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plus patiemment du monde l'ornement reconnu pour être le symbole de l'infidélité conjugale. Je me rappelle un exemple frappant de la vérité de ce que je viens de dire : Un respectable fermier, avec lequel je suis fort lié, revenant chez lui, après un voyage de quelques cents milles, trouva sa femme dans les bras d'un ancien ami, qui avait entrepris de la consoler de l'absence de son mari. Au moment où l'époux outragé fit cette découverte, il s'adressa à l'usurpateur de sa couche nuptiale avec un calme supérieur à celui de la philosophie la plus stoïque, et lui fit la harangue suivante : «Voisin H..., vous savez que depuis long- »temps nous vivons, vous et moi, dans la plus » parfaite intimité, et Dieu me préserve de tout » évènement qui pourrait rompre ou seulement »affaiblir nos liens. Vous ne pouvez nier que » vous avec indignement traité Polly ; j'en ai »été témoin oculaire. J'ai néanmoins une telle »Opinion de votre honneur , que j'ai l'entitre »conviction de vous trouver disposé à nous » Offrir à l'un et à l’autre, une compensation des injures que vous nous avez faites. Vous savez »que les lois de notre pays seraient en notre
LEUTRE XXV,
faveur dans cette occasion , si nous y avions » recours; mais je calcule que c'est un très-mau vais moyen à employer, et je ne vois pas »pourquoi deux anciens amis ne règleraient pas ensemble, à l'amiable, une affaire aussi » peu importante , sans jeter deux ou trois cents » dollirs à ces gredins de gens de loi. » M. I... qui avait écouté avec beaucoup d'attention cet appel véhément fait à son honneur , s'empressa de répondre à son ami qu'il était prêt à sdhérer à sa proposition. On convint sur-lechamp d'un armistice ; et peu de temps après, il demicura arrêté que le couple outragé recevrait, à quinze jours delà, deux cochons bien ras, et pesant au moins trois cents livres, comme une pleine et suflisinte compensation de l’injure que l'époux avait soufferte en la personne de sa chère et chaste épouse. Les cochons
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furent envoyés avec une extrême ponctualité.
M. H... continua à être le commensal de la maison , jusqu'à ce que le dernier morceau des
victimes expiatoires eût été mis dans la poële ;
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époque à laquelle il retourne chez lui, trèssatisfait du résultat de sa campagne. Je peux vous garantir la vérité de cette petite anecdote ;
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il s'en présente tous les jours de la même espece, sous des formes différentes.
Les femmes du Haut-Canada tiennent beaucoup à la réputation de bonnes ménagères , et comme il est très-difficile de se procurer des domestiques dans le pays, elles ont de fréquentes occasions d'exercer leurs talens . en remplissant les différentes fonctions du ménage : mais elles sont tellement occupées de leurs personnes, qu'elles forcent leurs pauvres maris à faire la plus grande partie de l'ouvrage. qui ne devrait concerner qu'elles. Dans le fait, un Canadien est l’esclave de sa femme , dans toute la latitude qu'on peut donner à cette expression; il est obligé de répondre à tous les appels , d'obéir à tous les ordres , et d'exécuter. sans se permettre le moindre murmure , toutes les commissions qu'il plaît à son maitre de lui donner. 1 n'est point dans les Indes Occiden-
tales de conducteur d'esclaves qui transmette d'une manière plus despotique ses ordres ab-
solus aux noirs enfans de l'Afrique, qu'une belle Canadienne, en s'adressant à celui qui est à la fois son seigneur et son esclave.
[Il arrive tres-souvent en Canada, et méme