, amas de quelques blocs, les uns debout, les autres renversés. Il occupe le sommet d'une colline qui commande la route.

A notre droite s'allonge la chaîne du Djebel-Barkou.

A quatre heures, nous atteignons l'henchir Aïn-Fournu.

11 consiste en un vaste ensemble de ruines dispersées ou entassées sur la pente d'une colline.

Parmi ces ruines, on distingue les vestiges de plusieurs édifices considérables; ça et là des tronçons de colonnes, des chapiteaux mutilés, des fragments d'entablement gisent à terre.

Plus bas s'étend une grande enceinte délimitée par un mur construit avec de gros blocs ; elle a environ huit cents mètres de circonférence et est à peu près carrée. Des tours, dont la partie supérieure est démantelée, la flanquent de

dislance on distance. Ko sommet du mur lui-même est renversé. Les blocs qui ont servi à le bâtir appartiennent lu plupart à des édifiées plus anciens. Sur l'un de ces blocs, en beau marbre blanc et à moitié brisé, les mots suivants sont gravés :

CAES • M AVRELI VS * VER I • AVG •

Dans l'intérieur de cette forteresse, des broussailles et de liantes herbes ont pris racine au milieu des débris de toutes sortes que l'on foule aux pieds.

Une source abondante coule auprès; elle était jadis contenue dans un réservoir en pierres de taille, et le ruisseau qu'elle forme avait été canalisé aux approches de la ville.

L'emplacement de la nécropole antique est maintenant cultivé; quelques restes de mausolées presque entièrement démolis y sont néanmoins reconuaissables. En me dirigeant vers ce point, je lis sur une pierre tumulaire :

D ' M • S PERELLIAL- FIL- M A I 0 R PIAVIXITAN NIS XXXXVI

Au-dessus des ruines de la ville, sur une colline qui domine celle qu'elle occupait elle-même, on aperçoit les débris d'une enceinte rectangulaire, construite avec des blocs énormes et

Page 1