‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 45 sur 268 · PATR · texte numérisé non relu

PATR

Elles ont disparu avec les autels sur lesquels elles étaient gravées.

Ce monument avoisinant le bord de la mer, sur une petite colline, les Arabes se sont imaginé qu'on allumait jadis des feux sur son sommet, et que c'était un pbare destiné à guider les matelots sur les flots; de là le nom de Kasr-el- Menara, ou simplement d'El-Menara qu'ils lui ont donné, et qu'il a conservé jusqu'à nos jours.

Près de ce mausolée on remarque les vestiges de plusieurs constructions antiques presque entièrement rasées, et qui jonchent le sol de débris peu distincts.

A neuf heures et demie, nous poursuivons notre route dans la direction du sud , en continuant à longer lu côte à la distance de 2 kilomètres environ.

A dix heures, nous franchissons l'oued el-Kenatir sur un pont moderne. Le tablier repose sur une arche h ogive trèsaiguë, et a par conséquent, comme la plupart des ponts bâtis par les musulmans, une double inclinaison très-prononcée. Près de là sont les débris d'un pont antique dont les arches sont à moitié écroulées.

A dix heures et demie, nous traversons sur un autre pont, également moderne, un second oued dont je n'ai pu savoir

1 Voyages de Shaw, t. I er , p. 207 (trad. française).

au juste le nom. L'un de mes hamhas le désignait, sans en être sûr, sous celui d'oued el-Coucha.

Non loin de ce pont gisent près d'un puits deux tronçons de colonnes antiques.

A onze heures, nous laissons sur notre gauche un village ruiné appelé Henchir-es-SelIoum et couvrant une colline d'environ 700 mètres de pourtour. En parcourant l'emplacement qu'il occupait, je distingue, au milieu de débris confus et insignifiants, quelques tronçons de colonnes antiques.

Je ferai observer ici, une fois pour toutes, au lecteur que le tenue d'henchir est employé en Tunisie pour signifier une ferme et en même temps une ruine. Cette dernière acception est même la plus usitée.

A une heure, nous franchissons sur un pont moderne l'oued es-Seraouel. A notre droite s'étend une vaste sebkha, ou marais salé, que nous côtoyons pendant fort longtemps. Peu profonde, elle se dessèche en été presque entièrement.

Bien que nous ne soyons qu'au commencement de février, la chaleur est déjà très-forte, et des nuées de moucherons bourdonnent autour de nos chevaux et les importunent en leur piquant les flancs et surtout les naseaux. Ils s'élancent sans cesse et montent en tourbillons du milieu des plantes salines et marécageuses que nous foulons sur notre passage.

Vers deux heures, j'aperçois 'quelques vestiges d'une chaussée ancienne qui protégeait la route contre l'envahissement des eaux de la sebkha.

A trois heures, nous faisons halte un instant auprès d'un poste militaire établi là pour surveiller la côte. Il renferme une vingtaine d'hommes, sous le commandement d'un ious-bachi ou capitaine.

A trois heures vingt- cinq minutes, nous remontons à cheval.

Page 1