XV. o(ÿ
mité de leur chant se trouve en quelque sorte compensée , tant pour la variété que pour là nouveauté , par les cris, les rugissemens , les croassemens des grenouilles et de leurs nombreuses aflinités. Ces animaux qu'on à burlesquement appelés Rossignols hollandais , ne cessent jamais, ni nuit ni jour, de faire entendre leurs hideux hurlemens pendant tout l'été, et avec tant de force et d'effet , qu'il est difficile d'entendre autre chose que leur désagréable musique, depuis le commencement de mai, jusqu’à la fin de septembre. Les forêts, dans leurs parties les plus humides et les plus marécageuses, en sont entièrement couvertes. Il est impossible de concevoir rien d’égal au bruit et à la variété de leurs sons. Quelqu'un qui entendrait cette musique discordante sans savoir par quels instrumens elle est produite, serait porté à croire que toutes les bêtes des champs et les oiseaux de l'air sont réunis , et préparent leurs voix pour le commencement d'un grand concert dont l’objet serait de célébrer le retour du printemps.
Les Irlandais qui arrivent en Canada vers l'automne et dans l'hiver. et qui ne sont pas in-
formés de l'accueil bruyant qui les y attend, se munissent souvent au printemps de fusils chargésdansl’espoir de tuer quelques-uns deces animaux qu'ils n’ont pas encore vus ; jugeant de leur volume , par la force de leurs cris, ils ne s'attendent à rien moins qu'à trouver un buffle, un loup ou un ours. Lorsqu'ils arrivent dans cette intention hostile, au lieu dont les sons semblent sortir et qu'ils n’aperçoivent sur la terre que de grosses grenouilles , ils dirigent leur attention plus haut, et renonçant à tuer un buffle , ils espèrent au moins trouver un dinde sauvage. En découvrant qu’on ne peut rencontrer ni oiseaux , ni quadrupèdes, ils imaginent qu'il y a certainement dans le voisinage quelque caverne souterraine dans laquelle de semblables animaux vivent engourdis pendant l'hiver, et que venant à sortir de leur léthargie , ils sont occupés à débattre quelque point important relatif à leurs excursions d'été. Pénétrés de cette idée ou de quelque autre aussi étrange et également plausible , ils retournent vers leurs femmes à qui ils racontent l'histoire de leur désappointement , n'oubliant pas d’y ivsérer le rapport authentique de la
y attend, se fusils chars deces anijugeant de cris, ils ne run buffle, ivent dans nt les sons ent sur la ls dirigent ant à tuer trouver un n ne peut pèdes, ils ans le voie dans laengourdis tir de leur e quelque ions d'été.
que autre c , ils reracontent
s'oubliant
que de Ja
caverne que leur imagination a créée sous l'influence trompeuse et ventriloque des grenouilles.
Les plus grosses des grenouilles pèsent environ cinq livres chacune et pourraient dévorer un oison d'un mois. Telle est la variété des espèces de grenouilles dans le Canada, qu'il y en a depuis cette grosseur, jusqu’à celle d'un œuf de roitelet. Les crapauds sont aussi très-nombreux , et quoique les préjugés vulgaires les peignent comme ennemis de l'homme et capables d'extraire de leurs corps des substances vénéneuses dont la communication est nuisible, ils ne sont pas du tout malfaisans. | L'aspect de leur ensemble n'est rien moins qu'agréable, et c’est peut-être en partie la raison pourlaquelleonlestuelorsqu'onlesvoitparaîitre.
La Tortue de marais , lorsqu'elle est dans toute sa croissance , a environ deux pieds de diamètre. On dit que sa chair égale en saveur celle des Tortues des Indes Occidentales. Ces animaux peuvent vivre dix jours après qu'on leur a coupé la tête. Je pouvais à peine le croire dans les premiers jours de mon arrivée en Canada. Mais, depuis, j'ai été témoin oculaire du
270 LLTTRE XV.
fait. Elles déposent leurs œufs dans le sable. Îls sont au nombre de cinquante , ronds et de la grosseur d’une forte crabe. Les Canadiens les mangent et les considèrent comme supérieurs en qualité à ceux des volailles domestiques. Une grosse tortue est capable de marcher en portant un homme sur son dos, ct quelques personnes assurent qu’elles pourraient porter deux hommes sans laisser apercevoir le moindre symptôme qui indique que leur charge est trop forte.
Ily a maintenantpeu de serpens dans le Bas- Canada. Mais il y en a une grande variété dans la province supérieure.
Le Serpent à sonnettes, sans être le plus gros, est certainement le plus formidahle de toutes les espèces de serpens. Les plus longs ont cinq pieds et la grosseur de la jambe d’un homme.
Mais leur longueur commune est de trois pieds et demi. L'aspect de ces reptiles est beaucoup plus propre à exciter l'admiration qu’à faire naître des alarmes. On dit qu'il possède à un tel degré la puissance de fascination , qu’il peut dans tous les temps fixer l'attention des oiseaux . des écureuils, des grenouilles et des
ins le sable.
ronds et de s Canadiens mme supé- Iles domesble de marson dos, et s pourraient apercevoir ie que leur
dans le Basariété dans
e plus gros,
de toutes 8s ont cinq n homme.
trois pieds beaucoup qu'à faire ssède à un , qu'il peut n des oiles et des
autres animaux , de maniére à les priver complétement de la faculté de se mouvoir. et à les lorcer de demeurer en quelque sorte attachés au soloüils paraissent uniquement occupés à admi: rer les yeux brillanset les écailles de différentes couleurs de leur mortel ennemi. Il n’y a rien qui puisse surpasser la beauté du serpent à sonnettes , ou Ja splendeur de ses yeux. Ses sonnettes consistent en plusieurs anneaux distincts attachés à l'extrémité de sa queue. Le nombre de ces anneaux devient visible lorsque le serpent a trois ans , et ensuite illuien vient un nouveau chaque année. On croit ordinairement en Europe que le serpent à sonnettes avertit toujours lorsqu'il est au moment d’attaquer un homme ou une bête. Mais le fait n’est point exact: j'en ai tué plusieurs; j'en ai vu aussi un grand nombre tué par d’autres ; et je suis convaincu par l'expérience ct mes observations, qu'ils font raremententendreleurs sonnettes lorsqu'ils sont attaqués. Quoiqu'ils possédent la faculté d'infliger la mort presque instantanément, ils paraissent répugner à attaquer l’homme, excepté pour leur propre défense.
Lorsqu'un Geces animaux est au moment de
| & À || bd
de Suisses & . PO cs md
mordre un homme ou un animal, ses yeux devienneut étincelans. Tout son corps se gonfle de rage. Sa tête et son cou s’aplatissent , se tendent et se détendent alternativement. Ses lèvres se contractent et se développent , découvrant par intervalles sa terrible langue fourchue et ces funestes réceptacles de poison avec lequel il se propose d'infliger la mort la plus cruelle. Néanmoins il parvient rarement à accomplir son funeste dessein. Car s’il est aperçu avant d’avoir lancé son dard vénimeux, on peut l’éviter promptement et s’en défaire trèsfacilement. Un seul coup de baguette ( ne fütelle pas plus forte qu'un fouët de cheval) suffit pour le mettre hors de combat, quoiqu'il ne soit pas facile de ie priver entitrement de la vie. La manière la plus sûre de détruire ces reptiles vénimeux est de les attaquer à j'ouverture de leur caverne , lorsqu'ils ne sont pas encore totalement revenus de l’affaiblissement que leur a causé leur retraite pendant l'hiver. Dans cette saison, on les trouve à l'entrée de leur caverne se chauffant aux rayons du soleil. Les personnes qui vont à leur recherche dans l'intention de les détruire, ont soin de se
d, ses yeux rps se gonfle atissent , se ement. Ses ent, découangue fourpoison avec ort la plus ement à acl'est aperçu 1imMEux, on léfaire trèste ( ne fütheval) suffit quoiqu'il ne nt de la vie.
re ces rep- : à j'ouverne sont pas iblissement ant l'hiver.
l'entrée de ons du s0- * recherche
soin de se
LETTRE XWY. 279
munir de grandes bottes qui s'élèvent au-dessus des genoux. Elles s’élancent soudainement au milieu de ces animaux et en tuent souvent plusieurs centaines avant qu'ils aient le temps de regagner leur asile. Les émanations qui proviennent de leurs corps morts produisent des maladies soudaines, ce qui force les assaillans à se retirer promptement du lieu de l'action.
M. W. H.... , écuyer, résidant à Dundas, dans le district de Gore, se trouvant, il y à quelques années , à une chasse de cette espèce, reçut d'une manière singulière une morsure d’un très-gros serpent ; il aperçut sa queue dans la fente d’un rocher , et le prit très-imprudemment dans l'intention de le tirer au grand jour, et de lancer sa tête contre le rocher dans lequel il faisait sa demeure. Il se trouva que le serpent était roulé ; sentant qu'on touchait sa queue, il s'élança contre la main de l’assaillant, et lui fit une légère blessure. M. H. prit sur-le-champ son canif, et coupa la chair blessée ; mais quoique cette opération eût été faite sans délai, il se trouva que c'était encore trop tard. En peu de temps,
sa main et son bras comimencérent à enfler, et à preudre la couleur d'un serpent. Tout le corps se trouva bientôt affecté de la contagion qui gagnait rapidement ; enfin , en moins d’une heure , il offrit le spectacle le plus déplorable que puissent présenter les misères humaines.
On le porta chez lui où il reçut tous les secours qu'on pouvait attendre du zéie ct de l'adresse de ceux qui le servaient. On ft bouillir dans du lait une grande quantité de racines de bistorte ct de frène blanc, et on lui fit prendre en abondance de cette boisson, sans qu'il parût
en recevoir aucun soulagement immédiat.
Pendant l'espace de huit ou dix jours, il en-
dura les plus cruelles souffrances ; mais à l’expiration de ce terme, il éprouva un grand soulagement, ct la peau tachetée commença à reprendre sa première couleur. Il lui fut néanmoins impossible, pendant six mois, de sortir de son lit, et ce ne fut qu'après une année entierement écoulée, qu'il lui fut possible de reprendre ses premières occupations.
Les Indiens mangent les serpens à sonneltes , et considereut leur chair conne supé-
via nr AS ] } , 0 ‘11 + net ann re 4 Cr rieure à celle des anguilles. Il est assez remar-
à cufler, . Tout le contagion ins d’une léplorable iumaines.
cs secours ce l'adresse irdans du le bistorte rendre en qu'il parût immédiat.
rs, il enais à l’exrand sou:
imencça à fut néan- , de sortir ne annee ossible de