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des médailles ; les mères apportaient leurs poupons dans leurs bras, il en sortait de partout; le P. Supérieur était surpris qu’il y eut tant d’enfants dans la mission; le généreux donateur en fut quitte pour douze douzaines. La petite séance avait commencé par une chanson en francals, elle se termina par ce chant latin : Vivat Pustor noster. Tout le monde sait que les sauvages manquent de la lettre v daus leur alphabet, ils prononcent plus facilement, paraît-il, la lettre b. C'était un plaisir d'entendre les petits malheureux chanter à tue-tête, avec ensemble et entrain: Bibat Pastor noster.
Suivitune cérémonie bien étrange et qui nous amusa fort. Il s'agissait de donner un nom à Monseigneur et à ceux qui l’accompagnent. D'abord,
les chefs tiennent conseil, ils nous examinent des pieds à la tête, et, après mure délibération ils s’arrêtent sur le nom à donner. Puis un, d'entre eux vous prend par la main et vous nomme de votre nom nouveau, la foule le répète trois fois; ensuite, sautant et dansant à vos côtés, il lâche un grand cri: hou!
hou! hou! La foule reprend: hou!
hou ! hou! La danse augmente en
activité, les cris en intensité, jus-
qu’à ce qu’enfin ce soit une véritable tempête. Quand vous êtes descendu de dessus la sellette, la même cérémonie recommence en l’honneur d’un autre; si vous le pouvez, risum leneatis, amaici. |
= D'abord le chef de Témiscrmingue nomma sa Grandeur, il l'appelle Wiasechkaig, “ celui qui répand la
lumière ” ; ensuite le chef de la Chippewa baptisa M. Rankin X1tchiodjibik, “ la grande racine, ” par- -ce que le püissant boürgéois; dans | sa richesse, va chercher au loin la nourriture qui soutient les pauvres
sauvages. Puis vint mon tout, le k chef de Timagoming me donna nom | Aiamiemijakivan, “ le saint temps :
clair,” ou, dans un sens moins mys- n
tique “le bon Vive-la-joie, ” parce que, disait-1l, pendant le voyage, le nuage de la tristesse n’était pas passé sur le ciel de mon esprit. Enfin quatre principaux d'entre les sauvages nommèrent M. Robert, la KR. Sr Christine, Mademoiselle Ella Rankin et le jeune Rankin, bébé de deux ans. M. Robert fut appelé Kïisisowabikon, ‘‘ la fleur du soleil ” ; la Sœur Christine Ojuwach, ‘ la feuille ver-
te” ; mademois hijigok, “la. rei bébé Æamishpo là plume, ” Pour terminer la Cérémonie,
chef de Témiscamingue fit uneh rahgue en paroles imagées dans 1 quelle il remerciait Sa Grande
d'être venu Porter la joie et la ] mière chez ses enfants
elle Rankin, Okimane du jour, ” et Je wa “ celui qui tient
1e aàur U-
d’Opatchiode la prière,
Vage et l’es.
prit du SaUVage sont dans la Joie ;
seul; son ventre ést dans la tristesse, la pêche man.
Monseigneur
oi ie mere M me RS OR EC UN
grand festin. ‘ Alors, reprit le chef, tout chez le sauvage est dans la joie, le cœur, l'esprit et le ventre. ” L’allégresse était au comble. Toutes les bouches répétaient à demi-voix :
Oua! Oua! Oua! Migwetch ! Migwetch ! Après tout, on ne recoit pas un nom pour rien, il faut bien payer le baptême.
Mardi, après la déposition du saint Sacrement et une grande messe chantée pour les défunts, eut lieu la visite au cimetière. Le champ des morts est situé de l’autre côté du lac, près du fort, où l’on voit encore l’ancienne chapelle bâtie par M. Bellefeuille. On se rend en procession au rivage ; Monseigneur, revêtu de la chappe noire et mitre blanche en tête, prend place sur un siége dans un grand bateau. En un
clin d'œil le détroit est couvert de canots qui vont, viennent, se croisent et se recroïsent pendant que tous, hommes, femmes et enfants chantent le Miserere en sauvage. Arrivée sur l’autre rive, la procession se reforme et monte au cimetière, qui s'étend sur le flanc de la colline, bien arrangé, proprement clôturé et ombragé çà et là par de jeunes pins toujours verts. Au milieu, s'élève la grande croix noire sur un tertre destiné à la sépulture des Pères missionnaires. ‘“ Après avoir passé, me disait le Rév. P. Laverlochère, la plus grande partie de ma vie au milieu de mes chers sauvages, 1l est bien juste que, après ma mort, je vienne dormir et reposer avec eux. ”
Au retour du cimetière, Monsei-
n'étaient pas perdus.
Vierge Merie.
oneur fit ses adieux aux. sauvages,
Il les félicita sur la bonne volonté
qu’iis avaient montrée en aidant à la
À construction de leur chapelle. Il leur “ dit que, d’après ce qu’il avait vu à Témiscamingue et à Abbitibi, il
serait heureux de rapporter aux
Associés de la Propag:tion de la Foi
que leur argent et leurs sacrifices
Il les mit en
garde contre les tentations de l’orgueil, les séductions de la vanité et les superfluités de la toilette. Enfin il leur rapnela que le seul moyen -qu'ils avaient de se suutenir dans le bien pendant les longs mois qu'ils passaient loin de leurs missionnaires, était en général le recours fréquent à la prière, et en particulier la dévotion à notre bonne mère la
Si vous désirez, Monsieur le Grand Vicaire, connaître plus à fond cette mission et son histoire, je vous renvoie à un travail d'assez longue haleine qui a paru dans l’A’bum des Familles, ler janvier 1881. En voici quelques extraits qui reviennent à mon sujet et qui me paraissent tout à fait intéressants. Je les copie sans scrupule ; du reste, l’auteur, qui sort de ma chambre, m'a donné, pour me servir du . langage du pays, tout droit de chasse et de pêche sur son terrain.
‘“ Les seules notes qu’on ait pu retrouver au sujet de la mission de Témiskamingue remontent à 1835, alors que M. Bellefeuille, prètre de Montréal, y fit une mission qu’il renouvela en 1836, 1837 et 1838. En 1839, M. Poiré, autre
EN
prêtre de Montréal, et en 1841, M.
Moreau, aussi de Montréal, vinrent
successivement évangéliser les pau-
vres sauvages, les pauvres enfants
des bois. ”
+..." Le R. P. Laverlochère,
en 1844, fut le premier Oblat mis-
sionnaire de Témiskamingue et de
la baie d'Hudson, lequel a su si bien racorter, autrefois, dans les Annales de la Propagañon de la Foi, ses voyages, ses missions, ses travaux et ses aventures parmi les sauvages qu'il visita successivement avec les Pères (Clément, Garin, Armand, Pallier, jusqu’en 1852, époque où, accablé de rhumatismes et d’infirmités, il fut obligé de laisser à d’autres le soin des pauvres sauvages. qu'il avait tant aimés.” ‘ Après lui, nous voyons succes-
| d'Hudson,
Champ confié au zèle Sation. Ea 1862 nécessité de se fi
" milieu des fauVages dont la proivade misère et l’incessante prière appelaient à grands cris la présence 8 missionnaires.” ‘+ C'est le 11 mai 1863 que P. Pian ATIVAIt à Témiska-
désirée depuis gi longtemps, « Avec l'aide d’un SauVage, écrit ce bon Père,
et quelquefois des Commis du °Mpagnie de la Baie une petite résidence,
mesurant huit mètres sur six, se trouva terminée et en état de recevoir les Pères Lebret et Mourier, le 12 octobre 1863, jour où nous sommes entrés dans cette nouvelle demeure, Pour tout meuble nous n'avions qu'un banc; nous couchions sur le plancher, les pieds tournés vers la cheminée, sans crainte de faire une chute. Si Ste-Thérèse avait visité notre maison, elle n’y aurait certainement rien trouvé de contraire à la pauvreté.” (Lettre du R. P. Pian, ler mars 1864.)
Je puis ajouter que ces traditions et ces hubitudes de pauvreté évangélique se sont conservées à Témiscamingue ; le mobilier n’y est pas somptueux, même les chambres ne renferment pas les trois chaises permises par la règle; au réfectoire il
se n'yena qu’une, elle est pour l’évé.
ce- que, et les autres s'asseyent sur de le | longs bancs Comme à l’école. :
= * En 1864, au mois d'août, S, G.
le Mgr Gui gues, évêque d'Ottawa, vouous |! lut bier: venir bénir, au nom du bon ons leu, cette nouvelle résidence et en nés même temps, donner la confirmation de aux sauvages qu'évangélisaient les rèse Pères.
n’y “ Après le départ de Sa Grandeur, , de le P. Pian ne resta pas les bras croi- : du À sés. Avec un petit Canadien qu'il avait à son serviee, puis un petit ions sauvage et le vieux l’Ecrevisse qu’il var- aVait engagé cet automne, il réussit mis- à faire des billots, à scier de la planpas che et à travailler Si bien la nous ne velle allonge que, le 25 mars 1865, per- il Y avait une autre chapelle dans re il
le haut de la nouvelle pièce : l'autel
et le tabernacle étaient prêts. Le dimanche,26 mars, les Pères célébrèrent pour la première fois le saint sacrifice de la messe dans la nouvelle chapelle.
‘ Maïs les Pères ne 8e bornaïent pas à améliorer le côté matériel de leur mission. Ils savaient qu’ils avaient des âmes ignorantes à instruire, des orphelins à recueillir, des malades à soigner. Pour cela il leur fallait des coadjutrices, des Sœurs de Charité. Le R. P. Pian s’adiessa donc à Mgr Guigues, évêque d’Ottawa, pour cette aïlaire importante qui éprouva d’abord de grandes difficultés, maïs enfin qne le bon Dieu couronna d'un plein succès; car en 1866, le 17 octobre, le KR. P. Pian remontait d'Ottawa à Témiscamingue, accompagné de deux bonnes
Sœurs Grises, Sœurs Raisenne et Vincevt. Dès leur arrivée il fallut s'occuper de construire une nouvelle demeure. Le R. P. Pian se mit ausgitôt à l’œuvre pour faire préparer le bois de la maison neuve qu'il fit élever dans le courant de l'été.”
Le couvent,aujourd’hui, renferme quatie religieuses qui s’y dévouent à toutes les œæ. vres de leur vocation:
Sœur St-Antoine, la supérieure, Sœur St-Vincent, Sœur Colombe de Jésus et Sœur Christine de Jésus.
‘ L'année 1876 fut une année mémorable pour Témiseamingue, honoré à cette époque de la visite de Mgr Duhamel, digne successeur de Mgr Guigues, décédé en 1874, et du R. P. Soulier, envoyé par le KR. P.
Supé:ieur Général de la Congrégation, en qualité de visiteur de la province du Canada.”
C’est donc pour la seconde fois que Mgr Duhamel visite cette mission. Je me félicite de l’heureuse fortune que J'ai eue de l’accompagner. Outre les agréments d’un voyage incomparable, j'ai pu voir de mes yeux les prodiges qu'enfantent dans ces solitudes, loin du regard des hommes, le zèle et le dévouement apostoliques; et, sur le théâtre de leurs travaux, j'ai appris à admirer et à aimer de plus en plus ces infatigables missionnaires qui cultivent, dans la vigne du Seigneur, ‘un champ dont la longueur embrasse 1,800 milles, c’est-à-dire 600 lieues, et dont’ la largeur n’est pas moins de 600 milles, 200 lieues.
Les principaux postes qu’ils parcourent sont les missions du Saint Maurice, d'Abbitibi, de la baie d’Hud-
son, du fort William, de Golden Lake (Bonne Chère), sans compter les postes secondaires des lacs Keepawe, Timagoming et Matawagamang.”
Je ferme ma lettre ; j'entends les préparatifs du départ, je vois par la fenêtre toute la population en émoi.
Nous partons donc pour le retour ; en attendant le plaisir de vous re-
voir, croyez que je demeure tou-
jours, avec la plus haute considération, Monsieur le Grand-Vicaire, Votre très dévoué et très obéissant serviteur.
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Dx TEMISCAMINGUE À MATTAWAN
Le départ.—Nos compagnons.—La Pointe à la barbe.—Un coucher du soleil.—Chez M. Latour.— Un bateau long comme une église.—En plein sys" tème de Copernic.—Notre nouvel équipage. —Un doux sommeil.—Les six rapides du Long Sault.— Une page du juge Routhier.—Une course effrénée. —Nos guides.—Un brave.—Une procession aux flambeaux.—Une dizaine de confirmations.—Quelques détails historiques.—Les Sœurs de charité.— L'Hopital.—A l’ancre.—M. L'abbé Duhamel.
Mattawan, 18 août 1881.
MonsIEUR LE GRAND-VICAIRE,
Mardi, 16 août, à 3 h. p. m., nous.
faisons nos adieux au grand Témis-
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camingue et à la colonie de dévoués missionnaires au milieu desquels nous avons pa*sé trois jours d’un si pieux et d’un si doux repos. Nous échangeons l’aviron pour la rame et nous prenons place à bord d’un bateau ; équipage et passagers, nous sommes au nombre de vingt-sept, trois doivent débarquer à la Chippewa, les vingt-quatre autres continuent leur route jusqu'à Mattawan.
Nous avons le plaisir d’avoir encore pour compagnons de voyage les R.R. P.P. Pian et Nédelec, ainsi que M. Raukin qui veut se montrer aimable jusqu’au bout. Vingt canots, tous pavoisés, nous accompagnent à trois milles de distance, jusqu'à la Pointe à la barbe, et un vieux sauvage, rieur et narquois comme un vieux manitou, voyant que je tres-
saille à chaque détonation, au grand amusement de tous, prend plaisir à me décharger son fusil dans les oreilles. Le Stella, qui semble regretter de se séparer de nous, porte à son bord les religieuses et Okimakijigok, “ La reine du jour.” Autrefois, les bourgeois de la
‘Compagnie, après de longs voyages
à travers les rivières, les marais et les sables, souvent couverts de boue et de poussière, avant d'arriver au milieu des leurs, pour pouvoir se présenter dans un état convenable à leur dignité, s’arrêtaient à une certaine distance du fort pour faire leur toilette et se raser la barbe ; de là le nom significatif de Pointe à la barbe qu'on trouve sur un si grand
nombre de lacs, par tout le territoire du Nord-Ouest,
Enfin le moment de la séparation et des adieux est arrivé. Le bateau s'arrête, tous les canots, les uns après les autres, rasent notre bord, et chaque sauvage donne une forte poignée de main à Monseigneur en disant: bojou, bajou. Nous nous éloignons en agitant nos mouchoirs, j'ai vu couler plus d’une larme, Adieu!
-pieuse mission, ton image restera gravée parmi mes plus beaux souvenirs. J’ai découvert sur tes bords des secrets de dévouement, des trésors de charité et des mystères de sacrifice que le monde ignore. Il fait du bien au cœur de constater que, dans l'Eglise catholique, l’apostolat est toujours vivace et fructueux.
Le soir, le soleil se coucha encoré une fois dans sa gloire. Le lac, à
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l'endroit où nous étions, pouvait compter un mille de large, il était profondément encaissé entre deux rangées de très hautes montagnes; la partie du ciel que nous voyions audessus de nos têtes était d’un azur prononcé, les eaux étaient noires, les flancs des n@ntagnes sombres, nous voguions plongés dans une demi obscurité. Mais à l’occident le jour règne encore, et par derrière les sommets un foyer invisible illumine le firmament. Les nuages font miroiter l'éclat de l'or et du rubis; l’œil se repose en contemplant ces flocons de laine trempés de pourpre, ces draperies flottantes, ces tentures moëlleuses et transparentes ; quelle variété, quelle richesse de couleurs!
tableau indescriptible où se font = he ressortir mutuellement des masses
d'ombre et des jets de lumière. Le Jour continue d'éclairer les régions supérieures, et la nuit s'étendant sur les ondes nous a enveloppés de son voile ténébreux, Nous respirons délicieusement à pleins poumons, et no's nous disons qu’une soirée comme celle-ci ne serait pæ# payée trop cher, quand même elle serait achetée au prix de toute une semaine de voyage, de travail et de fatigue.
À 8 h., nous sautons à terre à l'embouchure de la Chippewa, chez M. Latour, entreprenant commerçant de bois, de Hull, qui fait ici de belles affaires et qui a, comme dit M. Rankin, le cœur large et gros comme la montagne. Une quarantaine d'hommes se chauffent au-
€ -+our du feu de la cambuse. Nous
jous mêlons à eux, nous jasons
comme de vieilles connaissances, nous parlons des paroisses d’en bus, il y en a de toutes les parties du pays. J’en ai rencontré un qui a été élevé à Sainte Scholastique et qui est le neveu de M. Sévère Graton, de Sainte-Thérèse. Ces pauvres gens paraissent enchantés de cette visite inattendue. Après le souper, Monseigneur récite la prière et le cha-
pelet, puis il fait une courte allocu-
tion. S'inspirant d’un accident qui, le jour même, avait failli devenir fatal à l’un d’entre eux, il leur rappelle qu’il nous faut toujours être prêts à paraître au tribunal de Dieu et que pour cela nous devons vivre loin du péché, dans un état continuel de grâce sanctifiante. |
Ici nous changeons d'embarcation, le Rév. Père Pian en ayant besoin
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l ENT" CHERE TER SE cute LS Girl no DEL PRAGUE,
d’une plus considérable encore pour pouvoir remonter ses provisions d'hiver. M. Latour lui prête son grand bateau, 1l mesure dix pieds de large et soixante-six de long, avec poupe et proue relevées. La pince est effilée en alène, c’est un vraie poisson armé L'espace ne nous manque pas, nous nous install onsconfortablement. Seize rames se lèvent ensemble et recombent en cadence. Vogue,
vogue, ma nacelle, vogue jusqu à
minuit.
Le ciel est pur, les étoiles brillent
au firmament, il n’y a pas de lune, la voie lactée s'étend au-dessus de nos têtes, l'étoile du nord nous regarde . comme l’œil de la nuit, nous cunsidé-
rons la Grande Ourse, nous croyons apercevoir In queue de la comète, et
sans nous en rendre compte nous
voilà à naviguer en Plein système de Copernic. Du ciel nous tombons,
Je ne sais COument, dans le d
qu'ils Çu les lumières de l'évan- &ile ; puis nous P tions non moi
ples civiiisés 5
"SSODS AUX supers:
ns ridicul s des peu-
de là la transition était facile aux histoires de r.ve-
nants et de loups-parous. Je ne suis Pas très fort dans la science des astres, mais, pour les revenants, je n'en crains Pas un. Je n’ai PA48 man
qué pendant le Voyage de cnter se Poiot sum, L'otoloum, Dototoum ?” Cependant J'ai eu Pitié de mes ho-
onnaître notre nouvel équipage, je puis vous les nom-
mer tous depuis le capitaine jusqu’au dérnier matelot, je connais leurs noms par cœur; bien plus, dans quelques jours je pourrai vous faire admirer leurs mâles figures, car en arrivant à Mattawan le Père Pian a fait prendre leur portrait sur une même carte, et il en fait présent de deux copies, l’une à Monseigneur et moi. D'abord à la tête du bateau, chef de l'expédition, est Wavati, ce qui veut dire l’Eclair de chaleur ; au gouvernail se tient debout Michel Pichou, c'est-à-dire Michel Le chat.
Sont pendus sur les rames Pien Pines, Jean et Joachim Wubekijik (ciel sans nuages) Pierrot, J. Polson, W.
Pines, J. King, Angus, J. Langevin, Cgrille, Stanis, Pon { Paul), Jimmy et John. Les cinq premiers sont de vieilles connaissances, ils étaient
d'au de l’expédition d’Abbitibi : ils maeurs nient la rame aussi bien qu lans aire ren an à une t de al Vatel.
r et Minuit nous nous étendons sous chef la tente, A 9 b. “]ève ! lève! a qui aboard!” J ouvre au chel hat.
Pi- (ciel W. NOUS berce molle à vin, dencé des lames, monotonne comme my la chanson de la nourrice qui endort
Son enfant.
À 6 h. nous Prenons le déjeûner
chez M. Saucier, un canadien de Lévis, qui tient sur les bords du lac une station de repos pour les gens de chantier, juste en face de Pemikan, le terminus probable du chemin de fer projeté entre Népissingue et Témiscamingue. La bonne canadienne de femme, toute fière d’'héberger son évêque, nous reçut avec une politesse franche et cordiale. Au moment du départ elle dit à Monseigneur: ‘“ J’ai appris que vous aviez reçu d'Angleterre des. petits orphelins que vous a envoyés Mgr Manningg; si vous vouliez nous en. douner un, nous serions très contents, mon marl et moi, et nous tâcherions de l’élever bien chrétiennement.” Nous écoutions cette demande, le cœur ému et les larmes aux yeux. O charité, que
tu es admirab] dire : l'esprit Quand il veut.
e ! C’est bien le cas de souffle où il veut et
de croche, le
du sault ;
de long, et il n’en cède en rien, ni
violence, au sault Caughne et Montréal.
Sont noyés au lapide de P ile,
Presque tous les ans i] Y périt quel-
qu'un, ce n'est pas
haut du Rapide croe remou si fort, surtout Brandes eaux, que celu
al temps des i qui se laisse
entraîner dans ses anneaux ne peut en sortir que difficilement. Un jour, c’est-à-dire un soir, le Rév. P. Nédelec y trouva un pauvre malheureux qui tournoyait depuis le matin : im-
possible de passer à travers cette
chaîne de courant qui le promenait malgré lui dans la circonférence du cercle. Nous avions pris sept heures pour monter le Long Sault. Nous le descendimes, je crois, en une demi-heure.
‘“ Ce n’est plus une rivière qui nous entraîne, c'est un fleuve, mais un fleuve qui court comme un torrent, une énorme masse d’eau qui se précipite, qui bondit, qui se cabre comme un coursier, qui tombent en mugissant dans ces caves profondes, et qui rejaillit en gerbes d’écuiae.
Mille obstacles se dressent devant
= © E en :,..
les vagies effarées, tent par dessus en h ne les arrête.
mails elles sau-
S embûches périlleuses. Autour de nous quel bruit !
quel fracas ! quel tourbillo
tous les objets
Passant à la surface.
Tantôt ce sont
des ondulations iné-
gales et pleines d’aspérités, des crêtes superbes couronnées d’aigrettes blanches, des lames éperdues se brisant en des milliers de goutelettes qui jaillissent comme des étincelles.
Tantôt ce sont des chocs de houles et de contre-houles, des bouffées de vagues irritées qui nous saütent à la figure, des gouffres profonds qui mugissent à nos côtés et qui nous engloutiraient au moindre écart, ou pour un coup d’aviron manqué.” Cette page est de Monsieur votre frère, Son honneur le juge Routhier, extraite de son charmant petit livre En cunot, et cette description des rapides du Saguenay peut sappliquer à la lettre aux rapides du haut de l’Ottawa.
Notre bateau se lance au milieu des bouillous et est emporté avec la
rapidité de I flèche, Course des plus effrénées. Les mains saisissent fortement Ja Planche du
siége, le regard se fixe sur l’abîme, les lèvres sont muette
il fournit une
ndrer, ave, les sauvad de leurs poi- € sourd, le fri- Passe par tout le corps.
n, emler $e
8e8 poussent du fon trines un cri de Joi son vous Vous diriez Portée à ] briser sur un roche
r le dos des Vagues Comme des chevau
qui l’emportent X au galop,