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CHAPITRE QUARANTE-QUATRIÈME

Vallée de l'Oued-Melian. — Hcnchir Sidi-Amara. — Khanjja SSdi-Nauuï. — Vaste plaine du Fahs. — Hencltir Aïn-Tarf-eih-Chena. — Hencliir fiou-Arada.

9 mai.

A cinq heures quarante minutes du matin , nous nous mettons en marche dans la direction du nord-nord-est. Nous suivons une belle vallée, extrêmement fertile et couverte d'admirables moissons. Bordée à droite et à gauche par deux chaines de montagnes parallèles, elle est arrosée par l'oued Melian, qu'on appelle aussi Oued-el-Kebir. Des douars appartenant à des tribus très-diverses sont venus des régions méridionales de la Régence y dresser leurs tentes et y chercher pour eux-inéines et pour leurs troupeaux des ressources que le sud leur refusait cette année.

A huit heures, nous rencontrons un henchir peu impor-

tant, sur un monticule qui domine l'oued. C'était peut-être un poste militaire. Les oliviers, dont nous n'avions depuis quelque temps aperçu que de rares bouquets, commencent à reparaître.

A huit heures trente minutes, nous laissons à notre gauche, sur une colline , un second henchir également peu considérable et dont je demande en vain le nom.

A neuf heures, nous faisons halte pendant cinquante minutes à l'henchir Sidi-Amara. Il consiste en un amas confus de blocs qui couvrent une colline aujourd'hui cultivée. Ces blocs, pour la plupart de grande dimension, appartiennent à différentes constructions entièrement renversées; je remarque, entre autres, une enceinte plus étendue que celles qui l'avoisinent, et qui parait avoir eu une destination militaire : elle mesure trente-deux pas de long sur vingt-trois de large.

A dix heures quarante-cinq minutes, nous franchissons l'oued Melian, et, inclinant alors vers l'ouest, nous commençons à gravir la khanga Sidi-Naouï, ainsi appelée à cause d'un santon de ce nom. Ce défilé de montagnes exige une heure environ pour le traverser. Le sentier sinueux où nous cheminons lentement serpente au milieu d'un bois de pins, de genévriers et de lentisques. Parvenus au sommet du Djebel-Sidi-Naouï, appelé encore Djebel-Tell'-el-Fahs , nous jouissons de là d'un superbe coup d'œif. Au nord-est, le Djebel-Zaghouan , que nous apercevions déjà depuis deux jours, dresse dans les airs sa masse énorme. A nos pieds s'étend la plaine du Fahs, où nous distinguons çà et là les douars de la tribu des Oulad-Arfa. Au nord, la Sebkha-el- Koursia et les deux cimes du Djebel-Bou-Kourneïn attirent également nos regards.

Descendus dans la plaine du Fahs, nous laissons à notre gauche, vers une heure, un henchir peu considérable appelé Ain-Naga.

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