‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 83 sur 268 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

sieurs colonnes magnifiques. Nous y admirons encore un superbe chapiteau en marbre blanc, d'ordre corinthien; à coté est étendu un fût de colonne en marbre gris nuancé de vert.

Parvenus sur le bord de la mer, nous observons le long du rivage les traces d'un quai; il se termine, au nord, à un petit promontoire appelé Ras-Djbouro , auquel tiennent une suite de récifs que rattachait jadis plus étroitement au continent une digue inclinant vers le sud-est.

L'anse que protégeaient ce promontoire et cette digue formait le port de la ville marchande. Un kilomètre au sud, un bassin renfermé entre deux môles dont les truces sont encore apparentes, constituait le port militaire, lequel était contenu dans l'enceinte de la ville forte.

Cette dernière était peu étendue. Le périmètre qu'elle occupait est déterminé très -nettement par des murailles très-puissantes dont il existe, du côté de l'ouest, des restes considérables. Ces murailles formaient une enceinte carrée de deux cent huit pas sur chaque face. Klles consistent en un blocage intérieur revêtu extérieurement d'un appareil degros blocs.

Selekta est la Sullecti de la Table de Peutinger; Procope 1 l'appelle Syllectum et la cite comme la première étape de Bélisaire dans sa marche de Caput-Vada à Carthage.

Dans la Notice des sièges épiscopaux «le la Byzacène, il est question d'un episcupus Subleclinus.

A quatre heures du soir, nous sommes de retour à Ksoures-Sef. M. Portelli et le II. P. Félix me quittent alors pour rentrer avant la nuit à Mahédia. Je leur serre cordialement la main.

• Bell. Vand., I, 15.

VOYAGE i:n Tunisie.

19 février.

Départ à huit heures du mntin. Après avoir' dépassé une zone plantée de vieux oliviers, nous entrons dans une vaste plaine dépourvue de toute végétation.

A dix heures, nous faisons halte à El-Alia. Des débris accumulés sur un monticule semblent ceux d'un château fort. Plus au sud, les vestiges d'un grand édifice et une belle citerne attirent mon attention. Jusqu'à la mer, le sol est . jonché de matériaux, restes de maisons entièrement renversées. Le long de la plage, on reinarc|iie les traces d'un quai. Les Arabes prétendent que les habitants de cette ville, aujourd'hui détruite et déserte, ont été s'établir dans l'île de Malte.

El-Alia passe pour être l'ancienne Acholla de Tite-Live et de Strabon ', l'Achold de Ptolémée, l'Achilla d'Hirtius 8 , qui Ja range parmi les villes libres, l'Acolitanum oppidum de Pline*. Dans la Table de Peutinger, elle est désignée sous le nom d'Aholla. La Notice des évéchés de la Byzacène cite un episvojnis Aroli'tanus.

Il existe quelques monnaies romaines de cette ville; elle y est appelée Achulla, nom qui se retrouve également sur une inscription bilingue, latine et punique, trouvée en cet endroit 4 .

• Tilt-Live, XXXIII, |». 48. — Slrab., XVII, p. 1188.

2 llrlln A/rir.y c. xxxill.

3 Hift. mit., V, 4.

* Gcsciiius, .Won uni. Phaniria, p. 319. "

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