‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 92 sur 268 · CHAPITRE QUINZIÈME. 1G · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME. 1G

de la Tunisie, et que la carte du dépôt de la guerre identifie avec l'oppidum Botrianense, dont l'existence nous est révélée par la Notice des évéchés de l'Afrique. Comme cette notice ne nous apprend pas dans quelle province était situé le siège de Yepisco/nts Botrianensis , il est permis d'hésiter pour la place que l'on doit assigner à l'oppidum Botrianense entre les deux henchirs que je viens de signaler.

Si, au contraire, le nom de Botria ou Badria donné aux ruines qui nous occupent en ce moment n'a aucun rapport avec la dénomination antique de cette localité, j'inclinerais à identifier cet henchir avec la ville de ltuspae, dont il a été question plus haut, et que Shaw place à Shiah, qui n'offre que des mines beaucoup moins importantes. Dans ce cas, il faudrait peut-être aussi placer le promontoire Brachodes non plus au ras Capoudiah, comme on le pense généralement, mais au cap situé au sud du précédent, et appelé, ainsi que l'henchir qui l'avoisine, ras Badria ou Botria : car la ville de Buspae, nous le savons par Plolémée, touchait au promontoire Brachodes. Le ras Badria étant également entouré de bas-fonds, le nom de Brachodes lui convient tout aussi bien qu'au ras Capoudiah.

Notre direction jusque-là , à partir de Sfax , avait été celle du nord-nord-est; elle devient maintenant celle de l'ouest.

A onze heures, nous faisons halte quelques instants dans un petit douar appartenant à In tribu des Métélit; il est composé de douze tentes.

A midi quinze minutes, nous rencontrons les ruines d'un petit village antique entièrement détruit et dont personne ne peut me dire le nom.

A une heure, nous laissons, chemin faisant, derrière nous d'autres ruines également peu importantes.

A une heure trente minutes, nous traversons un troisième village presque complètement rasé.

A trois heures, nous parvenons à la smala des Métélit; elle

lGi VOYAGE EN TUNISIE.

compte soixante- quatre tentes rangées en cercle dans un endroit appelé Bir-Koum-Maken. La tente principale, ou celle du kaïd de la tribu, se distincte de toutes les autres par ses vastes dimensions; elle est divisée intérieurement en six compartiments différents et est ornée de riches tapis. Si-Selim, c'est le nom de ce kaïd , est un Corse renégat et parent de la famille Mattei. En son absence, nous sommes parfaitement accueillis par son oukil. /- .

2G février.

A huit heures du matin , nous quittons Bir-Koum-Maken , où nous avions passé la nuit, et nous poursuivons notre marche vers l'ouest-nord-ouest.

A neuf heures trente minutes, après avoir traversé des plaines incultes où errent seulement quelques troupeaux, nous arrivons à la zaouïa Sidi-Ahmcd. Elle est environnée de jardins qu'enferme une ceinture de cactus.

Près de là s'étendent sur un espace dont j'évalue le pourtour à 5 kilomètres, les ruines d'une cité antique. Les constructions les plus importantes et les mieux conservées sont les suivantes :

1° Un théâtre. La forme en est encore trcs-reconnaissablc ; elle est indiquée par d'énormes pans de murs, soit debout, soit renversés. Le mur du postscenium avait 55 pas de long. A côté du théâtre, on remarque une espèce de forum, divisé en cinq galeries, larges chacune de 10 pas et longues de 70.

'2° Deux vastes citernes. Les Arabes leur donnent le nom général de feskia , qui se prononce plus ordinairement en Tunisie fesguia. La plus grande est de forme elliptique et a 46 pas de long. Elle renferme sept réservoirs communiquant ensemble au moyen d'arcades construites avec d'admirables blocs parfaitement équarris et d'un tuf assez tendre. Ces arcades sont surbaissées. De distance en distance, des soupiraux ménagés dans l'épaisseur des voûtes laissent pénétrer

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