‹ Voyage au Cambodge; l'architecture khmerChapitre 29 sur 42 · BIRMANIE · texte numérisé non relu

BIRMANIE

Pyramide de Thatun (antérieure à 1080 et datant peut-être du VIe siècle).

Ce monument à base carrée se compose de trois terrasses étagées avec escalier sur le milieu des quatre faces de la seconde terrasse ; il ofFre avec les pyramides khmers une analogie encore plus frappante qu'avec celles d'Anhuradapoura (à Ceylan), ou de Méhal Prasada (à Java). — Toutefois la pyramide de Thatun est surmontée d*une pagode circulaire, mais cette dernière peut être moderne.

Pagan (XIe siècle — 847 à i284).

1 Voy. la description de Nirpone, p. 388.

APPENDICE. m

La pyramide de Shoe Madou présente deux terrasses étagées avec quatre tours d'angle et un haut massif à base polygonale dont le sommet supporte une construction en pointe. Les terrasses sont très étendues et peu élevées (comme celles de Mibaume ou de Leley) ; quatre escaliers placés sur les axes conduisent du premier au second étage. — On voit que là encore il existe une certaine analogie de disposition générale avec les pyramides khmers (Voy. p. 301 le plan de Ta-Kéo).

Les plans en croix ou en carrés dentelés des autres édifices de Pagan (les temples d'Ananda, deGaudapalen,de Tapinyu, etc...,) ont tous une grande ressemblance avec ceux des pyramides khmers, et en particulier avec le plan de toute la partie de Baion comprise à l'intérieur de de la grande galerie extérieure (voy. p. 162-163, le plan général de Baion). — La coupe du temple d'Ananda avec ses couloirs étages et ses personnages adossés au massif central, offre un aspect analogue à celui que présenterait la coupe d\Angkor-Vaht.

Dans tous ces monuments de grande dimension et construits en briques solides, on ne rencontre pas un seul pilier. — 11 en est en quelque sorte de même dans les préasats en briques du Cambodge. — Les voûtes birmanes sont cintrées comme les voûtes chinoises ; mais les encadrements en ogive surmontés de flammes ont avec ceux du Cambodge une analogie encore plus marquée que celui de la porte de Damboul à Ceylan, dont il a été déjà question. Cette ressemblance est accentuée par la présence de deux demi-frontons bas placés sur les côtés des frontons principaux, et dont l'efFet est presque identique aux arrangements de même sorte du Cambodge (voir les portes des tours de Baion, p. 172-173, et comparer avec les dessins de la Relation du colonel Yule, déjà cité). — On remarquera toutefois que dans les temples birmans les galeries ou couloirs voûtés sont simples; on n'y accède que par une porte centrale, tandis que dans les temples khmers les frontons en trois parties surmontent presque toujours une triple entrée donnant accès à une galerie à trois nefs, comme celle dont la coupe est figurée p; 283 : il paraît donc vraisemblable de croire que ce n'est qu'après avoir eu connaissance de ce mode de décoration employé par les Khmers que les Birmans l'ont appliqué

1 Voy. Mission to court of Ava. — Colonel Yule, — 1855.

comme une sorte de plaquage sur la surface de leurs édifices en briques. — A Pagan, l'ogive est généralement aus$i plus surbaissée qu'au Cambodge, et on y retrouve également cette tête cornue déjà rencontrée dans les temples hindous et que nous avons comparée au Rhéou khmer.

On peut ajouter d'une manière générale que les proportions sont moins belles à Pagan qu'au Cambodge. Les moulures, tout en y étant très franchement hindoues, se rapprochent cependant des moulures khmers ; il en est de même de quelques détails d'ornementation tels que les guirlandes et les motifs triangulaires qui régnent au-dessus des bases et au-dessous des chapiteaux.

Nous citerons particulièrement à Pagan l'arrangement architectural d'une porte du petit temple de Sembokoo et une autre porte dont le cadre ogival est surmonté d'acrotères triangulaires étages en pyramide, et qui reproduit exactement l'arrangement de la niche inférieure d'une stèle khmer représentée p. 281. — Ccette stèle paraît appartenir aux dernières époques de l'art khmer.

Nous mentionnerons encore les lions qui gardent les abords du temple d'Ananda et ceux qui s'étagent le long des escaliers élevés; arrangement qui semblerait être aussi un emprunt fait aux Khmers par les Birmans.

On voit à Thapinyu des portes qui, au lieu d'être voûtées, sont fermées par des linteaux de pierre massifs. On trouve aussi dans ce temple de nombreuses statues à quatre bras ; le singe Hanouman, et des figures de Yichnou portant comme certains personnages à quatre bras d'Angkor Vaht le chakra, la conque et le maillet.

On rencontre à Pagan plusieurs statues gigantesques de Çakya- Mouni : ces statues jadis peintes et dorées comme celles du Cambodge

étaient abritées sous des constructions. — On a vu qu'il en était ainsi à Phnom Sontuc et à Phnom Coulan; il en est de même aussi à Ceylan et à Bangkok.

Les édifices en bois de la Birmanie présentent ces frontons découpés et ces angles terminés par des pointes ou cornes contournées qui sont figurés sur les bas-reliefs khmers (voy. p. 313). On peut ajouter que, d'après les descriptions des constructions en bois

existant à Angkor, au XIII* siècle (voy. le Tchinla-Foung-Thou-Ki), les palais des rois du Cambodge devaient ressembler à ceux des rois birmans.

Nous ayons mentionné déjà la forme carrée des villes birmanes, dont le centre est occupé par le palais, et les angles par des temples ; disposition qui était • aussi celle de la ville d' Angkor Thôm.

On cite enfin à Pagan des temples entourés de constructions diverses, et renfermés dans des enceintes rectangulaires.

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