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ment, dit le docteur Howison dans ses esquisses, DM pa excite des émotions agréables : c'est avec un ES ce plaisir extrême qu'on voit des forêts entières [M disparaitre dévant l’industrie de l’homme, et la NU pc solitude du désert prendre l'aspect d’une contrée * ét
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LETTRE XXVIT. ] 07
momens de bonheur que procurera un sol fertile à ceux qui les premiers auront fécondé son
sein. Une nouvelle carrière de jouissance semble s'ouvrir à l'espèce humaine , surtout pour cette portion que l'observateur suppose ne s'être expatriée qu’afin de se soustraire au malheur et à la pauvreté ; mais un examen plus profond et plus réfléchi a bientôt dissipé ces impressions agréables et ces idées de félicité. Celui qui examine en détail un. nouvel établissement , peut facilement se convaincre que le plus grand nombre de ses habitans est tombé dans un état de dégradation complète, et ne sait apprécier aucun des avantages que lui a procurés son changement de position. Une population sans lois et sans principes moraux, composée du rebut du genre humain , récemment affranchie de cette subordination qui caratérise particulièrement les sociétés plus avancées en civilisation, jouissant d’une égalité parfaite de droits et de possessions, doit nécessairement composer une démocratie de l’espêce la plus révoltante : aucun individu n°v possède plus d'influence qu'un autre; et s’il en était quelqu'un à qui des talens supérieurs
108 LETTRE XXVIIL
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donnassent la prétention de prendre quelque ascendant sur les autres, il éprouverait surle-champ une opposition générale. C'est ainsi que tous les habitans d’un nouvel établissement s'avancent indolemment du même pas
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ordinairement repoussé dans l’intérieur des Tangs. »
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LETTRE XXVILI.
LETTRE XXVIIT.
Suite des mœurs et usages du Haut-Canada.
— Point de base sûre pour juger sainement des crimes commis. — Séductions fréquentes.
— Triste exemple de séduction. — Sa fatale
issue.
En Angleterre , le calendrier judiciaire est ordinairement considéré comme le meilleur moyen d'apprécier sainement l’état de la morale dans le pays ; parce que le caractère des Anglais les porte à ne souffrir ni envahissement de leurs droits , ni diffamation de leur réputation, ni aucune espèce d'outrage, de spoliation ou d’oppression , sans chercher à
sen venger, en recourant, à cet effet, aux
Jois et aux tribunaux.
Il n'est pas facile d'employer
110 LETTRE XXVILL:
moyen pour constater la condition morale des Canadiens, relativement aux autres peuples; parce que les bases que je viens d'indiquer comme en harmonie avec le caractère anglais, ne le seront jamais avec celui des habitans des régions Trans-Atlantiques. Le nombre des procès portés devant les tribunaux n'est pas proportionné aux crimes commis. Les actions pour criminelle conversation , pour séduction, ou pour infraction à une promesse de mariage, sont presqu'entièremenñt inconnues dans toutes les parties du Nord de l’Amérique. Pendant tout le temps de ma résidence en Canada, il n’est pas venu à ma connaissance qu'il ait été intenté un seul procès de cette espèce. Vous ne devez pas induire de là, que’ces crimes ne s'y commettent pas, et que l’innocence dans toute sa pureté a trouvé un asile dans ces contrées étrangères à la corruption. Malheureusement il faut en tirer la conclusion contraire : ces délits contre la société s’y renouvellent tous les jours, et sont devenus si communs , qu'ils ne surprennent ni n'affligent presqu'aucun des individus qui y sont directement intéressés.
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LETTRE XXVIIT. lil
Quant à la criminelle conversation , l'opinion de la parfaite indépendance d’une femme est si généralement répandue, que je doute beaucoup que l'on trouvât , sur tout le continent , deux Américains natifs, qui, en qualité de membres d’un jury , voulussent accorder une indemnité de six pences pour un cas de cette espèce ; quelles que fussent l'évidence , la gravité des circonstances, ou la richesse du défendeur. Accoutumés eux-mêmes à supporter patiemment de pareilles injures , qui ne portent atteinte ni à la fortune, ni au caractère personnel de l’offensé, ils ne sauraient se résoudre à en ordonner la punition.
D'après ma correspondance antérieure, vous avez pu juger que la séduction n’estpas connue en Canada ; mais elle n’y est point considérée comme un délit assez grave pour provoquer l’'animadversion des lois, ni celle des habitans. Jci la séduction peut se livrer à son odieux penchant, avec impunité. Le séducteur ne craint ni d’exciter le mécontentement des parens dont il trompe la fille, ni de s’exposer à la colère de l'époux dont la femme, cédant à ses sollicitations , se laisse entraîner à souiller le lit nuptial.
112 | LETTRE XXVILL.
Depuis mon arrivée en Canada, je n'ai entendu citer qu'un exemple de l’afliction éprouvée par des parens ou des époux dans une pareille circonstance : comme celui-ci a eu une fin très-déplorable , et qu’il établit la différence qu'il y a sous ce rapport , entre la manière de vivre des femmes, qui sont seulement venues s'établir dans le pays, et celles qui sont nées de familles Américaines , je prendrai la liberté de vous en faire un récit succinct.
Il y a environ deux ans, que M. W., respectable émigrant irlandais, autrefois propriéétaire d’un domaine considérable dans son pays natal, vint chercher dans les fertiles, mais incultes régions du Haut-Cänada, un asile quile miît à l’abri des dangers auxquels les dernières divisions qui ont agité l'Irlande, avaient exposé un grand nombre de familles honorables et exemptes de tout reproche. Les compagnons de son exil étaient une femme aimable et une nombreuse famille, composée d’enfans charmans. De ce nombre, était une fille jeune, innocente, aimable, estimée de tous ceux qui la connaissaient , adorée de ses parens , et chérie de la famille à laquelle elle pro-
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LETTRE XXVILL. 113
diguait les plus tendres soins pour alléger le fardeau de sa mère.
Bientôt après l’arrivée de cette famil e . nasuère si heureuse dans sa patrie adoptive , un jeune homme, né de parens recommandables, fut présenté à Miss. W.... ; elle était alors dans sa dix-huitième année , époque à laquelle le cœur des femmes est peut-être le plus sujet à recevoir des impressions profondes et indélébiles. Il avait entendu parler des vertus de notre belle compatriote. Mais avec un septicisme qui n'appartient qu'aux âmes dépravées , il ne pouvait croire à leur existence. Sachant que les femmes de son pays n'étaient jamais extrèmement scrupuleuses , il ne pouvait concevoir qu'il n'en fût pas de même dans Îles autres régions, et qu’un autre sol fût plus favorable au développement et à la pratique des principes vertueux. Dans cette occasion, l'expérience le convainquit que , s'il n'était pas entièrement impossible, il était du meinstrèsdifficile de détourner une jeune demoiselle du sentier de la vertu. Le séducteur de profession quiattache une gloire honteuse à déshonorer les familles , ne se laisse pas déconcerter par les