‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 82 sur 268 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

Départ de Mahéilia. — Ksour-e»-Sef Selekta, autrefois Syllcetum. —

El- Ali.« , probablement l'ancienne Acliulla.

18 février.

Je fais mes adieux au khalife et a M. Lumbroso, que je remercie de sa bonne et affectueuse hospitalité, et je quitte Mahédia afin de poursuivre ma route vers le sud. M. Portelli et le II. P. Félix m'accompagnent jusqu'à Selekta.

Partis à huit heures quinze minutes, nous côtoyons d'abord le bord de la mer en traversant le faubourg Kouach Nous luissons bientôt à notre droite le cimetière catholique, et un peu plus loin celui des juifs.

Nous longeons ensuite pendant quelque temps la Sehkham'ta-Zouïlu ; l'eau en est douce, à la différence de celle de la plupart des sebkhas de la Tunisie.

A huit heures quarante-cinq minutes, nous atteignons le petit village de Bou-Redjidj. Là est une vaste carrière de pierre tufeuse et de grès, exploitée à ciel ouvert dès la plus haute antiquité probablement, et qui maintenant l'est encore. Les habitants de la localité prétendent que cette carrière a fourni les magnifiques blocs qui ont servi ù construire l'amphithéâtre d'El-Djem.

Au delà s'étend une plaine en partie inculte et en partie cultivée : à son centre s'élève une koubba consacrée à Sidi- Chaouali.

A neuf heures quarante -cinq minutes, nous entrons à

\Mi VOYAGE EN TIMSIE.

Ksour-es-Sef. C'est un bourg considérable qui renferme une population de 5,000 âmes. Il possède plusieurs mosquées, cinq zuouïas et trois médrécés ou écoles. De superbes plantations d'oliviers l'environnent.

Sliaw pense que ce bourg occupe l'emplacement de l'oppidum Sarsura dont il est question dans llirlius '. Si la conjecture du savant Anglais est l'ondée, il faut ajouter un X à la distance marquée dans la Table de Peutingcr entre Thysdrus et Sassura viens , lequel est évidemment identique à l'oppidum Sarsura d'IIirtius; car l'intervalle qui sépare El-Djem de Ksour-es-Scf est de XXII milles romains et non de XII, comme l'indique cette Table.

Après quelques minutes de repos, nous nous remettons en marche pour Selekta, accompagnés d'un guide du pays. Cette localité est située à cinq kilomètres environ à l'est de Ksour-es-Sef.

Nous traversons d'abord de belles plantations d'oliviers, puis nous parvenons à une petite colline dont le sommet est couronné par les restes d'une ancienne construction qui semble avoir été un poste militaire. Nous franchissons ensuite une plaine inculte et couverte seulement de plantes aromatiques au milieu desquelles voltigent de nombreux essaims d'abeilles. Bientôt nous remarquons des amas de décombres jonchant çà et là des jardins cultivés qui appartiennent aux habitants de Ksour-es-Sef.

Chemin faisant, nous rencontrons plusieurs citernes antiques, et près de là, sur un plateau, les débris d'une jolie mosaïque. L'édifice qui la renfermait est complètement détruit.

Descendant la pente de ce plateau, nous sommes conduits par notre guide sur l'emplacement d'un monument qui a dû être un temple ou un palais, car on y a déjà déterré plu-

1 Belfo Afric, c. lxxiv et un.

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