HA LE
ne femmes et les mioches ; vociférations suraiguës,
mûres est assez pénible. Toutes ont à la main des pire à et de grandes branches avec lesquelles elles nous éventent … ou balaient le sol que nous allons fouler. Très « entrée | à Jérusalem ». Les femmes n'ont d'autre vétément qu une feuille (ou un chiffon) cache-sexe dont la tige, passant entre les fesses, rejoint par derrière la ficelle qui sert de ins : ture. Ec'certaines portent, par derrière, un gros coussinet u de feuilles fraîches, ou sèches, pas beaucoup plus ridicule À après tout que le « pouf» ou tournure à la mode vers” # 1880. Mais, dans le dernier village où nous nous nee o elles sont, en plus, toutes parées de lianes. ; Un coureur parti de Bambio, nous a précédés de den | jours, pour annoncer notre arrivée. À l'entrée et à la Sortie. 4 des villages, sur plusieurs centaines de mètres, parfois, (et parfois en pleine forêt ou en pleine brousse, on nesait trop pourquoi) on a sarclé, coupé les herbes, et répandu du. sable sur la route. Par endroits, à ras du sable, d’ admirables fleurs mauves qui rappellent les cattléyas (et que Favais # déjà vues dans notre promenade en forêt aux environs, d'Eala). Ne serait-ce pas elles qui donnent ces. gros fruits couleur corail, de la forme d’une gousse d'ail, que l’on trouve, eux aussi, à ras du sol, et dont les indigènes mangent l’intérieur, une pulpe blanche au goût anisé. Tout |, auprès, la feuille, semblable à une petite palme, d’un mètre so environ. Ces fleurs se sont-elles ouvertes depuis que l’on 2 nettoyé la route ? ou plutôt ne lesa-t-on pas laissées intentionnellement ? J'aime à le croire et j'adinire ce piste de sable, où l’on a tout ôté, sauf les fleurs: À chaque arrêt dans un lac nous parlons au chef « et le pérsuadons de ne laisser le caoutchouc que sil Compagnie Forestière consent à le payer 2 francs le. kilo, çomme elle le doit. Car il nous est dit qu’elle nele pa
ssl eux-mêmes ; car di ne connaissent que les "mesures de volume (ils comptent par paniers) ce qui permet a “représentant de la Forestière de les tromper sur le poids, pour peu qu'il ne soit pas honnête, et que l'administrateur ane sont pas là pour protester :.
+. «La convention entre le Gouvernement et la Forestière stipulait,
en plus du paiement du caoutchouc provenant de la éoncéssion au tarif | de 2 francs le kilo, ce qu’ on nommait un « sursalaire » qui consistait e a une ristourne consentie aux collectivités indigènes lorsque la production dépassait un certain poids et que la vente en Europe était aisée dans des conditions favorables (dont je n'ai pas le détail). Donc,
je sorte de participation des producteurs aux bénéfices de la Compagnie. En réalité, je crains bien que ces « conditions favorables » Aientété, ces dernières années, jamais obtenues et que l’indigène n'ait n touché en fait de sursalare,
» La nouvelle convention, annoncée télégraphiquement au Basubangui (décembre 1925) supprimerait cette participation aux su néfices ; le caoutchouc serait désormais payé au producteur 2 francs Mie kilo « tout venant », et 3 francs pour lé caoutchouc sec. La pratique dece pays me laisse penser que les factoriens ne trouveront jamais le aoutchouc assez sec pour le payer 3 francs. On le paiera donc 2 francs dans la plupart des cas, ét l'espoir d’une ristourne en cas de vente lucrative sur les marchés d'Europe, ést retiré au producteur »
: m’ écrit-on.
D'après M. X..., « la moyenne de la production dans les pays de la Lobaye et de la Sangha est d’environ 20 kilogrammes par mois et par récolteur, soit un salaire de 40 francs, sur lequelle factorien prélève le coûtdes articles plus ou moins utiles (sel, tabac, etc.) fournis par lui lux récolteurs dans le cours du mois, et dont le montant serait de 8 À 10 francs ». (J'ai pu me rendre compte par la suite que le commerçant trouvait le moyen de gagner également sur la fourniture de ces articles dont parfois il majore extraordinairement la valeur. « En échange de caoutchouc évalué à un prix dérisoire, les indigènes reçoivent des marchandises évaluées à un prix exorbitant », écrivait en 1902 Félicien Challaye dans son remarquable ouvrage : Le Congo Français, p. 187, où il parle on ne peut mieux des grandes
Dè que nous sommes arrètés, ‘un tas d Les < pressent pour en appeler à à nous, nous soum
de sa sœur, nous demante de Eire payer un voisin couché avec sa femme enceinte de trois mois, ce. dit-il, a fait avorter la femme. Il demande so francs d demnité pour la mort de l'enfant, etc. :
très beau passage de rivière, sur des tiges ché p t lianes ; une petite liane couverte de fourmis sert de ra 1 Partout ailleurs, monotone contrée ; steppe de graminé hautes, semée de petits arbres Semblables à des chênes-liès parfois en lisière de forêt, et sans doute longeant le cou $ caché d’une rivière. VEN 1
Enormes champs de manioc non récolté Re taillis plus loin des champs de ricin également non récolté, tous les hommes étant au caoutchouc, ou en prison, o ou en fuite. Après avoir quitté le dernier ie à
Compagnies concessionnaires). « J'ai oublié de faite préciser 3 articles représentent la « ration » obligatoirement dûe sous. d'aliments aux travailleurs engagés par contrat». (La phras OUR est peu claire, la Corp eus doit-elle Ja 1
salaire et trouve-t-elle là une occasion de pliée de les die ri travailleur doit-il payer lui-même sa nourriture? Je ne sais. IlLes facile de s'informer). « Jai déjà vu des abus de ce genre et je m viens d’une distribution de «rations» à Bangassou, il ya. sous la forme de cadenas remis à des travailleurs habitant des. paille fermées par des claies. C'était à eux de MOnHEeE les ac et d'acheter ensuite leurs aliments. »
ra. (GRANDE. FORÊT à tro
pe | maudite cHbéivision de Boda, un énorme calad. qui nous . accompagnait depuis l’entrée du lent village, qui 3 marchait près de moi, la main dans la main (je croyais -. avoiraffaire à un chef), déclare soudain qu’il ne veut plus re- » tourneren arrière, rentrer dans son village et continuer plus . Jongtemps à faire du caoutchouc. Il prétend ne plus nous … quitter. Mais son frère (du même père et de la même mère, dit-il avec insistance, car dans ce pays on appelle n bien souvent « frère » un simple ami) qui est capita, … s'efforce de s'opposer à ce départ. one palabre. « C’est “ sur lui que ça va retomber. C’est lui qu’on va f... en prison, etc... » Un matabiche le calme et le décide à s’en É retourner sent...
… Katakouo (Katapo sur certaines cartes). On reconnaît qu'on n’est plus dans la subdivision de Boda, à ceci qu’on revoit des hommes. Le chef du village s’empresse de nous présenter son livret, sur lequel nous lisons: « Chef incapable; sans aucune énergie; ne peut être remplacé ; pas d’indigène supérieur dans le village ».
. Katakouo est un énorme village de près d’un kilomètre Mas de long. Une seule rue, si l’on peut appeler ainsi cette interminable place oblongue aux côtés de laquelle toutes les cases à sont alignées.
Vers le soir, gagnant une petite rivière ombragée, je me suis baigné, me laissant glisser d’un grand tronc d’arbre mort: dans un clair bassin au fond de sable blanc. Un petit écureuil est venu me regarder, semblable aux écureuils de nos pays, mais de pelage beaucoup plus sombre.
3 novembre,
l oébare de Katakouo bien avant l’aube ; durant long- - temps, nous cheminons dans la forêt, si obscure que, sans
106 VOYAGE AU CONGO je L .
le guide qui nous précède, nous ne pourrions distinguer | le sentier sinueux. Très lente venue du jour, un jour gris, terne, indiciblement triste. Monotonie de la forêt; quélques futaies assez belles (mais beaucoup dé troncs morts) au miliéu des cultures de manioc — de nouveau non récolté, bien que nous ne soyons plus sur Boda. Je” tâche d'interroger le chef d’un village où nous nous arrè— tons, homme stupide (comme le chef du village précédent et du suivant) qui tend un livret où je lis de nouveau: « Chef incapable, n’a aucune autorité sur ses géns ». Cela” se voit de reste. Impossible d'obtenir une réponse à ma. question : « Pourquoi n’a-t-on pas récolté le maniocen. temps voulu ? » En général, le « pourquoi » n'est pas” compris des indigènes ; et même je doute si quelque mot équivalent existe dans la plupart de leurs idiomes. Déja j'avais pu constater, au cours du procès à Brazzaville, qu'a. la question: « Pourquoi ces gens ont-ils déserté leurs villages ? », il était invariablèment répondu « comment, de quelle manière. ». Il semble que les cerveaux de ces gens, soient incapables d'établir un rapport de cause à effet; (et ceci, j'ai pu le constater maintes fois dans la suité de € ce. voyage). de Danses de femmes à l'entrée de chaque village. Extré-) \ mement pénible, le trémoussement éhonté des matrones. } sur le retour. Les plus vieilles sont toujours les plus fé. nétiques. Certaines se démènent comme des forcenées. Un de nos porteurs est malade. Un comprimé Dower Ie soulage beaucoup ; mais il ne peut marcher ; on le porte dans un hamac ; Marc soigne le pied d’un autre. Nous.
1. Ce que confirme, commente et explique fort bien Lévy-Brubl, | dans son livre sur La mentalité primitive, que je ne connaissais ee Encore. LS OEM
LA GRANDE FORÊT : vo
n'avons pas du tout usé de nos tipoyes ; Outhman qui s’est coupé profondément le pied a occupé l’un d’eux assez Jongtemps. Rien à noter, sinon la descente vers la rivière, à la fin dû jour (nous étions arrivés à Kongourou vers midi). Raté plusieurs coups de fusil, ce qui m'’enlève beaucoup de mon assurance, D’avoir réussi mes premiers “coups, m'avait empli de superbe, Je ne visais déjà plus, De
4 novembre.
… Arrivés à Nola vers trois heures, ayant brûlé l'étape de Niémélé, et fait plus de 40 kilomètres dont une bonne tren- “taine à pied. La lune, au départ, était encore presque au
xénith — « à midi » comme disait Adoum. — (Il n’était pas plus de 4 heures). Rien de plus triste, de plus morne, ue l'abstraite clarté grise qui la remplace. Matinée “très brumeuse ; mais la steppe boisée, que l'on traverse durant des bases doit une grâce passagère à l'abondance de grandes graminées très légères, que cette brume charge dé rosée. Ces hautes herbes se penchent sur la route et | mouillent le front, les bras nus du passant. Bientôt on est trempé comme par une averse. Abondance de traces sur la route sablonneuse (biches, sangliers, buffles), maïs on ne “voit aucun gibier. Le bruit, et sans doute le parfum, de “notre escorte, fait tout fuir. Nous ratons quelques coups “de fusil contre des oiseaux trop distants. Au passage d’une rivière, un peuple de cigales fait un vacarme assourdissant. Le milicien s'empare de la grande sagaie du petit boy qui “nous accompagne depuis deux jours (avec son maître, le messager du chef Yamorou) — et cloue contre un tronc “d'arbre un de ces insectes énormes, aux ailes tigrées, à reflets d'émeraude (les ailes de dessous sont pourprées).
r8 VOYAGE AU CONGO.
Hier aa soir, nous étions arrivés à la nuit ee et 1 village où nous avons dû camper ; àtrois kilomètres de Kongourou où se trouve le gîte d'étape, mais où venait de descendre un voyageur de commerce, raflant tout le manioc qu ‘on avait réservé pour nos porteurs. C’est ce que nous avions appris lorsque, ce même soir, désespérant d'attendre les rations promises, nous avions été retrouver le chef de Kongourou, nous collant ainsi 6 kilomètres supplémentaires. Ce chef était venu nous saluer; vêtu à l'arabe ; extrèmement sympathique ; il nous PR qu'il n’a pu faire autrement que de servir d’abord les premiers arrivés, ce que nous admettons sans peine ; mais nos porteurs. ont besoin de manger. A force de courir de case en case, armés de torches, nous parvenons, aidés du chef, à réunir une quantité de manioc suffisante, et nous rentrons exténués. si Quelques kilomètres avant d'arriver à Nola, le sentier, sortant de la forêt épaisse, débouche brusquement sur. l’Ekéla (qui devient plus loin la Sangha). Nous quittons un. instant nos tipoyes et nOUS nous asseyONS Sur un tronc de rônier, à l'ombre d’une case, dans le petit village de pêcheurs construit sur le bord de la rivière, à regarder danser six pauvres femmes ; par politesse, car elles sont vieilles et hideuses. Hot trois kilomètres de sentier dans la. steppe et dans les cultures de bananiers et de quelques cacaoyers; puis on arrive en face de l'étrange Nola, dont On aperçoit quelques toits, de l’autre côté du fleuve « que. NOUS traversons en pirogue. Nous tu hous au but.Il était : temps. Nous sommes recrus de fatigue, tous. Mais s somme $ toute aucun accrocsérieux, durant ces cinq jours de marche. (Hier, par prudence, nous avions recruté cinq Spot d renfort, car les nôtres font pitié),