‹ Voyage au Canada [microforme]Chapitre 29 sur 39 · RER ENT · texte numérisé non relu

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des efforts combinés des plus faibles ennemis. Dans l'été de 1820 lerévérend Ralph Leceming d’Ancaster avait un très-beau cheval. Cet animal fut envoyé dans les pâturages d’un fermier voisin qui avait environ vingt ruches d’abeilles. Par un moyen quelconque il parvint à s’introduire sur la pelouse où les ruches étaient placées et en voulant satisfaire sa curiosité, il en renversa une; les abeilles se voyant troublées dans leur demeure, volèrent vers le cheval comme l'objet de leur colère et l’attaquèrent avec la plus grande furie. L'animal ainsi persécuté commença à ruer : dans l'excès de la douleur qu’il éprouvait, il renversa une autre ruche, ce qui doubla le nombre des assaillans ; la dernière ruche tomba renvetsée, lorsque le chevaltomba lui-même .En moins decinqminutes à dater du commencement de la querelle, le pauvre animal fut réellement mis à mort par les piqûres de ses redoutables et furieux adversaires.

Les Guëêpes ne sont pas plus communes ici qu'en Angleterre; mais les frelons y sont trèsnombreux. Les Puces n'abondent pas plus en Canada que dans aucune partie du monde.

ennemis.

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Une maison commode et proprement tenue en est rarement infectée; mais les Punaises sont les commensales de toutes les habitations, depuis le château de Saint-Louis sur le promontoire élevé de Québec, jusqu'à la plus humble cabane sur le lac Saint-Clair : ces fâcneux insectes, ainsi que la mouche noire, le mosquite et la mouche de maison rendraient vraiment l'existence insupportable aux habitans du Canada, s'ils pouvaient continuer leurs attaques pendant toute l’année. J'avoue même qu'il me paraît étonnant qu'un homme puisse subsister dans un pays où les insectes seuls sont assez nombreux pour détruire toutes les productions de la terre. Je n'ai fait mention que des plus destructeurs. Il y en a un bien plus grand nombre dont je ne peux me rappeler les noms, mais dont les opérations ne peuvent s’oublier aussi facilement.

M. Lausenr, dans son voyage en Canada , en parlant des mois de mai, juin, juillet, août et septembre, s'exprime ainsi: « Leprintemps, » l'été et l'automne sont compris dans ces cinq »mois , et on peut dire que l’hiver se compose » du reste de l’année : le mois d'octobre es

0% LÉTTRE XIV.

» cependant quelquefois très-agréable, mais la »nature a déjà commencé à se revêtir de son triste manteau, et le souffle des vents du » Nord-oucst rappelle aux Canadiens les appro- » ches de la neïge et de la glace. Novembre et » avril sont les deux mois les plus désagréables : » dans l’un, la neige tombe; dans l’autre , elle » disparaît ; l’un et l’autre confinent les has bitans dans leurs maisons , parce qu'ils ren- »dent les voyages pénibles et dangereux ; » dans l’été même, les habitans ne peuvent »jouir des avantages et des agrémens qu’on » goûte en Europe à la même époque. À mon »avis, un des plus grands fléaux auxquels ils »sont alors exposés ce sont les mouches de »matson. Î n’est pas décidé si elles sont natives » du pays, ou si elles y ont été importées. Je »crois cependant que leur hardiesse et leur » assurance excède de beaucoup celle de leurs » sœurs d'Europe, et leur nombre dépasse toute simagination. [1 faut que votre chambre soit »entièrement sombre, où il vous sera impos- »sible d'y jouir d'un moment de repos: plus » elle sera chaude et éclairée, plus les mouches » y seront actives et nombreuses, et vos souf-

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»frances croitront en proportion. Les poëles » conservent leur vie pendant l'hiver : mais le » soleil leur rend toute leur vigueur et tout leur » pouvoir de nuire. En été, il m'est arrivé , »étant assis pour écrire , d’être obligé de jeter » ma plume de côté, par suite de leurs piqûres »irritantes qui me forçaient , à chaque instant. » de porter mes mains à mes yeux , à mon nez » et à mes oreilles, sans pouvoir respirer un mo- »ment. Quelquefois dans l’espace de peu de » minutes, j'ai pu prendre une demi-douzaine »de ces tourmentans insectes sur mes lèvres »où je les attrappais précisément à l'instant où »elles venaient de s’y percher; en un mot, » pendant que j'étais tranquillement assis dans » Ma chaise, j'en étais continuellement assailli, »et ainsi qu'on l’a observé en Russie, relati- »vement aux mêmes animaux, ceux qui ont » été à l’abri de leurs atteintes ne peuvent croire »qu'ils soient capabies d'’infliger de pareils »tourmens. À la fin, lorsque ma patience se »trouvait épuisée, dans l'intérieur de mon habitation, je prenais mon chapeau pour » aller faire un tour de promenade, espérant » jouir de la brise délicieuse qui régnait dans

» l'atmosphère pendant cette saison de l’année : »mais en moins de cinq minutes, j'étais brûlé »par l’ardeur des’ rayons du soleil méridien : »alors pour éviter un coup de soleil, je me »retirais dans un bois épais et ombragé qui » semblait m'inviter à m'’abriter sous son feuil- »lage. Mais, comme pour porter mes souf- » frances au dernier excès , j'étais aussitôt cir- »convenu par des myriades de mosquites , » mouches de sable et autres insectes venimeux » dont les attaques multipliées sur mon visage , »mes mains et mes jambes me forçaient , bien »que malgré moi, à retourner dans ma de- » meure au milieu de mespremiers ennemis qui, »quoique également insupportables, n'étaient » pas néanmoins aussi fatiguans queleurs frères * à longues pattes. »

M. Lambert ajoute: « La piqûre des mos- »quites ne cause d’abord qu’une légère dou- »leur ; mais le lendemain elle est très-doulou- »reuse et devient quelquefois dangereuse, si » on la frotte violemment. Le meilleur remède »est de mouiller la partie blessée avee quelque » acide püissant ; le jus de citron et le vinaigre »m'ont souvent soulagé de la douleur et de

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» l'irritation excitée par son venin. Les mouches » de sable sont si petites qu’elles sont. à peine » perceptibles dans leurs attaques, et votre front » sera inondé de sang avant que vous ne vous » aperceviez que vous en êtes entouré. » l'el est le tableau fait par M. Lambert des fléaux à la merci desquels sont continuellement exposés les habitans du Canada, et je ne peux que rendre hommage à da vérité de ce tableau.

Amphibies et poissons du Canada. — La Grenouilleetses différentes aflinités. —Crapaud.— Tortue de maraiïs.— Serpent à sonnettes. — Le pouvoir qu'il a de fasciner. — Morsure faite par un de ces animaux à un gentleman. — Le Serpent noir. — Serpent d'eau, ete. — Poissons de différentes espèces dans les rivieres du Canada. — Saumon. — Esturgeon. — Poisson-chat. — Brochet. — Brocheton et Mulet. — Chien de mer. — Hareng. — Pots-

son blanc. — Anguille, etc.

Quoique ies oiseaux d'Amérique ne soient pas extrêmement harmonieux , on peut dire cependant que les forêts retentissent d’une musique naturelle, depuis le commencement du printemps, jusqu’à la fin de l'été. L’unifor-

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