‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 67 sur 268 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

raies, de petites niches ont été pratiquées. Là devaient être placées les lampes destinées à éclairer ceux qui habitaient ces grottes, ainsi que les divers objets ou ustensiles qui servaient à leurs besoins.

Ces différentes excavations, dont les unes sont isolées, les autres communiquent entre elles et deux ou trois se distinguent par des dimensions plus vastes, remontent très-vraisemblablement aux anciens habitants du pays, et je les regarde comme d'origine phénicienne. A l'époque chrétienne, elles ont pu devenir la retraite de moines; plus tard, elles ont servi d'asile à des pécheurs de thon ; quelquefois aussi elles ont été habitées momentanément par des matelots ou d'autres passagers retenus en quarantaine; de là même le nom d'Ile de la Quarantaine que les Européens ont l'habitude de donner à cet îlot.

Je vais débarquer ensuite au fond d'une petite anse circulaire près d'un souterrain creusé dans le roc. Long de 35 mètres, large de 2 mètres 50 centimètres et haut de 2 mètres, il aboutit à un second souterrain transversal dans lequel l'eau de la mer peut pénétrer. Deux chambres, qui ont été jadis des salles de bain, sont désignées par les Arabes, comme le bassin de l'île de la Tonnara, sous la même dénomination de Hammam-Bent-es-SuItan.

En parcourant cette antique excavation , il me sembluit visiter l'une de ces fraîches demeures des Néréides décrites par les poètes et que l'imagination grecque principalement s'est plu à parer de charmes enchanteurs.

Sorti de ce souterrain , je monte sur un promontoire que défend un château appelé Bordj-Sidi-Mansour, parce qu'il avoisine un petit sanctuaire consacré à ce santon. Près de là est une belle maison de campagne appartenant à un général tunisien nommé Sidi-Osman. C'est un ancien renégat grec. Dans le salon principal , contrairement aux usages des musulmans, qui n'admettent pas, par principe, la représentation

de l'homme, j'ai remarqué un certain nombre de gravures figurant les plus célèbres batailles de l'empire.

Au sud du promontoire Sidi-Mansour est le mouillage de Monastir, dont la distance à partir de cette ville répond à l'intervalle de deux milles, signalé par Hirtius 1 , entre Ruspina et son port. « Ex oppido Ruspina egressus (Caesar), proficiscitur ad portum, qui abest ab oppido millia passuum H. »

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