CHAPITRE QIJINZIfcMK. Hffl
tion, et son jugement prompt et sûr tranche vite les causes qui lui sont soumises.
La subtilité arabe est proverbiale, et sans avoir appris les ruses de la chicane, le Bédouin le plus grossier a d'ordinaire une fécondité merveilleuse pour en inventer. Il inunie également la parole avec une rare facilité, et pour se défendre il n'a besoin de personne. Sous l'apparence de la bonne foi la plus entière, il sait déguiser habilement ses sentiments et ses pensées, et exprimer avec une non moins grande habileté les sentiments et les pensées qu'il n'a pas. Aussi, 'pour démêler dans son langage la vérité de l'erreur, surtout quand on est appelé à le juger et qu'il faut sur-le-champ, soit l'absoudre, soit le condamner, est-il besoin d'une pénétration d'esprit peu commune.
A sept heures du matin, Sidi-Bahram a expédié toutes les affaires litigieuses qui lui ont été soumises, et il se dispose à monter à cheval ; mais auparavant il me remet le teskéré qu'il m'avait promis, et il donne l'ordre à l'un de ses spahis nommé Ahmed de se joindre à mes hambas jusqu'à Gabès. Je le quitte après l'avoir remercié de son bienveillant accueil, et je me mets moi-même en marche à sept heures quinze minutes, dans la direction du sud.
A sept heures trente minutes, nous passons devant une macéra, ou pressoir à huile, qu'on me dit appartenir au bey, et qui s'appelle Macera-el-Bey.
A neuf heures quinze minutes, nous faisons halte jusqu'à dix heures près d'une mitre macéra, à l'ombre de quelques oliviers.
A onze heures trente minutes, nous rencontrons un petit amas de ruines dont on ne peut me dire le nom.
A midi, nous laissons derrière nous la koubba d'un célèbre santon appelé Sidi-Salah, et, franchissant l'oued du même nom, nous atteignons à midi quarante- cinq minutes les ruines de Kasr-Teniour. C'est un château en grande partie
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détruit. Il a été bâti sur une colline qui commande au loin la plaine. Les tours dont il était flanqué sont, les unes presque complètement démolies, les autres encore à moitié debout. Autour et au bas de cette colline et de cette forteresse s'étendait un bourg, aujourd'hui renversé et rasé de fond en comble, l'n puits, quelques citernes et un grand nombre de matériaux qui jonchent confusément le sol, voilà tout ce qui en subsiste.
À une heure quarante-cinq minutes, nous parvenons aux premiers jardins de Sfax, et jusqu'il trois heures dix minutes nous cheminons sur une route très-sablonneuse, entre deux lignes de vergers ou de champs cultivés bordés de cactus.
A trois heures trente-cinq minutes, nous franchissons les portes de Sfax.