‹ Voyage au CongoChapitre 29 sur 48 · PE · texte numérisé non relu

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4 détériorer, mais par le corselet. Et jen capture ainsi une dizaine d’ ae dans un état de fraîcheur parfaite.

Re. s’activent sur le sd de leurs ailes, sur le tranchant; il me semble d’abord qu’elles les mordillent et les coupent ; mais non ; tout au plus les sucent-elles…, je crois : les papil- : lons les Bent faire, et tout cela reste incompréhensible :, Marc, qui a dû attraper un coup de soleil, est assez À souffrant. L'atmosphère est étouffante ; il ne fait pas très chaud, mais l'air semble chargé d'électricité, de je ne sais

4 UT. Je pense que ces papillons venaient d’éclore — je veux dire de sortr de leurs chrysalides — et que leurs aïles restaient encore embuées dire | Mineur. sucrée dont se délectaien les abeilles.

quoi qui le rend difficilement respirable. Nous décidons de - nous reposer ici tout un jour.

Je passe un temps considérable, ce matin, à APPLE LEE k mon paresseux, qui se montre extrèmement sensible à la caresse, et qu'il n’y a plus moyen de déloger de mon à giron lorsqu'il s’y est blotti. k

Hier, à dix kilomètres environ de Bafño, en pleine | brousse, un exprès dépêché de Carnot est venu nous” apporter le plus inattendu des courriers de France.

Carnot, 19 novembre. :

Carnot ne ressemble en rien à ce que je l’imaginais.

Le bourg s'étale sur l'épaule de la colline d'où lon. domine le pays, par delà la Mambéré; mais le paysage reste informe ; immenses vagues d’un terrain couvert de forêts. Incertitude même de la pente générale, de la direc-… tion, une sorte de difficulté d'option pour la répartition des eaux.

Le grand événement du 17 (avant-hier) c’a été la ren: à contrée de l’administrateur Blaud que vient de rappeler … brusquement dans le pays (nous étions avisés de cela) une demande d’enquête administrative, à la suite d’un acte d'accusation lancé contre lui par la direction de la Fores-« tière. Blaud est un gros garçon bien en chair, le teint frais, la face éjouie ; fils d’un pharmacien de Beaucaire ; il accuse 42 ans, mais ne paraît pas son âge. Nous l’avions précé-… demment rencontré, je l'ai dit, à notre passage à Boda.… À fin de séjour, il repartait pour la France où latten-… daïent sa femme et une fillette de six ans. Pendant le” déjeuner que nous avions pris ensemble à la table-du sinistre Pacha, Blaud nous avait dit qu'il poursuivait la Forestière pour infractions graves aux clauses du règlement

5 la direction de Date décida de discréditer Blaud,

tre laissé corrompre par eux. Comment sinon pour- . rait-il trouver rien à redire à la Forestière? Donc, avisés rappel brusque É Blaud à Carnot (où l’administrateurire de Bangui, M. Marchessou, doit enquêter sur ses actes de service), puis de son retour vers Nola, nous savions que nous devions le rencontrer. Nous avions pris nos mesures FOR le croiser à mi-route, à l'heure du déjeuner

. brusquement, nos tipoyeurs ‘ét les siens se ouvèrent nez à nez. Nous étions en pleine savane ; les uelques arbres rabougris qui la parsèment ne fournis sent qu'une ombre dérisoire. Blaud, plus désireux enre que nous de causer, proposa de revenir jusqu’au assage de la rivière où l’on a coutume de s'arrêter pour repas. Ainsi fut fait. — Le site était merveilleuent bien choisi ; grands arbres sous ISHuel l’eau couait rapide, ondiure et si claire que j’eus bien du mal à résister à la tentation du bain. Il me semble par là comjunier plus intimement avec la nature. Bref, je me contentai d’un bain de pieds. On dressa la grande table de

id, trois couverts et tandis que le repas se er

Le ri est bien ape : l'accuser très fort et très

agents de la Compagnie; de sorte que je souhaitais vivement qu’ l n’eût pas, lui, prêté le flanc à la contreattaque ; mais sur ce point je devais faire toutes réserves. | Blaud semblait extrêmement affecté ; et vraiment, il y. avait de quoi, car la puissance et Tente de ces. Grandes Compagnies sont formidables. Blaud nous apprit incidemment le changement du ministère et la. prolongation du séjour d’Antonetti à Paris. SR

| ‘ia 21 aoVembre. 4

Eva à Re 4

Le chauffeur de Lamblin que nous retrouvons. ici (celui qui nous menait à Bambio) où il est venu amener M. Marchessou, nous dit qu’en traversant Boda il a pu. apprendre l’emprisonnement de Semba N'Goto et de son. fils. Cependant Pacha est en tournée, ef! ke ce Yemba l'accompagne. 2 : no.

M. Marchessou n’est & reste cie à Carnot ; il sant, à Nola, où a dû le rejoindre Blaud. 100

naît » et qu’«on ne la lui a pas ». Comme pour De

fier son nom, une épaisse barbe noire cache le bas de où visage. Il n’est aidé que par le doux M. Chambeaux; anémié, demandant son retour à Bordeaux, où il doit PR sa femme et une petite fille de deux ans, qu il ne onnaits

quilena trop... Il lt en vain du secours. M. Staup à qui le précédait et a été déplacé, avait (Roue P: « éci 154

| Va | CARNOT | ie n : 7 13 À

a l'administrateur. sous prétexte que sa femme à lui « tapait à à la machine » ; à présent, plus moyen de s’en À ressaisir ; il est obligé, lui, Labarbe, de tout faire lui-

même. Et Antonetti qui parlait, à son passage, de « coup 3 de balai »! Il n’y avait déjà personne, et il voulait encore * renvoyer du monde! D'ailleurs c'était bien simple : il était résolu, lui, Labarbe, à laisser les papiers s’accumuler sur sa table ; on verrait bien ce que ça donnerait; puisqu’on ne lui envoyait personne pour l'aider. Il avait His toutes ses affaires à Baboua d’où il venait d’être brusquement rappelé pour remplacer Blaud à Carnot ; il pardirait dès demain pour les rechercher. Un poste de plus à l'abandon. Tout marchait à la déroute dans ce pays. Pas de médecins, pas de fonctionnaires. Le peu de monde qui restait encore était sur les dents et ne songeait plus qu'à partir. Oui, tout le monde fichait lé camp : c'était la pagaïe. Dans ce sacré pays de la Haute-Sangha où personne ne voulait venir, on ne trouvait rien, pas le moindre objet, pas de vivres ; l’application stricte des tarifs douaniers faisait revenir la moindre dénrée à des prix prohibitifs :. Et que d’embêtements, de tracasseries l... On lui avait confisqué sa jumelle à la douane, à son dernier retour; une jumelle qui l'avait accompagné partout et que tout le monde connaissait. parce "qu'il avait égaré les reçus des droits payés précédemment ï t n'avait pu montrer les factures dénonçant le prix d’achat. “On ne pouvait pas toujours conserver tous ses papiers, que | diable !... D'ailleurs, ils n’avaient qu’à la garder, sa jumelle ; il n'irait même pas la réclamer à son départ..., etc.

ALU. Fe D oations de Labarbe, que je rapporte ici, ne sont, hélas, » que trop motivées, je le crains.

Nous nous sommes fait conduire en tipoye, hier — après une forte tornade (avec éclairs, tonnerre et tout le tremblement} que nous entendions vaguement à travers . le sommeil de la sieste — à Saragouna, à une demi-heure de Carnot (amusante et un peu dangereuse traversée d'une très belle rivière, sur un pont chancelant et à demi fuiné).« Nous doutions d’abord de la véracité de Psichari, qui situe. à trois jours de Carnot cet « oasis de verdure », mais nous apprenons que le village a déménagé, comme tant d’autres ; les habitants ont brusquement abandonné leurs huttes pour les reconstruire à quelques jours de là — Pourquoi ? — Parce que quelques morts leur avaient fait croire que l'emplacement était maudit, hanté, que sais-je. Les gens qui ne possèdent rien, et n'ont rien à quitter, n’ont jamais beaucoup de mal à partir. | !

‘A noter : le brusque travail de désherbement sur lequel se précipitent toutes les femmes du village, à notre approche.

Nous avons quitté Carnot ce matin, beaucoup plus tard que nous n’eussions voulu, ayant dû attendre plus d’une heure les nouveaux porteurs. Il était huit heures passées” quand nous prenons le bac, au sortir de la ville. Trois four nées ; nous étions de la dernière, et pas très rassurés, car le courant est extrêmement rapide. À une heure de marche dans la steppe monotone (sorte de forêt clairsemée, dar" bres à peine un peu plus hauts que les herbes, très hautes et… belles graminées qui les enveloppent, les noïent et dont l’'épais rideau constant arrête incessamment le regard) nous croisons un grand nombre de porteurs ;. puis, escortés par des gardes armés de fouets à cinq lanières, une enfilade de quinze femmes et deux hommes, attachés du cou par la même corde. Une de ces femmes porte un enfant au

sein. 0 Out dec es » Ar à au à Village de Danoolos où les gardes avaient été réquisitionner quarante porteurs,

sur l'ordre de l'administration. Tous les hommes, en les voyant venir, avaient fichu le camp dans la brousse :.… Marc prend une photographie de ce pénible cortège. EL étape est beaucoup plus longue que Labarbe ne nous l'avait dit. Force est de coucher où nous pensions arriver pour le repos de midi et où nous n’arrivons qu'après quatre heures : à Bakissa-Bougandui, — sorte de village, très dif. férent de ceux de la région de Bambio et de tous ceux traversés avant Carnot Les cases rondes, aux murs de terre très bas, aux toits de chaume pointus, s’éparpillent, se groupent au gracieux hasard, sans plan aucun, sans rue, sans alignement, ni circulairement autour d'aucune place. Nous sommes au plus haut d’un plateau dégarni. Tout autour de nous, du moins à l’est, au nord et à l’ouest, la vue s'étend très loin sur de mornes et immenses vagues de terrain couvertes de forêts d’un vert uniformément sombre, sous un ciel désespérément gris.

. Pour n'être point injuste, il me faut dire qu'il a fait beau, très beau, vers le milieu du jour. Mais tous les matins, tous, sans exception, sont gris, ternes, voilés, d’une tristesse indicible, incomparable. Ce matin, au départ du moins, un assez épais brouillard adoucissait les tons des verdures et limitait heureusement la vue — qui s sinon ne s'étend, au lever, que sur du terne, du vert sans joie sous un ciel sans promesses, un paysage que ne semble habiter aucun dieu, aucune dryade, aucun faune;

“a ne. + Gi + Er D'après Labarbe — que nous retrouvions quelques jours plus tard

“si età A nous faisions a de notre étonnement, — lui, Labarbe, au-

un paysage implacable, sans mystère et sans poésie. En tipoye, ne pouvant lire, je repasse tout ce que je sais.

des Fleurs du Mal, et apprends quelques pièces nouvelles.

Ce soir, dans le village, non loin de moi, un tam-tam”

s'organise ; mais je reste assis devant la petite table dres-…

sée, à l’insuffisante clarté de la lanterne-tempête, avec Jes Wablverwandschafien, ayant achevé de relire le Masterof Bal-v

lantrae. La lune, à son prénmeg quartier, est presque au-.

dessus de ma table. Je sens m’environner de toutes parts

l'étrange immensité de [a nuit.

Un peu plus tard je vais pourtant rejoindre la danse. Un

maigre feu de broussailles, au milieu d’un grand cercles

une ronde qu’activent deux tambours et trois calebasses

sonores, emplies de graines dures, et montées surun manche

court qui permet de les agiter rythmiquement. Rythmes savants, impairs ; groupes de dix battements (cinq plus cinq) puis, sur le même pare de temps, succède un groupe”

de quatre battements — qu’accompagne une double cloche |

ou castagnette de métal '. Les joueurs d'instruments sont au milieu. Près d'eux un groupe de quatre danseurs forme 4

vis-à-vis, deux à deux. Les gens de la ronde se suivent

par rang de taille, les plus grands d’abord, puis les

enfants, jusqu'à des tout petits de quatre ou cinqanss…

les femmes suivent. Chacun se trémousse en agitant les épaules, les bras ballants, et progresse très lentement de gauche à droite, à la fois morne et forcené. Quand jepose«

ma main sur l'épaule d’un des enfants, il se Fe .

1. Un chant extrêmement bizarre (chœur des enfants surtout), avec :

l'emploi d’un quart de ton, d’autant plus sensible que les voix sont très : justes, qui fait un effet déchirant, presque intolérable. D'ordinaire,

tous les chants sont sur les notes de notre gamme.

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nn Te VO OS

cercle et vient se cr contre moi. Des hommes, qui | contemplent la danse, voyant cela, en appellent un autre qui vient à mon autre côté. À une suspension de la danse, les deux enfants m’entraînent. Ils resteront assis à terre, près de ma chaise, . durant notre repas. Ils voudraient devenir nos boys. D’autres se sont joints à eux. “Dans la nuit qui les absorbe, on ne distingue exactement que leurs yeux qui restent fixés sur nous et, quand ils -sourient, leurs dents blanches. . Si je laisse pendre ma main, ils la saisissent, la pressent contre leur poitrine -ou leur visage et la couvrent de baisers. À côté de moi, ‘sur ma chaise, le petit paresseux sommeille ; je sens sa chaleur douce contre mes reins. Je l'appelle à présent Dindihi, du nom que lui donnent les indigènes.

4 À noter le mauvais vouloir, presque l'hostilité de ce “village (et du précédent) lorsque nous arrivons ; hostilité ; qui. bientôt cède et fond devant nos avances, et ti place à unexcès de sympathie aux effusions et démonstrations “chaleureuses. Le chef même, qui d’abord se dérobait et Li ne pouvoir trouver des œufs pour nous, du

fatigue ; nous avons dû bien faire ainsi près de 25 kilo-, mètres. La pluie, qui s’est mise à tomber avec abondance, seule nous a forcés à monter en tipoye, avant d’avoir

atteint l'étape. Jusqu’à présent nous avions évité les tor-.

nades ; elles n’éclataient que pendant la nuit ou pendant” nos repas. Maïs à présent ce n’est pas un orage ; le ciehest”

uniformément gris et l’on sent que l’averse va durer long=«

temps. La pluie redouble tandis que nous atteignons le“ premier village ; ce qui n’empêche ni les tam-tams, ni les cris, ni les chants. Mais il n’y a plus désormais de chœurs de bacchantes ; en particulier celle que nous appelions « la vieille folle » et que, de village en village, il nous semblait”

toujours retrouver, est absente.

Après une heure d’attente un peu morne, la pluie.

cesse ; nous repartons. J'ai pris Dindiki dans mon tipoye, ce qui m'y fait remonter un instant. À une heureet

demie de là, Cessana, important village (disposé comme.

+ Br) tes «

Bakissa-Bougandui, comme tous ceux de la région) où nous nous arrêtons pour déjeuner. Puis, de nouveau, sitôt.

après, très longue étape; mais cette fois en tipoye! Nous arrivons à Abo-Boyafé, vers quatre heures, exténués. Et"

c'était ce village où l'administrateur nous affirmait que nous pourrions coucher le premier jour. Presque toujours les renseignements que nous ont donnés les Européens se

sont trouvés faux !.

1. Voici pourtant qui les explique : il ne s’y agit jamais de dis=… tances, maïs bien uniquement du temps mis à les parcourir. Or nombre

d’Européens ne quittent guère leur tipoye. Une double (et parfois

triple) escouade de tipoyeurs, permet à ceux-ci de se relayer, et permet

au blanc de ne pas tenir compte de leur fatigue, d'exiger d'eux une

allure accélérée, grâce à laquelle l’étape est beaucoup plus vite fran"

chie. Quant au reste de la caravane, il part de l’avant et précède "ou à

suit et rattrape comme il peut.

VERS BABOUA t45

* 4 j MAD | l VE

23 novembre.

Par c crainte ir J'ai sous-estimé la longueur -de notre marche, hier. Nous avons fait une journée de dix heures — dont deux heures d'arrêt, et une heure et demie de tipoye. Soit six heures et demie à pied, à raison de près de six kilomètres à l'heure ; car nous marchions très vite. Trop fatigué, c'est à peine si j'ai pu dormir. Il fait à la fois presque frais et étouffant. On nous a parlé de l'étape du lendemain comme très courte ; mais force est de constater que ce renseignement, pour être donné par des indigènes, n'est pas plus exact que les précédents. Abba, où nous devions arriver à midi, nous ne l’atteindrons pas avant q juatre heures du soir, bien que partis dès avant six heures, Ét ayant marché bon train. Il faut bien avouer que cette nmense traite a été des plus décevantes. La même savane s’est déroulée devant nous durant des heures et des lièues. Les graminées géantes se sont faites roseaux. Auessus d'eux, toujours les mêmes arbres rabougris, déjetés, tigués je pense par les incendies périodiques, forment une sorte de taillis clairsemé. Le seul intérêt de tout le ur, ça été le passage d’un pont de lianes — notre prenier — jeté sur une rivière large, profonde, au cours ipide — la « Goman », — en remplacement d’un pont e bois efflondré. Rien e plus élégant que cet arachnéen seau, d'apparence si fragile que l’on S'y aventure en emblant. Non loin, plongeant dans la rivière, un paninus gigantesque, ajoute à l’exotisme du tableau. Et, ant tout le trajet qui nous éloigne si redoutablement W k pense éperdument à des choses de France : à M.

rer ge

Et je m'imagine au Tertre près de Martin du Card à à Care cassonne près d’Alibert… Dar 4

Mauvais vouloir du chet du village. Arrivés à Niko. Nous nous étions fait précéder d’un coureur, afin de trouver le manioc de nos hommes tout préparé et de“ pouvoir repartir aussitôt. Pas de manioc. Force a été de.

perquisitionner dans les cases. Nous ayons néanmoins | payé cet homme stupide et buté, lui laissant entendre-que”

nous lui eussions donné le double, sil avait apporté de

lui-même et de bonne grâce cette nourriture dont nos porteurs avaient besoin et qu'il lui était facile de récupérer | dans les champs aussitôt. C'est la première fois qu'il nous | arrive de devoir faire acte d'autorité. ;

Sitôt qu'il a triomphé du brouillard, le soleil est dévenu, accablant. Nous usons largement des tipoyes, car, au bout, d'un petit temps de marche, je sue comme il n’est pas croyable, Vers le soir la lumière devient admirable. Oi approche d’Abba. Un messager envoyé à notre rencontre à deux kilomètres du village, commence à sonner dela cloche pour nous annoncer. Il nous précède, et lestipoyeurs, se mettent à courir. Voici le chef à cheval. Comme il met pied à terre, nous descendons aussi. Un peuple se se tient sur une éminence. Ça fait grand, et nous avançons très dignes. Les cases du village sont vastes, belles, sem blables à celles des villages précédents, mais portant. sommet de leur toit pointu une grande cruché ronde de terre noire, goulot en l'air ; sans ordre, mais formant, à cause des mouvements de terrain, d’harmonieux group ments. On domine une immense contrée. Le soleil couche glorieusement et, tout aussitôt, un rideau de brume bleue très lécère, faite aussi des fumées du village, s'étend Dotantalement et recule la lisière de la forêt voisine. PI 1$

feux s’allument dans le village. C’est d'abord un immense silence, puis l'air s’emplit du concert strident des grillons. | Les p porteurs retardataires s’amènent un à un ; plusieurs pee et paraissent fourbus. À certains nous faisons

d'un grand feu. Le ciel s’emplit d'étoiles.

as n'ai pas remis mon Dindiki dans sa cage. Il est resté out le jour (et hier déjà) dans mon tipoye ; agrippé à une des tiges de bambou qui soutiennent les nattes du imbeck, où blotti contre moi. On n imagine pas animal plus confiant. Il accepte sans hésiter toute nourriture qu’on fu “offre. et mange indifféremment du pain, du ÉRUIOSs de crème, de la confiture ou des fruits. Il n’y a qu'une ose qu x] ne supporte pas, c'est qu’on le force à se hâter ou qu'on tente de lui faire quitter son appui. Il entre alors dans de terribles rages, pousse des cris aigus et mord tant qu'il Ut. ‘Impossible de lui faire lâcher prise; on le disloqueit plutôt. Puis, sitôt qu'on le tient dans ses bras, il se calme et vous lèche. Aucun chien, aucun chat n’est plus a ressant. Tandis que je me promène dans le village, il este accroché à à ma ceinture, ou au col de ma chemise, à

ra

| avec ravissement quelques pages des Affinités. Je 10 one chaque soir une leçon de lecture à Adoum.

2$ novembre,

| in nuage : au on Au nithe la se à sa Reniere noire . Join d'elle, deux étoiles nie ene brillantes. Des .

es

‘fort bel effet. De côté, contre les murs 41 Le …

culaire, entassement de ces énormes vases de ter! nissée, décorés de reliefs, comme tatoués;, dans les

ils mettent l’eau, le manioc, et qui sont, avec le quois ou la natte, les seuls objets où meub case. Un troupeau d'enfants, ComIne ones escorte; la plupart fait h Ils rentrent dans leurs cases et reparaissent ben

tout lustrés PAF lablution. |

Ils sont plus. de soixante à concourir sous es ye

Aus 4 nos HOREUEr viennent se faire . Re ]

tea

Ce matin, de. avant six heures.

À midi, arrèt à un trés beau et grand village Même forme de cases et même disposition dacelle

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