‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 91 sur 268 · CHAPITRE QU INZIÈME. ICI · texte numérisé non relu

CHAPITRE QU INZIÈME. ICI

A une heure dix minutes, nous traversons, sans nous y arrêter, les ruines d'Inchilla, que je connaissais.

A deux heures vin;;t-cinq minutes, on me signale le marabout Sidi-Ahmed-ben-Nnfed.

Près de là gisent les débris d'un village musulman nommé Belliana. Ce village, aujourd'hui abandonné, occupait luimême l'emplacement d'un bourg antique plus considérable.

A trois heures vingt minutes, nous foulons les vestiges d'un autre bourg antique qui s'étendait jusqu'à la mer, où il avait un petit port. On y distingue les restes de cinq châteaux appelés Ksour-Siad et connus également sous le nom de Ksour-Sidi-Mesurrah, à cause du voisinage d'un santon ainsi désigné. Ces châteaux environnaient le bourg et paraissent de construction byzantine; peut-être même remontentils jusqu'à l'époque romaine. L'un d'eux, de forme ronde, dominait le port.

Un peu plus loin , nous passons au pied d'un monticule appelé Koudiet-Rosfah , et qui a été jadis fortifié.

A quatre heures trente-cinq minutes, nous atteignons le village de Louza; il renferme quatre cent cinquante habitants.

Î5 février.

A huit heures du matin , départ.

A huit heures dix minutes, nous rencontrons quelques débris nommés Henchir-cl-Louza.

Plus loin, sur le bord de la mer, d'autres ruines attirent mes regards; ce sont celles d'un bourg antique. Là existait jadis un petit port, et je remarque les restes d'un quai. Cette localité porte le nom d'El-Mesallah.

A neuf heures, un henchir beaucoup plus important réclame de ma part un examen moins rapide.

J'aperçois d'abord les restes d'un amphithéâtre. II est aujourd'hui presque entièrement démoli; la forme néan-

inoins en est encore très-reconnaissable. L'arène, qui est maintenant cultivée, avait 50 pas de long sur 32 de large. Des espèces de contre-forts appuyaient la muraille d'enceinte, <pii mesurait environ 320 pas de circonférence.

Cet amphithéâtre avoisine une nécropole dont les tombeaux ont été prestpic tous fouillés, et les pierres sépulcrales enlevées.

À quelque distance de là, un édifice ruiné m'est désigné sous le nom de Kasr-el-Felous (le château de la monnaie). Les Arabes l'ont appelé ainsi parce qu'on y a trouvé quelques pièces d'argent, et parce qu'ils s'imaginent que ce bâtiment renfermait jadis le trésor de cette cité détruite.

Plus au nord et plus près du rivage, un château aux trois quarts démoli s'appelle Kasr-es-Sas (le château du môle). Il était flanqué de deux tours dont on ne distingue plus que les soubassements. Le môle qu'il protégeait, et dont aujourd'hui de faibles vestiges seids apparaissent sous les flots, avait été poussé assez avant dans la mer.

L'Arabe qui me servait de guide dans cette localité me montre encore plusieurs citernes, ainsi que les débris d'une grande construction à laquelle il donne le nom de Ghorfa, et qui, suivant lui, avait été un dépôt d'armes et d'habillements.

J'estime à 3 kilomètres au moins le pourtour de l'emplacement occupé par les ruines dont je viens de parler. La ville à laquelle elles appartenaient est appelée actuellement Hadria, Batria ou Botria ; car plusieurs Arabes des environs «pic j'ai consultés à ce sujet m'ont semblé adopter tantôt l'une, tantôt l'autre de ces trois dénominations, qui, au fond, diffèrent fort peu et ne sont que trois prononciations différentes du même nom. J'ignore celui qu'elle portait autrefois; peut-être se rapprochait- il du nom actuel, qui n'en serait qu'une simple altération. Je parlerai plus tard d'un second henchir Botria, que j'ai rencontré sur un autre point

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