NA US DES
ESCALES 11: 17 | position. Il nous emmène, alors que nous étions déjà sur
- le chemin du retour ; et nous rentrons de nouveau dans la
k forêt. À vingt ans je n'aurais pas eu joie plus vive. Cris et … bondissements des porteurs. Nous revenons par le bord de Ja mer. Surla plage, fuite éperdue des troupeaux de crabes, … hauts sur pattes et semblables à de monstrueuses arainées
9 août 7 heures du matin.
À Pointe Noire :. — Ville à l’état larvaire, qui semble à. encore dans le sous-sol.
à 1. C’est à ce point de la côte, que doit aboutir le chemin de fer de - Prazzaville-Océan, seul moyen d’obvie à l’embouteillige de notre olonie. Le Congo serait un débouché naturel pour les richesses de intérieur ; mais, non loin de la côte, ce fleuve traverse une région ontagneuse, il cesse d’être navigable à partir de Matadi et ne le redeient qu'au Staney Pool (Brazzaville- -Kinshassa). Matadi est relié à Kinshassa par le chemin de fer que le roi Léopold fit exécuter en Congo belge, sur les indications et sous la direction du colonel Thys. Ce chemin de fer qui fonctionne depuis 1900 traverse la région que J. Conrad devait encore traverser à pied en 1890 et dont il parle “dans Cœur de Ténèbres — livre admirable qui reste encore aujourd’hui profondément vrai, j’ai pu m’en convaincre, et que j'aurai souvent à citér. Aucune outrance dans.ses peintures : elles sont cruellement exactes; mais ce qui les désassombrit, c’est la réussite de ce projet qui, î dans son livre, paraît si vain. Si coûteux qu’ait pu être, en argent et 4 en vies humaines, l'établissement de cette voie ferrée, à présent elle “existe pour l'immense profit de la colonie belge — et de la nôtre. Mais désormais cile est insuffisante ; à quel point, c’est ce que cette lettre du. Président de la Chambre de Commerce belge à Kinshassa, laisse entrevoir : :
… « Pa situation, au point de vue du « cargo général magasin », (c’ està dire : marchandises de commerce emballées en caisses) est plus inex= tricable qu'elle ne l'a jamais été, Au 1er janvier 1926, il y avait dans les magasins de la Manucongo à Matadi 6.089.200 kilos de marchandises il en souffrance. Dans ce stock, on comptait 694 tonnes du Rogier partien octobre. Ce dérnier steamer était à Matadi depuis plus de soixante-dix
| GDS 3
18 VOYAGE AU CONGO n M 9 août, s heures du soir. - Nous entrons dans les eaux du Congo. Gagnons Banane dans la vedette du commandant. Chaque occasion de des-" cendre à terre nous trouve prêts. Retour à la nuittombante" La joie est peut-être aussi vive; maïs elle entre en moi moins avant ; elle éveille un écho moïns retentissant dans, mon cœur. Ah ! pouvoir ignorer que la vie rétrécitidevant… moi sa promesse... Mon cœur ne bat pas moins fort qu'à. |
vingt ans. |
Lente remontée du fleuve FA la nuit. Sur la rive, ° gauche, au loin, quelques lumières ; un feu de brousse) à l’horizon ; à nos pieds l'effrayante épaisseur des eaux.
TN eme SE
(to août). 14
Un absurde contre-temps m'empèche, en passant R. Bôma (Congo belge), d’aller présenter mes respects au Gouverneur. Je n’ai pas encore bien compris que, chargé 4 de mission, je représente, et suis dès à présent un person=… nage officiel. Le plus grand mal à me gonfler jusqu'à. remplir ce rôle. TRI E A 1 Matadi: (10 août), 6 heures du soir."
ce Le :
Partis le 12, à 6 heures du matin — arrivés à Thysville 1 à 6 h. 1/2 du soir.
hi
jours, et pas un seul colis n’avait encore été déchargé au moment où. je me trouvais à Matadi. , » Les chargements des 4 steamers français : Æ4{ba, EURE Thad, ui: Asie, comportant près de 80.000 dames-jeannes et un nombre considérables de caisses de vin, restaient en souffrance dans les TAPIS de Û
la de » | 1. « La seule raison d’être de cette ville est sa position au point terminus de la navigation et à la tête de ligne du chemin de nie Construite en toute hâte au milieu des rochers, dans des conditions dl
D BRAZZAVILLE | t . Nous répartons vers 7 heures du matin, pour n’arriver À {inchassa qu'à la nuit close.
Le lendemain traversée du Stanley-Pool. Arrivée venreli 14 à 9 heures du matin à Brazzaville *,
| Brazzaville.
» Étrange pays, où l’on n’a pas si chaud que l’on transpire. … À chasser les insectes inconnus, je retrouve des joies d'enfant. Je ne me suis pas encore consolé d’avoir laissé échapper un beau longicorne vert pré, aux élytres damas- | ainés, zébrés, couverts de vermiculures plus foncées ou plus pâles; de la dimension d’un bupreste, la tête très lirge, armée de mandibules-tenailles. Je le rapportais d’assez loin, le tenant par le corselet, entre pouce et index; surle point d'entrer dans le flacon de cyanure, il m’échappe ét s'envole aussitôt.
+ Je m'empare de quelques beaux papillons porte-queue, jaune soufré maculés de noir, très communs ; et d’un
# peu hygiéniques que possible, elle laisse la plus détestable pression à tous les Français, qui sont obligés d’y séjourner, malgré
lobligeance des fonctionnaires du chemin de fer belge. »
. | A. Chevalier, L'Afrique centrale française, p. 3.
1. « La voie ferrée (de Matadi à Kinshassa) qui se continue pendant 400 kms à travers une véritable Suisse africaine, a exigé un grand nombre de travaux d'art et coûté environ 70 imillions. Elle est entièe rement Pœuvre du Colonel Thys, qui en présenta le projet dès 1887. Les remiers travaux de terrassement furent commencés en mars 1890, mais. ce n’est que huit ans plus tard, en mars 1898, que la locomotive arriva au Stanley-Pool. Actuellement la compagnie fait plus d’un million de recettes par mois. Non seulement elle draîne tous les produits de l'intérieur du Congo belge, mais elle est aussi l’unique voie actuellement praticable pour accéder dans le Moyen-Congo, dans la ue dans POubangui et dans les territoires du Tchad. » Deus Chevalier, ibid., p. 3
plus grand, jaune zébré do noir (que ; j'avais vu au u Ja d’Essai de Dakar).
Congo et du Djoué, à six kilomètres environ de Fa ville. (Nous y avions été hier au coucher du soleil). Pe village de pécheurs. Bizarre lit de rivière à sec, tracé
de je à l’autre de ces roches nn rl du Congo. Petit sentier, presque au bord du fleuve crique ombragée, où une grande pirogue est. ama Papillons en grand nombre et très variés; mais je qu'un filet sans manche et laisse partir les plus bea Nous gagnons une partie plus boisée, tout au bord l’affluent, dont les eaux sont sensiblement plus: limp Un fromager énorme, au monstrueux empattement, q lon contourne ; de dessous le tronc, jaillit unesou Près du fromager, un amorphophallus violet pourp une tige épineuse de plus d’un mètre. Je déchire la et trouve, à la base du pistil, un grouillement de ] asticots. Quelques arbres, auxquels les indigènes on Je feu, se consument lentement par la base. à
J'écris ceci dans le petit jardin de la très agréable que M. Alfassa, le Gouverneur général intérimaire, a à notre disposition. La nuit est tiède ; pas un. souff 3 incessant concert de grillons et, formant fond, nouilles.
Ex RSS & SA
PBRAZAAVIIRE À 2
s autres | par M. et Mn Chaumel, nous traversons un $ du Djoué en pirogue et gagnons le bord même du fle ve, où la hauteur des vagues et l’impétuosité du cou-
terminerai en exprimant le regret qu'il ne se soit pas ouvé, parmi les coloniaux, un musicien né pour les duire en musique. » KRegret que nous ne partagerons
24 et 25 août.
jeune et sans instructions suffisantes, ae un De Lu. reculé. Il y eût fallu telle force de caractère, telle valeur morale et intellectuelle, qu’il n’avait pas. A défaut d* elles, pour imposer aux indigènes, on recourt à une forc précaire, spasmodique et dévergondée. On prend peur, on s’affole ; par manque d'autorité naturelle, on cherche à à régner par ‘à terreur. On perd prise, et bientôt plus rien ne suffit à dompter le mécontentement grandissant des indigènes, souvent parfaitement doux, maïs que révoltent et poussent à bout les injustices, les sévicés, les cruautés. ‘Ce qui paraît ressortir du procès, c’est surtout Li sh sufhsance de surveillance. Il faudrait pouvoir n’envoyer. dans les postes reculés de la brousse, que des agents de valeur déjà reconnue. Tant qu il n'aura pas fait ses preuves, un A RE encore jeune demande à être. e très.
étroitement encadré. : A L'avocat défenseur profite de cette affaire, pour fie 1e procès de l'administration en général,. avec de faciles. eflets je d’éloquence et des gestes à la Daumier, que; ’espérais hors. d'usage depuis longtemps. Prévenu de l'attaque, et pour faire face, M. Prouteaux, chef de cabinet du Gouverneur, avait courageusement pris place aux côtés du. ministère public ; ce que certains ne manquèrent pas de trouver. « déplacé ». é ne À noter l’effarante tnenPeaM be des deux interprète parfaitement incapables de comprendre les questions | posées par le juge, mais que toujours ils traduisent quand. Ë même, très vite et n'importe comment, ce qui dgRe 1e
1. Si graves que puissent être les faits reprochés à Sambry, hs 1 nous verrons pire, par la suite. | LA
Fr ne parviens pas à me faire une opinion sur celle des L ts por qui assistent aux débats et qui
3 ot la troisième et dernière séance de ce triste procès,
ün très beau pavillon est venu voler dans la salle d’auence, - dont toutes les fenêtres sont ouvertes. Après d& nombreux tours, il s’est inespérément posé sur le | ns devant lequel j'étais assis, où je parviens à le saisir
Ha a | pas pire imprudence. Dès qu’on ne les tient plus en main, ces gardes indigènes deviennent terribles. Presque ; toutes les cruautés qu'on reproche à Sambry sont leur fi Mais tous ont déposé contre lui, vous l'avez vu. »
€ e prends ces notes trop « pour moi»; je m'aperçois ue. je nai pas décrit Brazzaville. Tout m'y charmait “d'abord: la nouveauté du climat, de la lumière, des
+4 Fi Done du chant des oiseaux, et de
qu’elle doit au climat et à sa LoOR qu pr fleuve. En face d’elle Kinshassa paraît hideuse.w Kinshassa vit d’une vie intense; et Brazzaville ser
déploie. Son charme est dans son indolence. Snpae m'aperçois qu'on ne peut y prendre contact réel a rien ; non point que tout y soit factice; mais l'écran la civilisation s’interpose, et rien n’y entre que tami
Et je ne doute pas qu'il n’y aurait beaucoup à apprenc sur le fonctionnement des rouages de aan
m'apparaître, c'est l'extraordinaire comp P a 1C vêtrement de tous les problèmes coloniaux. La questio chemin de fer de Brazzaville à Pointe-Noire ss particulièrement intéressante à étudier ; mais je n'en connaître que ce que lon m'en raconte, ee tous les l
de tous et de ane On EE beaucoup PTS Jos PA et d'incurie.. Je ne veux) tenir,