‹ Voyage au Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 21 sur 39 · ME · texte numérisé non relu

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tagent pas ses opinions, siextravagantes qu'elles soient. Héritant de son père d’une disposition à spéculer, il commence de très-bonne heure à entrer dans la carrière des affaires, et devient souvent possesseur d’une propriété considérable, avant d’avoir atteint son troisième lustre ; il reçoit de ses parens des instructions habituelles, qui le mettent à même de pouvoir arquérir des richesses ; et toutes les fois qu'il est assez adroit pour tromper ses imprudens compagnons , ses amis lui: prodiguent les plus grands applaudissemens. Ainsi, initic de bonne heure dans l'art de tromper et de spéculer , il entre dans le monde avec une âme complètement étrangère à tout principe d'honneur, et inaccessible À tous sentimens généreux. Etant accoutumé à ne témoigner à ses parents ni respect ni déférence , absolument dégagé de toute espèce de subordination, il prétend être aussi libre que l’air de la mon:tagne , aussi indépendant que le soleil de la voûte azurée. Ne connaissant aucune contrainte , il va où il lui plaît, fait ce qui lui convient , et ne se croit justiciable d'aucun tribunal supérieur. 1 lâche les rènes à ses passions ,

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et professe le plus souverain mépris pour les opinions et les suffrages des membres les plus respectables de la société. Placé sous une aussi fatale influence , il quitte le toit paternel sans avoir jamais eu un sentiment de respect et de vénération pour ceux qui l’habitent, et, par conséquent, sans regret. Il est bien difficile d’espérer qu'un jeune homme élévé sous d'aussi funestes auspices, puisse jamais faire honneur à la société, dont cependant il est destiné à faire partie intégrante.

Comme il est rare qu’un Canadien reçoive, avant la mort de son père , aucune portion de l'héritage paternel, aussitôt qu'il a atteint sa vingt-unième année, il va dans le désert, et après avoir choisi un lot de terre convenable, il en obtient la concession du gouvernement, ou l’achète à longterme de quelque partieulier. Après avoir rempli ces préliminaires, il se met immédiatement à l'ouvrage : d’abord il bâtit une maison ; ensuite il se marie, et enfin s’adresse à lui-même l’importanté question : Comment pourvoirai-je à mes besoins? Mais la réponse est toujours prête : voici un sol fertile. un climat favorable : cultivons le premier avec

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