‹ Voyage au CongoChapitre 19 sur 48 · EN À HAE · texte numérisé non relu

EN À HAE

LE 20 sañs peine ce au matin, à travers Mb “interprète, nous apprimes de Samba N’Goto ceci :

Le 21 octobre dernier (il y avait donc de cela six jours) > sergent Yemba fut envoyé par l'administrateur de Boda Bodembéré pour exercer des sanctions contre les habiants de ce village (entre Boda et N’Goto). Ceux-ci avaient refusé d’obtempérer à l’ordre de transporter leurs : | gites sur la route de Carnot, désireux de n’abandonner Lpoint leurs cultures. Ils argüaient, en outre, que les gens établis sur la route de Carnot, sont des Bayas, tandis eux sont des Bofis.

Le sergent Yemba quitta donc Boda avec trois gardes ont nous primes soigneusement les noms). Ce petit déta- 1ement était accompagné de Baoué, capita, et de deux mmes commandés par ce dernier. En cours de route, le gent Yemba réquisitionna deux ou trois hommes dans que village traversé, et les emmena après les avoir enchaînés. Arrivés à Bodembéré, les sanctions commenent : on attacha douze hommes à des arbres, tandis que le chef du village, un nommé Cobelé prenait la fuite. Le se gent Yemba et le garde Bonjo tirèrent sur les douze

haie provoquée par la lettre que j'écrivis bientôt REA à Ds ( Gouverneur Général intérimaire.

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s'était enfui de son village (Boubakara, près de N N'Goto) et. que Yemba retrouva à Bossué, premier village au nord de

N’Goto.

Nous apprîimes aussi que Samba N’Goto regagnait Boda

où il réside et y était déjà presque arrivé lorsqu'il croisa

sur la route l’auto du Gouverneur Lamblin qui nous

emmenait à N'Goto. C’est alors qu'il avait rebroussé che-

min, croyant avoir affaire au Gouverneur lui-même, dési=u reux d’en appeler à lui. Il avait dû marcher bien vite, puis

qu'il était arrivé à N’Goto très peu de temps après nous:

Cette occasion inespérée d’en appeler au chef des blancs,

ilne voulait pas la laisser échapper :.

28 octobre.

La déposition de Samba N'Goto avait duré plus de

deux heures. Il pleuvait. Ce n'était point la passisère

averse des tornades. Le ciel était épaissement couverts la

pluie installée pour longtemps. Nous partimes néanmoins

vers dix heures. J'étais assis à côté de Mobaye ;, Marcet,

ZEzé, dans l’intérieur du camion, s’installèrent tantbien

‘que mal sur les sacs de couchage, étouffant un peu sous. la bâche. La route était profondément détrempée et l'auto”

I. Il va sans dire que Samba N’Goto fut jeté en prison sitôt de

retour à Boda. Une lettre pour Pacha, que je iui avais donnée, afin d’excuser son retard, et de le protéger si possible, n’y fit rien. Il fut” jeté en prison, ainsi que quelques membres de sa famille, dont Pacha

se put facilement saisir, tandis que Pacha partait en tournée, précisé”

ment avec YŸemba, dont les hauts-faits n’avaient donc entrainé nulle=\

ment la disgrâce.

Je me hâte de dire que cette impunité ne fut pas de longue dure

non plus que l’incarcération de Samba N’Goto. Au reçu de malettre,”

le Gouverneur ordonna une enquête administrative. Elle fut confiée à

M. Marchessou, inspecteur de l’Oubangui-Chari, qui apporta confir…

mation de tout ce que dessus ; d’où la mise en accusation de Pacha”

êm to leur sourire. Ce pauvre bétail ruisselait sous

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pk sieurs : 1, Travaillant le plus souvent trop loin de leur lage pour pouvoir y retourner le soir, ces femmes se

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oter que cette route, qui fut particulièrement difficile à étaaison de la nature du sol) et meurtrière, ne sert exclusive- Rio qui mène une fois £. mois, au marché de co

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boys ont pris les devants avec le reste de la ou ce que nous à ne devons retrouver qu'à Bambio. Il est deux heures. La pluie 2 cessé. Nous dévorons rapidement un poulet froid” et repartons. Dix kilomètres seulement nous séparent de Bambio. Nous les ferons sans peine, En général, nous n'userons que très peu des tipoyes }, autant par amour, de la marche, que pour épargner nos tipoyeurs pieux. Le « Grand Marigot » est admirable ; encore rien vu de si étrange et de si beau dans ce pays. Cette sorte, de grand marais, que l’on traverse sur d’étroites passerelles de lianes et de branches, écarte une forêt pas très haute; des plantes d’eau le couvrent, inconnues pour la plupart 5 d'énormes arums dressent leurs cornets entrouverts et” laissent paraître un secret blanc, tigré de pourpre sombre, A tiges aux cannelures épineuses. Cinq cents mètres plus loin, on atteint la rivière. Un mystérieux silence traversé. de chants d'oiseaux invisibles. Quantité de palmiers bas se penchent et trempent leurs palmes dans l’eau courante. |

% Fee

1. Le fépoye est un fauteuil suspendu, non entre deux tiges a bar bou, comme on pourrait le croire d’abord, maïs entre deux palmes du gigantesque palmier-ban. Entre ces brancards se glissent les porteurs, deux à l'avant, deux à l'arrière. Reliës aux brancards, deux supports, un pour chaque couple de porteurs, pèsent sur l'épaule de ceux-ci, assumant le poids de l’ensemble. Je n'ai pas mesuré ces palmes-brancards ; maïs on pourra présumer leur longueurten imaginant l’un. derrière l’autre quatre porteurs, en ajoutant l’espace qu’il faut pour un. fauteuil-lit. Elles sont de l’épaisseur d’un mât de cocagne. J'ai vainement cherché dans la forêt un palmier qui fut capable d’en fournir de cette taille. Au-dessus du fauteuil, des nattes, posées sur des. tiges arquées, forment toiture : c’est le shimbeck. I] préserve des rayons | du soleil, mais empêche de voir, fait pencher de côté toute la machine lorsqu'il n’est pas parfaitement équilibré, et parfois se replie sur vous de la manière la plus gênante. RAI

À cause des tsé-tsés et, partant, de la maladie du sommeil, ü sr. a pas de chevaux dans cette partie de l'Afrique. d:

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