‹ Voyage au CongoChapitre 33 sur 48 · AS · texte numérisé non relu

AS

Un paysage magnifique ; le mot ést trop fort sans. doute, car le site n'avait rien d’enchanteur — il pou” vait même rappeler bien des paysages de France — mais tel était mon ravissement de sortir enfin de informe, de retrouver des collines distinctes, des pentes certaines, des bosquets d'arbres harmonieusement disposés... Enfin, depuis le matin le pays se développait, s’exposait devant. nous; car, depuis que nous avions quitté Bambio, à de rares exceptions près, nous cheminions dans un pays. clos, forêt ou savane, enveloppés par une végétation si baute que l’on ne pouvait voir à plus de cinquante mètres s — où même souvent à plus de dix, devant soi. Quel ravis sement, après que furent gravies ces hauteurs pui se. dressent devant Déka et l'encerclent à à demi, de voir sta

d’ 2llégresse tn Sont à me faire trouver joie, ÿ noblesse et beauté, même au moins surprenant paysage. | J'avais énormément marché; mais, lorsque je me disposai à, reprendre enfin mon tipoye, les cordes de soutien de celui»

ci claquèrent aussitôt, me laissant brutalement tomber, à terre ; et je dus marcher encore. C'était en plein soleil æ

ri que parce que, de tout te pays, on na . fe eux, ne doivent avoir guère plus de cinq cents mètres.

; le pays, après qu’on est longtemps demeuré sur le

au que lon domine de beaucoup plus haut que l'en à monté. Un accident ridicule, un peu plus tard, m'a

À 1 5se une rivière où pouvoir me baigner. On fe un marigot d'eaux quasi bourbeuses ; rien à 2 fuite

à peine un peu Soie de “ bleue, les hauteurs de Bouar que demain nous 7rons gravir. Pas un souffle sur terre; pas un nuage

162 Lire comme la mer, tant la clarté de la no est intense. "os join de nous les feux de nos boys, des porteurs, etpluse loin, des gens du village. Ceux-ci n'avaient point tui. Il y en avait bien une centaine, s’empressant à notre arrivée, à la nuit déjà close, avec des manifestations de uses serrés contre nous qu’on suffoquait.

Bouar, 2 décembre.

Depuis plusieurs jours ont commencé les feux ‘4 brousse. On entend de loin leur crépitement, et, de. plu loin encore, la nuit, on en voit la lueur; ils versent ver le ciel des torrents de fumée. Arrivés à Bouar, hier, vers une heure. Malgré la grande chaleur, Pair est vif, Ti

je jours, et, bordant l'horizon, les hauteurs dE nou

couchions avant-hier. Plus au sud, vers Carnot, le. | régart

dans le bassin de la Nana fuit plus loin encore. Hier le soleil en se couchant cp rées

est A re pur ; mais l'air, trop chargé HA vapet) pour être parfaitemerit limpide, étale sur les verts‘ sombre des forêts et les verts glauques des savanes, un glacis nacre azurée. Devant la case, un premier plan de terrai aride, crevé de-ci de-là par de gros boulders de gran les dernières huttes du village des gardes, qui s'étend sur droite, derrière le poste ; quelques arbres qui, en Fran seraient des châtaigniers — puis, aussitôt après, limmens diaprée, car le dévalement trop brusque échappe regards. Rien entre ces arbres, à cinquante mètres,et plaine étonnamment distante. ANS

so: nr does. qui AS au haut de leur hante et para le d’elle, la génération nouvelle ; de sorte que, lors-

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ce fleurs blanc rosé, quadrilobées autour & une fine ilure. Arbuste semblable, port, feuilles et fleurs, au

4 décembre.

itté Bouar ce matin assez tard, car nous attendons ouveaux porteurs ; et Labarbe, arrivé hier soir, it repartir avec nous; mais lui pour Carnot, nous pour osoum. Nous avions réglé hier nos porteurs, pour leur mettre de repartir ; mais nous ne savions pas qu'ils

homme :. Labarbe affirme qu'ils ne dépensent quotidiennement pas plus de vingt-cinq centimes pour leur nourriture. Me voici bien loin du temps si proche où, à Port- Gentil, j'étais près de m'indigner que l'Etat n’accordât que sept sous par jour pour chaque prisonnier. Les porteurs. sont payés un franc par jour par l’administration (et non … un franc vingt-cinq, comme je croyais d’abord) cinquante centimes par jour lorsque immobilisés, et vingt-cinq centimes par jour de retour. En général moitié moins de temps compté pour le retour que pour l'aller.

Parfois ils portent une ceinture de cuir ou de corde, qui trace un simple trait sur la peau noire, suivant, exactement le pli de laine ; un lambeau d’écorce brune ou rouge, ou de toile couvre étroitement le sexe, puis fuit entre les jambes et va rejoindre au-dessus du sacrum, la ceinture qui le tend. Cela est d’une netteté de dessin admirable. Parfois cette écorce, très belle de ton, s s'épanouit : par derrière en corolle. :

Tam-tam intime, hier soir, dans la nuit très obscure, car la lune n’est pas encore levée. Une douzaine de jeunes garçons réunis pour une petite danse sans conséquences. Feux! 4 en plein air, devant les cases, au camp des gardes. Prolonga= tion de la soirée. Et, pendant que nous nous attardions. l près des foyers, Zézé et Adouin se laissaient rafler au jeu, par les gardes, tout l’argent de leur mois que nous venioris. 4 de leur-remettre. Même, Adoum perdait la paie du mois E

1. Î va sans dire que nous avons néanmoins continué de payerla . nourriture de nos porteurs, comme fait au reste, lorsqu” il est en tour- née, tout administrateur un peu soucieux de se faire aimer de ces gens, . dont on dit trop souvent et à tort qu'ils sont incapables de teconnais- SACCe

À que, pressés par le départ, nous serions D ccupés ce matin pour enquêter sur cette affaire. Et a nous étions déjà loin de Bouar lorsqu’ er que a

cédé tous les Fi kilomètres environ. C’est une > mal soumise, et nous nous attendions à beaucoup

des vignes en Italie dans la région: de Sienne, que aurais dû comparer le clairsemé des arbres dans la savane que nous. traversons depuis tant de jours ; dont les hautes graminées ” noient les troncs. Et j'admire la constance de ces arbres, de résister aux incendies périodiques. Aujourd’hui l’espace ment beaucoup plus grand des arbres fait la seule modi-=… fication de ce paysage, d’une désespérante monotonie. Le village où nous nous arrêtons ce soir’, seconde étape sur la route de Bosoum, est sans autre beauté que celle“ qu'y verse à flots la lumière. Comme de coutume je … choisis, dans le cortège formé pour fêter notre entrée” dans le village, un préféré sur lequel je m’appuie, ou qui marche à mon côtéen me donnant la main. Il se trouve sou= « vent que c’est le fils du chef, ce qui est d’un excellent effet. ” Celui-ci est particulièrement beau, svelte, élécant et fait penser à la Sisina de Baudelaire. Ce soir, avec deux compagnons, il me fait savoir que tous trois veulent nous accompagner jusqu’à Bosoum.

Quel bain délicieux j'ai pris à midi, et dans quelle ind pide rivière ! Que la nuit est claire ce soir! Je ne sais” même pas le nom de ce village où nous gitons. Cette route que nous suivons est des moins fréquentées (par les % blancs, s'entend). Un immense inconnu nous enveloppe. de toutes parts.

Tandis que je relis avec ravissement Roméo and Ja Marc soigne des plaies, distribue des remèdes, puis @ rende la justice », ce qui prend un temps infini. |

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6 décembre, "4

Arrêt à Batara. Aux abords de limportant village, o

z, Kouiso-Bagéra (Baghera).

A mr

linexis: nt, joie de retrouver un village net, Ed Dar a lence prospère ; un chef décent, en vêtements européens int nur en blanchi à neuf, parlant correc

nes l'un voyage on = pays, où rien n a de valeur établie,

en

er. trajet en deux étapes ; mais, partis de Batara juatre heures du matin, nous arivions dès une

De!

vingt kilomètres qui nous séparaient du but. Descendus de tipoye, nous avons fait une partie de cette route au demi-trot, emportés par l'impatience. Tout le matin; paysage d’une intense monotonie. Clématites en graine — renoncules ou adonides (avant floraison) et pivoines en bouton (comme auprès d'Andrinople). À partir de Kui goré, très belles roches de granit, et même formant de grands soulèvements parfois analogues à ceux de la forêtde Fontainebleau. Chaque fois que le paysage se forme, se limite et tente de s'organiser un peu, il évoque en mon esprit quelque coin de France ; mais le paysage de France est toujours mieux construit, mieux dessiné et d’une plus particulière élégance. C'est ainsi que le passage d’une rivière, peu avant Kuigoré, puis la fuite de l’eau sous des grands arbres, les roches qui déchirent son cours, ‘la route qui suit un instant le bord de l'eau, tout cela nous faisait dire avec ravissement, en riant : on se croirait en France!

L'arrivée à Bosoum est très belle. Yves Morel, le chel de la subdivision, nous attendait. N’écoutant pas ce qu ‘on lui dit, il répète six fois de suite les mêmes choses — mais pourtant point sot, d'un jugement souvent assez exact, me semble-t-il, et do encore qu'avec trop de lenteur, des choses fort intéressantes. À

Dans une des Revues de Paris qu'il nous prête (aveë force journaux de toutes couleurs) un article (1 août); où Souday, avec désinvolture, exécute Britannicus: [line consent à voir, dans cette pièce admirable, « ni lyrisme, ni pensée » — un peu agaçant chez celui qui ne peut sup: porter à l'égard de Hugo, voire de Gautier, la moindre restriction, (Voir à la fin du volume).

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