‹ Voyage au lac Abbitibi [i.e. Abitibi] ou Visite pastorale de Mgr J. Th. Duhamel, dans le haut de l'Ottawa [microforme]Chapitre 4 sur 11 · FA · texte numérisé non relu

FA

‘ Les Canadiens de l'Ouest,” par T'assé ; “ Les sociétés secrètes, ” par Claudio Jannet; ‘“ Philosophie de l'histoire contemporaine,” par le P.

Deschamps ; ‘“ Les libertés populaires au moyen-âge,” par Guérin; ‘ Les plaidoyers de MM. Hamel et Lacoste en faveur de l’Université Laval ; ” “ Fabioia, ?” par Wiseman :

‘ En canot” par le juge Routhier, et les ‘Essais poétiques,” par Lemay, etc. Ces livres sont étalés sur le bagage dans le canot, il y en a pour tous les goûts; Monseigneur, je crois, a entrepris de les dévorer tous. Il n’y a rien d’agréable comme es lectures de voyages, libres, nonchalantes, faites entre deux conversations, interrompues sans scrupule pour contempler une haute montagne qui porte sa tête dans les nua-

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ges, ou un lac immense aux rives inconnues.

Le sol autour du lac des Quinze, du lac Barrière, le long de la rivière Ennuyante, est uni, sans montagnes, sans rochers, tout à fait arable, il m'a paru d'excellente qualité; les bois qu'il produit sont le pin blanc, l’épinette, le cèdre, le sapin, le tremble et le bouleau ; en plus d’un endroit Jai vu de l’érable et du mérisier. Ces terres sont-elles propres à la culture ct à la colonisation ?

Je n’en doute pas: des personnes qui sont depuis longtemps dans ce pays l'affirment. Kemarquez que nous ne sommes pas ic1 plus au nord.

que le lac Saint Jean, la saison d’été est aussi longue qu’à Québec, les fermes qui sont ouvertes sur Îles bords du lac Témiscamingue produi-

sent toutes sortes de légumes et de céréales. Qui sait si dans cinquante ans la race canadienne n'aura pas étendu ses rameaux jusque dans cette partie de son domaine, si ces beaux lacs ne seront pas entourés de riches campagnes aux moissons dorées, si ces rivages ne seront pas bordés de villages florissants et de villes superbes, si ces eaux ne seront pas sillonnées par des bateaux à vapeur qui écouleront les produits d’un commerce considérable,

Le Nord, voilà le champ ouvert à l’activité et au développement des Canadiens-Français. Eux seuls aimeront à y vivre. Les populations étrangères que l’émigration transatlantique vomit tous les ans par milliers sur nos bords, préfèreront toujours se diriger vers les prairies

de te as ns Ces rés ons pas de ont vauits

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de l’ouest où les frich

Premiers travaux de

colons ne recule pas devant les arbres de la forêt, le

Climat leur est salutaire, et leur tempérament est fait à la rigueur de nos.hivers, Sachons profiter du mouvement colonisateur qui agite le pays, que le 80uUVernement ouvre de bonnes voies de Communication, même qu’il ne Craigne pas de pousser des lignes de Chemins de fer dans les régions de l’intérieur, et avant longtemps le surplus de notre Population aura remonté le cours de toutes les rivières, échelonnant des établissements continus sur les rives du St-Maurice, de la Rouge, de la Lièvre et de la Gatineau. Bientôt de courageux colons, après avoir pénétré la chaine des Laurentides,

parviendront aux immenses plateaux de la hauteur des terres, et dérouleront une succession non interrompue de paroisses depuis la vallée du la: St-Jean jusqu'aux rivages lointain: du lac Témiscamingue.

Dans ce temps-là, comme le disait il y a trente ans un conférencier prophétique, la patrie canadienne, restreinte au midi et au sud-ouest, s'étendra vers le nord, embrassant des espaces plus vastes que celles qu’elle occupe aujourd’hui. Le Nord sera notre domaine, la forteresse de notre nationalité. Quelle puissance au monde pourrait anéantir ce peuple, homogène, jeune et plein de sève, défendu par cette position isolée, à l'extrémité d’un continent, position inexpugnable qui fait res-

sembler le Canada français à une île bordée de toutes parts par d’énormes banquises, redoutées de l’envahisseur. — Mais revenons à nos forêts.

Celles que nous traversons en ce moment, ne connaissent pas encore les coups de la hache destructive, les chantiers ne sont pas arrivés jusqu'ici. Cependant dernièrement les marchands de bois ont acheté des limites jusqu’à la hauteur des terres, et ils se proposent de les exploiter avant longtemps. Même afin d’éviter le rapide des Quinze où les billots seraient exposés à tant de retards et d'accidents, on parle de pratiquer un canal, en s’aidant du cours de quelque rivière, depuis la tête des Quinze jusqu’au lac Témiscamingue. L'hiver dernier des ar-

penteurs du gouvernement seraient venus explorer le terrain dans ce but, | Jamais je ne passai de meilleure nuit qu'à la tête des Quinze. La

. tente est dressée sur la pierre, une

couverte &:' étendue sur ce solide matelas, la valise sert de traversin, sur la valise on met une oreïller, et sur l’oreiller sa tête. Puis enroulé dans une chaude couverte, sur ces Témiscaming feathers, comme disait le grand vicaire O’Connor, sur ce duvet de Témiscamingue, vous dormez jusqu'au matin du sommeil du juste, ou, ce qui est tout un, du sommeil du missionnaire.

Vendredi, à 84 h. a. m., nous entreprenions le premier portage des Quinze, et à 5 h. p. m., notre canot se balançait fièrement au pied du

alé

ces sait ce LOTdu DM-

en-

des not du

dernier rapide; nous avions pris deux heures de, moins que pour monter. Aussi nous avions pour nous le courant et une température plus fraîche ; de plus nous sautâmes quelques rapides, la frèle embarcation bondissait sur la vague écumante. Une fois entr’autres un flot irrité s'élance par dessus bord, et voilà du coup les lits, les pains, la blague à tabac et le census du P.

Nédelec à.la nage au fond du canot.

C'était la troisième fois que ce pauvre ‘recensement des tribus sauvages ” sur lequel le bon Père veillait comme sur la prunelle de ses yeux, manquait de se noyer. Hélas! la malice humaine est sans pitié; c’était un malheur, et nous en rimes à nous en tenir les côtés. |

À lavant-dernier rapide nous

trouvons sur la côte, dans une enveloppe en écorce de bouleau, une nouvelle lettre à l’adresse de Monseigneur. “ Steamship Chasseur, H.

B. line, homeward bound, passed here wednesdäy 9.30 a. m., all well.

Engines working admirably. Full steam on, lots of coal, signed Captain. ” H. B. line veut dire : ligne de la Compagnie de la Baïe d'Hudson. M. Rankin, en souvenir sans doute de l’heureuse chasse à l’ours qu’il avait faite sur la rivière Sainte-Thérèse, venait de baptiser son beau canot neuf du nom de “ Chasseur.””

Pour nous, nous ne vimes aucun p ours: Le seul ennemi de la race Æ + humaine que nous rencontrâmes sur n( notre passage est un serpent qui . traversait à la nage la rivière Mat-

tawan ; il déroulait, comme aurait dit Virgile, ses anneaux tortueux sur la surface de l’onde tranquille.

Mais il ne dardait aucunement sa langue sifflante dans sa gueule béante, et il ne s’attaqua à aucun Laocoon ; au contraire, par tous les moyens, il cherchait à s'enfuir, lorsque notre gouvernail, un parent sans doute de l’homme de la fable, lui cassa la tête de son aviron, en lui faisant cette harangue :

Symbole des ingrats ! être bon aux méchants

C’est être sot; meurs donc : ta colère et tes dents Ne me nuiront jamais.

Deux fois, au pied des rapides, pendant que les hommes transportalent le bagage, avec une ligne, nous primes notre déjeûner. De temps en temps nous apercevions au fond des baies des bandes de

canards qui prenaient leurs ébats.

: Nous aurions bien aimé les voir à la broche ou au fond de la marmite, mais la difficulté était de les approchér. Une fois nous entreprimes d’en poursuivre une couvée, la mère en tête, à la vitesse de douze milles à l'heure. Enfin après une course effrénée,au moment où nous croyions les tenir, les coquins nous échappèrent, les uns en se perdant dans le bois, les autres en plongeant sous les eaux ; et un seul tomba sous les coups des avirons. Nous renonçâmes à la chasse, le métier ne payait pas.

De temps en temps aussi, des mauves au blanc plumage nous suivaient sans crainte et sans défiance, voltigeant autour de notre canot. Trois foïs nous aperçûmes, planant au haut

des airs,un aigle aux ailes étendues

ts.

dla te, rO- 1es ère les rse ons pès le ous les mes pas.

auient oltirois naut

dues

% fa Course majes- Montra, tout-à-fait

met comme d’une énorme Curonne, le nid aérien où le roi des oiseaux nourrit ses jeunes alglons. Cependant, en général, nous n'entendons que peu gazouiller la gente ailée; et ces immensés soli-

tudes NOUS paraissent enveloppées dans un silence Profond, vaste et morhe,

Vendredi, nous Passâmes la nuit à l'endroi |

disposition ; mais, comme il faisait chaud, nous préférâmes dormir sous la tente. La nuit fat splendide, j’eus tout le loisir d'admirer la lune ar-

gentée et les étoiles scintillantes :

tous les brulots du pays, je crois, s'étaient donné rendez-vous dans notre tente ; à deux heures, ne pouvant plus tenir en place, je me levai et J'attendis le jour en me promenant sur le rivage silencieux. Au |

lever du soleil, Monseigneur célébra c la sainte messe dans la même mai- S son où il l'avait dite quelques jours

auparavant.

Autour de chez M. McBride il y a une trentaine de familles écossai-

ses, métisses et sauvages. Une dizai- du ne de fermes sont en opération. D ch Monseigneur reçut la visite de deux su Jeunes gens, du nom de Burwash, Æ tir:

autrefois de Saint Eugène, qui ont Æ ten pris des terres dans les environs et Æ dui qui sont très contents de leur sort.

La terre est excellente, la moisson Æ arri a la plus belle apparence, déjà les

rois, jans poueval ome- Au [ébra mai- ] ours

eily OSSALdizaiation.

deux wash, ui ont ons et r sort.

éjà les

| chaine ; il sera

| temps il servira à éco

olés sont parvenus à leur Maturité, Tout près d'ici, sur les bords de la rivière La Loutre et de la rivière Blanche, il y a de l’espace Pour jeter dix Paroisses, et Pourquoi pas vingt ?

Le gouvernement est sur le point

de faire arpenter, un peu plus au sud-est en desce

ndant sûr Je lac, deux townships qui sont déjà marqués sur la carte, le township Gui.

gue et le township Duhamel, Un steamboat doit naviguer sur les caux du Témiscamingue dès l’année pro- Sans doute destiné surtout à rémorquer le bois qui sortira des Chantiers, mais en même uler les produits de ces fermes lointaines.

Au fond du lac Témiscamingue

grandes différents,

en pra 2 . à

l’'Ottawa au milieu, la rivière Blanche sur la droite et la rivière La Loutre sur la gauche. La rivière Blanche a trois embouchures, dont l’une porte le nom de rivière du Diable ; c’est ici que la ligne entre Ontario et Québec quitte le cours de l'Ottawa, pour gagner la hauteur des terres. Dans le but de raccourcir notre route, nous remontons la rivière du Diable pour descenüre ensuite la rivière Blanche proprement dite. En considérant cette terre d’alluvion et les bois francs qui ombragent les rivages, nous aurions pu nous croire transportés dans une campagne des environs de Montréal, par exemple sur les bords de la rivière l'Assomption; et après avoir voyagé si longtemps à travers les pius et les épinettes, nos yeux

se reposaient agréablement au spectacle des ormes, des frênes et des chènes au feuillage sombre et luxuriant.

Nous vinmes diner dans une île à trois milles de Témiscamingue. Les sauvages se proposaient de venir au devant de Monseigneur avec une grande pompe; mais l’homme propose et Dieu dispose. Il s'élève un fort vent du large, et il est impossible aux canots d'ordinaire dimension de s’aventurer sur la houle; seul le “ chasseur” de M. Rankin peut tenir la mer, le voici venir à notre rencontre avec le bourgeois à bord.

Le spectacle est vraiment grandiose, le lac est sombre, de grosses vagues d'aumoins six pieds de hauteur se suivent à perte de vue en renversant leurs sommets blanchissants,

vous diriez une armée de chevaux blancs au galot agitant leur crinière.

Le canot monte, descend, monte encore et recule avec le flot qui l’apporta. Ilest beau de voir William Cromalty, avec son œil d’aigle, Aebout à l'arrière du canot, son grand aviron à la main, prenant la vague tantôt en flanc, tantôt en travers:

au milieu du silence solennel il dit un mot sec et bref, et les avirons se modèrent ; 1l prononce un autre monosyllable, et tous les avirons ensemble, mus comme par un ressort, nagent et travaillent dru et fort. Cromalty a la conscience de sa position, 1l sait qu'il a dix vies entre les mains. Mais ne crains rien, pilote, tu portes César et sa fortune.

Toute la mission attend à genoux sur la grève, deux cents pavillons

Je dé

de

pli

le

flottent au vent, la mousqueterie ébranle les airs, et une forte odeur de poudre dit comme c’est grande fête à Témiscamingue. La procession se met en marche, nous avançons entre deux rangées de jeunes érables, nous passons sous des arcs de verdure faits avec des branches d'érable. L'érable est partout bienvenu.

Du Canada c'est l’érable chérie, L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

Allons ! assez pour aujourd’hui; je remets à ma prochaine lettre les détails de la visite et la description de cette belle mission.

Je demeure toujours avec la plus haute considération, Monsieur le grand vicaire, votre très dévoué et très obéissant serviteur.

T'ÉMISCAMINGUE

Description topographique de Témiscamingue.— La chapelle.—Les maitres de céans.— Une messe pontificale.—Une ordination.—Une procession sur la montagne.—Le soir des Quarante-Hrures.— Influence civilisatrice des religi-uses.—Le Fort.— Une séance en plein air.—Cérémonies d’un baptême nouveau.—Nos noms sauvages. —Harangue du chef.—La visite au cimetière.—Le sermon d'adieu.—Extraits intéressants-—Les premiers missionnaires de Témiscamingue.—Le P. Laverlochère.—Les apûtres d'aujourd’hui.—Fondation d’une mission permanente.—Pauvreté évangélique.—Visite de Mgr Guigues.—Une nouvelle chapelle. — Arrivée des Sœurs Grises.—Les Sœurs actuelles. — Visite de Mgr Duhamel en 1876.—Un vaste théâtre pour le dévouement.— Le retour.

Témiscamingue, 16 août 1881.

MonsrEUR LE GRAND-VICAIRE,

Nous partons cet après-midi à 3 h., et avant que nous nous embar-

quions, je vais, toujours pour obéir à votre désir, coucher sur le papier la relation de ce que, depuis trois jours, J'ai vu et entendu au grand Témiscamingue.

Témiscamingue est l’un des plus beaux sites que l’on puisse imaginer.

Deux pointes s’avancent dans le lac en face l’une de l’autre et la traversent presque entièrement, ne laissant entre elles qu'un chenal de cinq ou six arpents; aussi les sauvages appellent-1ls cet endroit opatchionnang, ce qui veut dire détroit.

Sur la pointe est, dans la Province de Québec, se trouve le fort de l'Honorable Compagnie, sur la pointe ouest, dans Ontario, la mission catholique. La maison des Pères et le couvent sont bâtis à une petite distance de la grève, de manière à

laisser devant la porte l’espace pour un jardin potager où, à cette époque de l’année, s'étalent des fleurs

d de toutes variétés et de toutes couleurs. À deux arpents en arrière, us sur une petite élévation, se dresse er. la chapelle dominée par une colline lac à la croupe arrondie, couverte de er- trembles, de chênes et d’érables. Au ais- | sommet de la colline on voit un orade toire auquel on arrive par un sen-

tier large et bien travaillé qui serpente aux flancs d’une côte abrupte et coupée en précipice; ce sentier me rappelle la promenade qui circule autour des bâtisses du Parlement, À Ottawa. En arrière encore s'élève une large montagne aux énormes assises qui domine à son tour la colline de toute sa tête élevée. De la chapelle vous avez une vue libre

sur le lac, d’un côté à six milles de distance, de l’autre côté à vingt-deux milles ; et, tout autour, l'horizon est borné par des baies profondes et des mamelons verdoyants. |

La chapelle toute neuve, bâtie seulement depuis trois ans, a 60 pieds sur 25 ; elle est couverte en bardeaux et sa flèche élancée, étincelant aux rayons du soleil, se voit de loin sur les eaux du lac. La cloche qui pèse 500 livres, trois fois par jour redit l’angelus aux échos d’alentour. Les murs de l’église, à l’intérieur, sont imités en pierre de tailla, la voûte en est élancée, les châssis sont en couleurs et représentent des sujets bien choisis; le jubé possède un harmonium dont les sons mélodieux relèvent la solennité des fêtes religieuses, l’autel est construit

dans le style gothique et au-dessus de la plus haute flèche domine et règne, comme une reine, une belle grande statue de Marie Immaculée.

À raison de la circonstance, un tr0ne pour l’évêque avait été préparé vraiment somptueux, grâce à la générosité de la famille Rankin qui avait mis à la disposition de l’église tout ce que le magasin du fort renferme d’étoffes précieuses; de chaque côté de l’autel le crayon du F Débigarré avait fait ressortir des co-

Jlonnes et des pilastres élégants : en-

fin le petit temple était orné avec un goût délicat qui indiquait que la main des religieuses avait passé.par là. :

Avec leur permission je vais vous présenter aux maîtres de céans:

d’abord au Rév. Père supérieur, le

P. Pian, qui a deux maisons sous son autorité, celle de Témiscamingue et celle de Mattawan, curé dont la juridiction s'étend sur une paroisse vaste comme un royaume. En second lieu, voici bon, doux, affable le Rév. P. Laverlochère, si bien connu par toute la province de Québec, ‘“ le fondateur des mission de la baie d'Hudson, qui est revenu en 1868 à Témiscamingue, sur l’ordre de ses supérieurs, pour y passer le reste de ses jours au milieu de ses chers sauvages, et pour les édifier par sa patience et sa résigunation à la sainte volonté de Dieu au milieu de ses longues et pénibles infirmités” (Ces dernières paroles sont extraites de T Album des Familles, numéro du ler janvier 1881.) Trois autres Pères appartiennent aussi à

cette maiïson : le Rév. P. Mourier qui, après avoir fait connaissance avec ces missions dès 1867, depuis trois ans est revenu à ses premiers amours ; le Rév. P. Nédelec qui visite les missions d’Abbitibi, de la baie d'Hudson, du fort William et de Golden Lake, et le Rév. P. Guéguen, qui visite le Grand Lac, le lac Barrière ainsi que les missions du haut de la Gatineau et du haut

du Saint Maurice. Ce Père a eu l’occasion de traduire les avis que donnait Monseigneur, 1l parle le sauva-

ge avec une facilité vraiment extra-" ordinaire. Deux Frères scholasti-

ques, les FF. Blais et Cahill, rési-

dent ici depuis deux ans pour trou-

ver la santé dans le grand air du lac et des montagnes, mais en même temps ils savent se rendre utiles, le

F. Cahill entre autres choses est chargé de l’école des petits garçons.

De plus, cette maison possède trois Frères convers, les F.F. Moffatt, Verrette et Débigarré. Tout le monde sait que ces bons Frères, en s’occupant des travaux matériels et extérieurs, pendant que les Pères courent après les brebis du Seigneur à travers les forêts, sont un véritable trésor pour les missions. Ici, sous la haute direction de leur supérieur, ils font marcher deux fermes où l’on récolte jusqu'à 600 minots de patates, 200 minots de blé, 150 minots de pois, etc. Quel secours inappréciable pour ces missions où les dépenses de voyage et de toute sorte sont si considérabies !

Dimanche, à 6 h., il y eut me

pontificale, avec prêtre assistant,

diacre et sous-diacre d'honneur, diacre et sous-diacre d’office; M, Robert s’acquittait à merveille de ses fonctions compliquées de maître des cérémonies. Aux balustres s'élevait un pain bénit à sept étages. La messe du second ton fut chantée par un chœur bien exercé, l’harmonium accompagnait. La nef était remplie d’un foule compacte, le chœur ressemblait à celui d’une cathédrale.

Après le chant du Gloria, il y eut une ordination, la première que voyait cette mission lointaine, le F.

Cahil recut les ordres moindres.

L'assistance recueillie suivait avec le plus grand intérêt ces cérémonies nouvelles pour elle et remplies de si profondes significations. Du haut de son trône, la statue de la Vierge immaculée, tendant ses mains vers

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lui, semblait sourire à son oblat,

Après la messe on fit la procession solennelle du Saint-Sacrement. Le reposoir avait été préparé au sommet de la colline, dans cette petite chapelle que Monseigneur affectionne particulièrement, et où, il y a cinq ans, il administra le sacrement de confirmation et dit la messe jusqu’à trois fois. Le chemin avait été balisé; d’ailleurs les arbres qui bordent la route, étendant leurs branches au-dessus de nos têtes, forment sur tout le parcours une arche continue de feuillage et de verdure. La procession, bannières déployées et croix en tête, déroule ses replis dans le sentier tortueux au chant des hymnes et des cantiques, et grimpe à pas lents la pente rapide. L’oratoire était tapissé de branches d'érable et

l'autel était orné de fleurs naturelles. La foule s’agenouille en face du reposair. De là, nous voyons à nos pieds la chapelle, l'établissement des Pères, le Fort et la plaine liquide vordée de ses paysages enchanteurs.

à Le spectacle était d’une grandeur ü indicible. Quand après le Tuntum

- erg», l'évêque se retourna, tenant

ê l’ostensoir entre ses mains, pour

l- faire par trois fois le signe de la - croix sur la foule prosternée, Jésus t

Eucharistique, du haut de ce trône 1- bâti au sommet d’un rocher, de cette

a nouvelle montagne de Sion,semblait

jeter un regard de complaisance sur 8 les travaux des dévoufs missionnai-

es res et bénir avec amour cette terre

autrefois infidèle et aujourd’hui si chrétienne.

Au retour de la procession, le

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la Hi

Saint-Sacrement fut exposé pour l'exercice des Quarantes-Heures, et, à tous les moments du jour et de.la nuit, il resta dans l’église nombre d’adorateurs qui priaient et chantaient. Le soir l'autel étincelait de fleurs et de couronnes artistement disposées ; toute la mission se pressait dans la chapelle devenue trop étroite pour contenir la foule, l’évéque présidait ; et, pendant plus d’une heure, récitation du chapelet, cantiques, amendes honorables, doux soupirs de l’harmonium, c'était une succession non interrompue de prières à haute voix et de chants pieux.

Plongé comme dans un atmosphère de dévotion, qui ne se serait senti touché jusqu'au fond du cœur ?

Quel changement! me disais-Je ; quelques années passées, ces pauvres

sauvages étaient plongés dans l'ignorance de l'idolâtrie et dans les horreurs des superstitions les plus

grossières ; aujourd’hui ils connais-

sent les secrets et ils goûtent les douceurs de la piété! Quels sujets de mérites pour les apôtres qui leur ont apporté la bonne nouvelle!

Quam speciosi pedes evangelizantium pacem? Quelles sources de bénédictions pour la congrégation religieuse dont ils sont les membres et les enfants.” rie Lundi et mardi matin, Monseigneur donna la confirmation à 98 personnes, Les s:1vages de Témiscamingue me paraissent avoir un air de civilisation que n’ont pas ceux de l’intérieur. Ils vivent plus près du missionnaire. Ils ont avec lui

des rapports plus fréquents; et de

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plus, l’on sent que l'influence bienfaisante de la religieuse a passé sur ces existences primitives et en a modifié les habitudes. Outre l’entretien de l’église et de la sacristie, outre le soin d’un hôpital et la visite des malades à domicile, les Sœurs de la Charité soutiennent une école qui, l'été, est fréquentée généralement par 60 à 70 écoliers et écolières; même, au temps de la mission, le nombre s’en élève jusqu'à une centaine. Mais ce sont des oiseaux voyageurs ; l'hiver au temps de la chasse, il n’est pas facile de les retenir en cage. Pourtant, plusieurs resteraient volontiers à l’école, si on avait les moyens de les entretenir et de les nourrir. Quelle patience ne faut-il pas à ces pauvres maitresses pour communiquer, comme en

D Ne ed

te jouant, les éléments de la sc‘ence et les vérités de Ja religion à ces intelligences jeunes, neuves, trop Souvent impatientes du joug et presque toujours inconstantes dans leur assiduité. Les religieuses aussi élè.

vent des orphelines, lesquelles, en

t dans leg

le temps, les fruits et les résultats

Les femmes

Peau, maïs il est simple et uni, etil ne Change pas

de forme, paraît-il, avec les Quatre saisons de l’année.

Lundi à midi, nous allons prendre

diner au fort, où Mademoiselle Ella Ravkin fait avec grâce les hon-

neurs de là maison. M. Rankin x conservé les vieilles traditions de politesse franche et aisée qui distinguaient à un haut degré les anciens.

officiers de l’Honorable Compagnie.

Le fort de Témiscamingue est environné d’une palissade qui peut avoir déux à trois arpénts de circonférence; une petite colline en arrière lé domine de son sommet couvert de pins. La maison du bourgeois est peinturée avec élégance, devañt la porte s'étend une verte pelouse au milieu de laquelle s'élève un arbre aux branches étendues, le chêne de Saint-Louis, où, dans les beaux Jours, l’aimable Chief Factor prend le thé avec ses amis ou bien traite les affaires de son vaste commetce.

Les autres “âtisses du fort, au nornbre d’une douzaine, ainki que la

palissade, sont blanchies à la chaux, ce qui donne à l'établissement un grand air de propreté. On nous fit visiter un vieux magasin qui remonte, dit-on, à plus de cent ans d'existence, et qui a dû voir les jours de Murray ou de Carleton.

A notre retour du fort, les petits garçons du F. Cahill et les petites filles de Sr Colombe attendaient Sa

Grandeur à la porte du presbytère, N les parents faisaient cercle derrière * leurs enfants. Monseigneur, assis ’ dans un fauteuil sur la galerie, reçut . leurs hommages; une petite cana-

dienne et un petit sauvage lui présentèrent, chacun à leur tour, un bouquet avec une adresse bien préparée et bien récitée. Monseigneur, après leur avoir donné des conseils appropriés à leur âge, leur distribua

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