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paraissent être dans ün état perpétuel de guerre avec leurs frères gris.
L’écureuil noir, sciurus niger , est un trèsbel animal : son corps a environ douze pouces de long , et sa queue très-remarquable par l'élégance de sa forme , est presque de la même longueur. Sa chair est très-estimée par les gastronomes canadiens, et sa peau est de quelque valeur. Lui et ses aides-de-camp les écureutls rouges et rayés portent plus de tort aux fermiers canadiens que tous les animaux d’Amérique ensemble , excepté le loup. Il n’est pas rare de les voir ravager , dans un seul jour, des champs entiers de blé. Ce n'est qu'avec une extrême difficulté et la plus grande vigilance, qu'une récolte de blé qui est voisine des bois , peut être préservée de ces maraudeurs et de beaucoup d’autres, même jusqu’au moment où elle a atteint la hauteur de six pouces. Aussitôt que l'épi paraît au-dessus de la terre, l'écureuil rayé commense ses premières attaques. Il est suivi des oiseaux noirs , des rougesgorges et des chenilles : et lorsque le peu qu'ils laissent commence à mûrir , les écureuils rouges et noirs complètent l’œuvre de destruction.
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Et finis coronat opus. Je crois que dans l’été de 1820 , il y eut plus de 1000 acres de blé ruinés par les seuls écureuils dans le territoire de Londres, et j'ai vu tous les ans plusieurs familles réduites à un état de véritable indigence par ces animaux destructeurs , ainsi que par un grand nombre d’autres quadrupèdes ou insectes.
L'écureuil rouge est plus petit que le noir, et plus beau, si cela est possible. 11 aime excessivement , comme tous les animaux de son espèce , à émigrer d'un lieu à un autre , et possède une adresse singulière pour traverser les ruisseaux , les riviéres et les petits lacs. En arrivant à une pièce d'eau qu'ils veulent traverser, les écureuils rouges se réunissent en grand nombre et construisent un radeau d’une grandeur suffisante qu'ils lancent sans difficulté : ils s'embarquent sans craindre de naufrage, et tournant leurs queues étendues en guise de voiles , vers la bize favorable , ils arrivent promptement au rivage opposé.
L’écureuil rayé est encore plus petit que le rouge : il vit de noix, de fruits, de mais et d’autres grains. Il peut monter sur les arbres
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les plus élevés, et s'élance de branche en branche , avec l’activité d’un oiseau. L’écureuil rayé a l'habitude de s’enfouir dans la terre ; on le voit rarement pendant l'hiver : les animaux de cette espèce sont si nombreux dans tout le Canada, qu’un seul homme peut aisément, dans peu d'heures, en tuer plus d’un cent.
L'écureuil volant, sciurus americanus volans, est le plus petit et le plus singulier animal de la classe des écureuils: ses jambes de devant et celles de derrière sont liées ensemble et au ventre par une double peau. En étendant cette membrane, il peut sauter d’un arbre à l’autre, avec une grande facilité. Sa queue qui est plate lui sert de gouvernail pour diriger sa course. I] se nourrit de noix et de fruits.
Le castor, castor castanei coloris , cauda horizontaliter plana ; de tous les animaux, c’est celui qui possède le plus d’instinct , au point de se rapprocher de la capacité intellectuelle. C'estun excellentarchitecte, et un avocat d'une habileté merveilleuse pour maintenir les liens sociaux. Îl est difficile à celui qui ne connaît pas les contrées habitées par les castors , de se former urfe juste idée de leur inimitable adresse
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en architecture, et de leurs laborieux efforts pour utiliser les sociétés par une réunion des moyens mutucls, dans la vue d'assurer le bonheur général. Pour bien apprécier leur adresse et leur industrie , il est indispensable de voir, de ses propres yeux , l’admirable construction des logemens faits par ces animau.. Le castor, parvenu à toute sa croissance , pèse rarement plus de 50 livres ; sa longueur n’est que de 2 pieds 9 pouces , depuis le museau jusqu’à l’extrémité de la queue. La circonférence de son corps excède à peine 27 pouces. Considéré individuellement , il ne possède pas plus d’instinct ou de force que tout autre animal de même dimension et de semblable construction.
Mais quand on l’envisage en nombre collectif, il ne le cède qu’à l’homme pour les attributs de la raison, de la réflexion, de la prévoyance et de l'exécution. Ils contemplent , prévoient, projettent et exécutent avec une facilité etune exactitude qui paraissent plus que de l'instinct. Ts peuventarrêterle cours des rivièresles plusrapides, et diriger leurs eaux dans de nouveaux eanaux;ils peuvent abattreles plus grands arbres, et sont à la fois laboureurs, maçons , charpen-
tiers et architectes, déployant dans chacun de ces arts une capacité et une intelligence qu’on a eu tort de regarder comme des attributs de l’homme seul , et qui le cédent à peine à celles qui sontle résultat de l'étude et de l'expérience humaine.
La providence semble avoir voulu que cet animal fut distinct de tout autre, tant par la singularité de sa conformation que par celle de sa demeure, et l'avoir formé sur un plan différent , sous plusieurs rapports, de la construction des autres quadrupèdes. Sa queue est plate, ovale et couverte d'écailles comme celle d'un poisson; elle lui sert à diriger sa course dans les courans les plus rapides, et gouverne tous ses autres mouvemens dans l'eau. Il a des membranes entre les doigts des pieds de derrière , mais non entre ceux des pieds de devant. Sa partie antérieure le fait ressembler, en tous points, à un animal terrestre : sa partie postérieure a tout ce qui caractérise les habitans des eaux. Il a quatre dents qui lui servent aiternativement de scie et de hache, etremplissent, d'unemanièreadmirable, les fonctions auxquelles elles sont destinées.
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Lorsque les castors sont privés de leurs habitations, par la perfidic des hommes, ils s’assemblent au commencement de l'été pour en élever d'autres dans une position nouvelle et, s'il est possible , plus sûre. Dans ce dessein, ils choisissent quelque partie d’un lac ou d’une rivière ,; sur les bords de laquelle ils puissent aisément se procurer un approvisionnement suffisant de bois , tant pour leurs propres besoins , que pour l'érection de leurs demeures. S’étant fixés sur le choix de la meilleure situation , ils commencent à ronger un des plus grands arbres qu'ils peuvent trouver, en prenant un soin spécial pour que, s’il est placé sur le bord de la rivière , il tombe de travers dans le courant. Autant de castors qu’il peut en tenir autour de cet arbre qui est ordinairement de six pieds de circonférence, s'occupent à ce travail. Ils attaquent l'arbre à environ 18 pouces de terre, et continuent à le ronger jusqu’à ce qu'il succombe sous leurs infatigables efforts. Pendant qu'une partie de ces animaux est ainsi occupée ,une autre exerce son adresse à abattre de plus petits arbres, et un troisième
détachement travaille à faire du mortier.et à je Tour I. 10
transporter au lieu de l'habitation projetée. Cette partie de leurs travaux s'exécute de la manière la plus plaisante. Aussitôt qu'ils ont réduit le mortier ou glaise à un état suffisant de consistance et de liaison , un des plus grands castors s'étend sur le dos, et souffre que ses coadjuteurs amoncèlent sur son ventre une prodigieuse quantité de ciment ainsi préparé. Quand il est chargé de cette manière, deux autres le saisissent par les oreilles, ettraînent , jusqu’au bord de l'eau, la créature passive, sémissant sous le poids de son fardeau. Ensuite , entrant dans la rivière, ils le font flotter vers la partie de leur retraite quiexige, le plus promptement, l'emploi de leur chargement.
Leurs cabanes sont souvent de 150 à 200 pieds de long, et quand c’est le cas , ils coupent un arbre de chaque côté dela rivière, de manière que leur sommet s'unisse au milieu ; ils rongent les branches qui empêchent ces arbres de se rapprocher du lit de la rivière, et ensuite ils fontflotter vers ce lieu, une quantité de petites pièces de bois préparées avec le plusgrand soin. Ils coupent à la longueur de six pieds, ces barres qui ont ordinairement quatre pouces
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de diamètre et qui sont terminées en pointe à l'une des extrémités ; ils les attachent fortement dans le lit de la rivière en les plaçant séparément à une petite distance les unes des autres , et les unissant de la même manière que l'on joint les côtés d'un panier. On peut appeler cela la carcasse de l'édifice ou plutôt le squelète de la cabane.
Lorsqu'ils ont donné de la consistance à cette construction , au moyen de la glaise, leur premier soin est de diviser la rivière audessous en compartimens rectangulaires d’une égale dimension. Les murs qui séparent ces compartimens s'élèvent jusqu’à la surface de l'eau. Ils sont entièrement composés d'argile et ont une épaisseur uniforme de deux pieds.
Ils bâtissent des arches sur ces murs , et commencent l'érection de leurs appartemens qui ont invariablement une forme circulaire , et où on ne peut entrer que par l'eau qui est audessous. Ces appartemens sont votés et plafonnés si proprement et avec des matériaux si solides , qu'ils résistent à la violence des plus longues inondations , et sont impénétrables à tout , excepté aux mains impitoyables de
l'homme. Les queues de ces 1inimaux peuvent faire à la fois l'office de pelles et de truelles. Ils s'en servent pour mêler leur mortier et crépir leurs murs qui sont achevés avec une promptitude et faits avec une solidité à peine inférieure à celle que pourrait y mettre le plus habile architecte. Ils ne se servent jamais des appartemens inférieurs que comme de lieux de refuge en cas d'invasion, et pour des amusemens aquatiques. Ceux du second étage sont divisés en maisons d'habitation, appartemens pour manger et magasins de provisions.
Les deux premiers sont toujours parsemés avec goût de feuilles et d’herbages de différentes espèces : les magasins de provisions sont une propriété commune à tous. Mais chaque famille a son appartement séparé, où les étrangers ne sont admis qu’à titre de visite. Les magasins sont constamment approvisionnés d’arbres jeunes et tendres qu'ils aiment particuliërement et dont ils se nourrissent en tout temps. Le nombre des castors composant une communauté de cette nature est indéterminé.
Ils sont néanmoins rarement plus de deux centset moins de trente. Chaque famille con-
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LATTRK XII. 251 siste en cinq ou six membres , et malgré l'état condenuse de cette société et le nombre d'animaux dont elle se compose, la paix et l'union sont les constantes compagnes de leur vie, et règnent dans leurs demeures. Point de brouilleries domestiques, de querelles politiques, de disputes commerciales; point d'intérêts séparés, de spéculations individueliss. Leurs travaux n'ont point pour objet l'agrandissement particulier de quelques-uns, mais l'avantage général de la société : l'instinct de chacun esi le mrine et les dirige tous vers le même but, celui du bonheur général qui dépend des tr .v1uxet de la surveillance de chacun des men:bre; de l’association.
Outre la valeur de la peau qui est très-estimée, le castor possède une autre richesse qui est un puissant stimulant aux yeux des chasseurs et qui suffirait seulepour rendre précieuse la prise de ces animaux. Je veux ici parler du Castoreum qu'on trouve dans une membrane derrière les rognons. La ::ieur de cet artiele est bien connue, même des Indiens.
C’est dans l'hiver. lorsque les rivières et les lacs sont gelés, que ces animaux sont détruits
AËeS - ide TIR.