CHAP1T11E ONZIÈME
parts, tantôt côtoyant le rivage, tantôt étant contraint de m'en éloigner un peu, par suite de réboulcment d'énormes pans de murs renversés dans les flots.
Le côté occidental, qui fermait la péninsule et qui occupait toute la largeur de l'isthme, était la partie la plus fortifiée; elle était défendue par six tours, dont quelques-unes ont été entièrement sapées. La porte d'entrée était en outre protégée par le château que j'ai mentionné plus haut.
Toute cette enceinte porte en général le cachet de la même époque. Plusieurs voyageurs l'ont regardée comme espagnole; mais, à mon avis, elle est sarrasine, et remonte, selon toute probabilité, à Obeid-Allah lui-même. Quelques parties seulement ont été refaites ou réparées après les différents sièges que la place a subis; d'autres aussi ont pu être ajoutées pour compléter la défense.
On sait que Charles-Quint, devenu maitre de Mahédia et se voyant dans l'impossibilité de la garder, donna ù son armée l'ordre d'en détruire les fortifications, qu'il avait fait d'abord restaurer. Ses soldats ont bien accompli leur tâche, car la sape et la mine ont ouvert partout de larges brèches dans cette enceinte formidable, dont les parties laissées debout témoignent assez de ce qu'elle a dû être dans le principe.
J'ai peu de chose h dire de l'intérieur de la ville. Les palais et les belles mosquées qu'elle possédait autrefois n'existent plus ou tombent en ruines. La mosquée principale actuelle renferme d'élégantes colonnes; elle parait remplacer une mosquée beaucoup plus ancienne, dont on distingue encore quelques pans de murs qui rappellent, par la régularité et les dimensions des pierres dont ils sont revêtus , les remparts que j'ai décrits. Les autres mosquées sont plus petites et moins dignes d'intérêt.
Mahédia est le siège d'un kadi et d'un khalife. Le chiffre de ses habitants ne dépasse pas en ce moment trois' mille
cinq cents âmes, sans y comprendre toutefois les faubourgs. Le commerce le plus important y consiste en huiles. C'est ce commerce qui a attiré et qui retient encore dans cette ville la petite colonie européenne qui s'y est fixée. Les chargements et les déchargements se font au sud de la presqu'île, près d'un mouillage assez sûr.
Je n'ai trouvé à Mahédia aucune inscription antique, mais seulement, sur une dalle tumulaire brisée qui recouvrait les restes d'un chevalier de Malte du nom de .îean-Eiujène de Piscatory, l'épitaphe latine suivante :
O U A E R E « I 0 IN T E R II I S NO S TRI NON PL EN A LA BORIS EN I A C E T HIC II Y E R O S O LIMITANT! S M ILES 10 II A N N E S . . . . N I U S D E I» I S C A T O