‹ Voyage au lac SupérieurChapitre 13 sur 13 · S37.8IO · texte numérisé non relu

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Le capital social était divisé en 5,ooo actions, sur lesquelles on avait appelé oo dollars, soit 169 francs ; la société vient d'augmenter son capital en portant à i 0,000 le nombre des actions, dans le but de mettre le capital en relation avec l'importance de l'entreprise et de créer un fond de roulement suffisant.

La concession de Forespt est située à l'ouest de la ri- Fore#i. vière d'Ontonagon, sur des montagnes élevées de près de 200 mètres au-dessus du lac, appartenant aux premiers contre-forts de la chaîne du sud. Je ne peux cependant rien préciser à cet égard : la large vallée dans

laquelle coule la rivière semble répondre à une faille transversale qui a changé les alignements ; en direction , la mine de Forest serait sur le prolongement du filon de Minnesota ; mais les caractères des gîtes exploités semblent indicpier que cette mine appartient à la chaîne du sud.

Les affleurements présentent des excavations anciennes dans lesquelles on a commencé les explorations vers la fin de 1 849 ; les premiers travaux ont fait trouver des masses de cuivre pesant jusqu'à deux tonnes , que les Indiens avaient laissées ; et par suite , on a conçu les plus belles espérances pour l'avenir de l'exploitation, espérances qui ne se sont pas encore réalisées.

Le filon exploité est dirigé N. 65* E., et plonge vers le nord sous un angle de 60* ; il est intercalé entre deux bancs de trapp amygdaloïde et grenu , dans lesquels la matière de remplissage a pénétré. 11 est composé de quartz blanc laiteux, de chlorite et d'épidote mélangée avec du quartz et avec du calcaire. On n'a obtenu que de très-petites masses de cuivre et du cuivre disséminé en grains, dans le quartz et surtout dans l'épidote.

On a foncé trois puits profonds de 85 à 100 mètres, et poussé quatre niveaux en direction; dans la profon-

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deur, la richesse du filon ne paraît pas augmenter.

L'atelier de préparation mécanique a été brûlé en mars i853; il vient d'être reconstruit au bord de la rivière, à 3 kilomètres des puits. On a établi en mên^ temps un plan incliné, sur lequel les waggons chargés de gangue à bocarder descendent presque sans frais au bocard.

Ces constructions et toutes les installations de surface sont très-belles, et répondent plutôt aux espérances conçues dans les premiers temps qu'aux résultats donnés par l'exploitation. Jusqu'à présent la mine de Forest n'a fait que très-peu d'expéditions, et son avenir n'est pas encore assuré.

Toitec. La concession de Toltec est située à 20 kilomètres

au N.-E. de Minnesota, et parait être dans la même position, c'est-à-dire sur le versant méridional de la chaîne centrale. A cette position et aux espérances qu'elle fait concevoir doivent être attribuées les dépenses qui ont été faites pour les établissements à la surface et pour la route en planches qui reliera bientôt cette mine à la ville d'Ontonagon (i).

On a formé deux puits principaux et trois puits secondaires dans un filon très-irrégulier, dirigé N. 6o*E., et plongeant vers le nord sous un angle de Go"" environ ; on le compare à la. veine du nord de la mine de Minnesota, et l'affleurement de la veine du sud est indiqué, au pied de la montagne, au contact du conglomérat, que les alluvions laissent à découvert en plusieurs points.

Les deux puits principaux ont 72 et 76 mètres de profondeur, et sont munis de manèges pour l'extraction. En direction , on a poussé trois niveaux : le plus élevé sert de galerie d'écoulement et reconnaît le filon

(i) La route en planches est faite à frais commuos par les mines Toltec, Adventure, etc..., qui sont de ce côté.

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sur plus de 200 mëixes de longueur; le second est moins avancé et le troisième est à peine commencé. La puissance du filon est extrêmement variable, de o^^^oG à 2 mètres et plus ; des veines secondaires ont été constatées en plusieurs points, mais n'ont pas été sufSsamment explorées.

Dans les étranglements, le filon est trèsquartzeux ; dans les renflements , il est rempli par du quartz , de la chlorite, du calcaire spathique, de l'épidote veiie, de la matière rouge et des fragments du trapp encaissant, formant des brèches à grandes parties. On a constaté des veinules de laumonite, mais je n'ai vu nulle part ce minéral en veines un peu puissantes. Les renflements présentent souvent des géodes en partie remplies par de l'argile rouge et tapissées de cristaux de quartz.

Les vieux travaux qu'on peut suivre sur la montagne, à une grande distance vers le N.-E., paraissent indiquer que la partie riche du filon se trouve à l'est de la ^ partie maintenant explorée.

Dans les travaux actuels , on a trouvé quelques petites masses de cuivre et ce métal disséminé en grains daijs la gangue ; la matière à bocarder paraît tenir de 2 1 /2 à 5 p. 1 00 de cuivre dans les parties riches.

Les travaux ne sont pas encore assez développés pour qu'on puisse se prononcer sur l'avenir; il faut attendre qu'on ait pu mieux explorer la profondeur, la veine du sud , et principalement les parties qui répondent aux anciennes excavations.

La mine Adventure est située au S.-O. et à une faible Advemure. distance de Toltec , dont elle est séparée par la vallée. Des travaux assez importants ont été faits dans un filon intercalé entre un banc de trapp amygdaloïde et un banc de trapp grenu. La direction est N. 75* E. et le pendage de 60 à 65** vers le nord ; la gangue contient

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du quartz et du calcaire spathique, de la chlorite et des fragments de trapp , et des masses considérables d'épidote verte intimement mélangée avec du calcaire.

La puissance est difficile à définir, parce que la matière de remplissage a pénétré la roche amygdaloîde à une distance assez grande du filon. Aux affleurements on distingue deux veines peu distantes, dont la puissance est de o'",25 à o",35.

On a dépensé plus de 3oo,ooo francs en travaux souterrains et produit : un peu d'argent natif, quelques petites masses de cuivre, et du cuivre disséminé en petits grains dans Tépidote et dans Famygdaloïde imprégnée des matières du filon.

A la mine Ad venture comme à Forest , et en général comme dans toutes les entreprises tentées dans la chaîne du sud , on a déblayé d'anciens travaux contenant des petites masses de cuivre, et à une profondeur plus grande, on n'a plus trouvé que des matières à bocarder, pauvres en cuivre, et des petites masses trop peu nombreuses pour qu'on puisse espérer faire des bénéfices.

En quatre ans, la mine Adventure n'a expédié que 1 4 à 1 5 tonnes de cuivre.

Ridg«. La concession Ridge est située au S.-O. de la pré-

cédente et sur la même montagne. On exploite un filon d'épidote, intercalé entre le trapp grenu et le trapp amygdaloîde, peu puissant et surtout très-pauvre en cuivre. L' amygdaloîde est imprégnée des matières du filon et doit être extraite en forte proportion pour être soumise au bocardage.

On a foncé deux puits inclinés profonds de i lo et 120 mètres, et- commencé l'exploitation à quatre niveaux différents.

On n'a obtenu que de très-petites masses de cuivre et de la roche épidotique ou amygdaloîde, pauvre en

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métal. On a dépensé , pour les travaux souterrains et pour la construction d'un bocard à douze pilons , avec machine à vapeur, au moins 4oo,ooo francs sans résultat favorable.

§ V. — Considérations générales.

Les détails dans lesquels je suis entré au sujet des mines exploitées au lac Supérieur, peuvent se résumer en quelques lignes.

Les Indiens ont exploité de tout temps les affleurements ; ils ont cherché principalement les petites masses de cuivre et ne sont pas descendus au-dessous du niveau des eaux.

Les travaux mcJdernes ont commencé vers 1 842 , mais ne sont devenus réguliers qu'après l'achèvement de la carte géologique. Les terrains métallifères sont maintenant possédés :

r Par des compagnies sérieuses et puissantes exploitant avec une grande persévérance , et dont un petit nombre est arrivé ou arrivera bientôt à des résultats favorables ;

2**' Par des particuliers ou des associations manquant de capitaux suffisants. Bien des explorations ont été commencées, puis abandonnées, sans qu'on puisse conclure que les filons sont inexploitables ;

3" Par des compagnies et des sociétés qui ont acheté à bas prix tout ce qu'elles ont pu acquérir, et qui cherchent à vendre à des sociétés nouvelles américaines et étrangères, par portions et à des prix élevés, des filons à peine explorés aux affleurements.

A la pointe de Keweenaw, on doit distinguer deux zones dans lesquelles les filons transversaux sont notablement riches ; elles sont séparées par une chaîne con-

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tînue de trapp cristaUio , traversée par les filons, dhi- 1 j^ ses en plusieurs veines et presque stériles.

Dans la zone du nord , une seule mine est en explm- \m tation , mais n'a pas encore payé de dividendes à ms |i! actionnaires , après avoir dépensé plus d'un million de 1 1 francs : c'est la mine de Copperfalls. Elle a suivi pour |ii ses travaux un système de longues galeries et de puits, L par lesquels elle arrivera bientôt à une production im- |i portante. Elle exploite deux filons et une couche de trapp amygdaloïde imprégnée de cuivre.

Dans la zone du sud , plusieurs filons ont été bieo explorés , puis abandonnés. Ceux dans lesquels les travaux sont encore en activité présentent de grandes différences : les uns sont peu riches k la surface et en profondeur; d'autres ont présenté aux afileurementsune apparence peu favorable et deviennent beaucoup plus riches en masses de cuivre a mesure qu'on approfondit les travaux ; un seul , celui de Cliff-Mine , s'est montré riche dès la surface, et contient d'énormes masses de cuivre à tous les niveaux explorés jusqu'à présent.

La mine de Cliff a donné des dividendes magnifiques en raison de sa position toute spéciale. Les mines de Southcliff et Northwestern paraissent devoir produire bientôt beaucoup de cuivre et donner des dividendes. Plusieurs filons à peine explorés ^e présentent sous un aspect assez favorable , et donneront probablement de bons résultats s'ils sont mis en exploitation sérieusement et avec des capitaux convenables.

Dans toijtes ces mines le cuivre est à l'état natif; on trouve également une notable proportion d'argent , soit pur, soit mélangé avec le cuivre, mais il n'a pas encore été produit en quantité suffisante pour donner des bénéfices.

Aa sud des Bohemian^Mountains , on a fait quelques iODS dans des filons irréguliers , contenant des sulfurés et non plus du cuivre natif. Les trasont maintenant abandonnés.

Dans la région du lac Portage, les gisements de ^ coivre et d'argent natifs sont explorés activement depuis ^ on petit nombre d'années ; mais ils ne sont pas encore ^ bien définis.

- Dans la contrée d*Ontonagon, les entreprises de mines ont été très-nombreuses et des sommes énormes ont été dépensées. Une seule mine est reconnue trèsriche, celle de Minnesota, qui a donné son premier dividende en 1854. Elle n'est pas encore arrivée à produire autant de cuivre que Cliff-Mine, mais ime de ses veines contient assez d'argent natif pour qu'on puisse espérer des bénéfices provenant spécialement de ce métal. Dans son voisinage immédiat, deux ou trois explorations sont commencées et donnent déjà ou paraissent devoir donner prochainement de très-bons résultats.

Les compagnies qui ^ploitent des filons dans la chaîne du sud , ont fait des dépenses considérables sans produire des quantités notables de cuivre. Les filons sont pauvres à une grande profondeur.

A rile-Royale, on a tenté de nombreuses explorations ; deux filons seulement sont exploités, et leur production annuelle ne dépasse pas 4o tonnes de cuivre. Au nord du lac, dans le Canada, plusieurs filons ont été travaillés ; ils contiennent de l'argent natif, des minerais sulfurés de cobalt et de cuivre et de la blende.

Les mines de la pointe de Keweenaw et^de la contrée d'Ontonagon ont commencé à produire en 1 845 , depuis lors les expéditions ont augmenté rapidement d'année en année; cet accroissement deviendra plus marqué à mesure que la population sera plus nom-

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breuse , et les communications avec les lacs inférieon plus faciles et plus assurées.

Tableau de la production des mines de cuivre.

Années

Tonnes de cuivre pur. . .

En i854, les mines ont expédié 2,35o de cuivre pur contenu dans les masses et dans les produits de la préparation mécanique. La production dépassera 3,*ioo tonnes en i855, et continuera certainement à croître dans une progression plus ou moins forte.

En présence du nombre considérable de filons encore inexplorés , et dont plusieurs pourront donner lieu à des exploitations productives, il n'est pas possible d'assigner une limite à la production du lac Supérieur.

A côté de la production , il convient de placer les dépenses qui ont été faites pour arriver aux résultats obtenus. Depuis le commencement des travaux d'exploration en 1842 jusqu'à la fia de i853, les mines ont produit 4»836 tonnes de cuivre, dont la valeur peut être évaluée à 1 1 millions de francs ; les dépenses faites dans toute la contrée, dans la même période, dépassent 25 millions.

La grande différence entre les dépenses et les valeurs des produits dépend en partie des tentatives faites dans le principe au hasard et dans la contrée inhabitée. Elle s'explique aisément par la nécessité de tout créer, et d'acquérir la connaissance du mode de gisement des métaux utiles.

En 1854, là valeur produite, 2,35o tonnes de cuivre, représente 6,5ôo,ooo francs environ; il m'a été impossible de me rendre compte des dépenses, mais je ne pense pas qu'elles aient été inférieures à sept mil-

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lions. Je crois pouvoir affirmer que pendant plusieurs années encore, les dépenses faites dans toute la contrée ne seront pas notablement inférieures à la valeur du cuivre. Il en sera ainsi tant qu'un grand nombre de l nouvelles entreprises seront faites pour Texploration et la mise en exploitation de nouveaux gisements.

On aura longtemps encore un petit nombre de mines l favorisées, produisant plus quelles ne dépensent, à f côté d'un plus grand nombre exploitant à perte ou dépensant pour leurs installations.

Les capitaux américains ne suffisent pas pour donner aux entreprises du lac Supérieur l'activité qu'elles devraient avoir, et les possesseurs de terrains cherchent à former des sociétés en France , en Angleterre et même en Allemagne.

Plusieurs de ces terrains sont dans des positions trèsfavorables, et les affleurements des filons sont assez beaux pour que les capitaux étrangers aient un intérêt à faciliter les travaux. Cies entreprises doivent être présentées sous leur aspect véritable , comme de simples explorations, qui peuvent conduire à de beaux résultats.

L'intérêt bien évident des Américains qui possèdent des terrains, et qui n'ont pas les capitaux nécessaires pour développer les exploitations , est de s'unir avec les capitalistes étrangers, directement et avec des prétentions modérées. Quand cette vérité aura été bien comprise , de grandes entreprises pourront être tentées dans ces contrées lointaines, avec des espérances raisonnables de réussite

EXPUCATION DES PLANCHES.

/ PI. VI. CarU générale du lac Supérieur.

PI. Vil. Carte de détail de 1% pointe de Keweenaw, de VOntonagon et t

l'Ile-Rowale, PI. VIII.

Pig. 1. Carte générale des ÉUta-UDis d'Amérique.

Pig. 3. Goope des terrains de la pointe de Keweenaw, passant par '.

mine de Gliffe.

mètres.

A, grés horizontal l .^ .«a

A', grés incliné, relevé sur le trapp s ^*'^^

a, banc cbloriiique 40

B, trapp cristallin |

B', trapp compacte, grenu, amygdaloïde. . j

b, lit de conKlomerat

C, gruensione 700

D, trapp compacte et amygdaloïde 1.610

E, alternances 400

F, F, conglomérat 1.530

Hauteur des points principaui au-dessus du lac : B 285 métrés

Fig. 3. Coupe géologique passant par la mine de Copperfalls.

A, amygdaloïde.

B , grande zone de conglomérat.

G , alternances de trapp, de grés et de conglomérat, a, Asbbed, banc amygdaloïde imprégné de cuivre. b y travaux de la mine de Copperralls.

D, zone métallirére du nord.

£, greenstone.

F, zone métallirére du sud.

Pig. 4. Coupe do terrain de trapp dans la contrée d'Ontonagon.

mètre*.

A. trapp cristallin et compacte 430

B, amygdaloïde 310

G, grés 10

D, conglomérat 5

K, trapp compacte i3o

F, gré» 3

G, trapp compacte 520

U , Jaspe et grés 20

T, conglomérat 110

K, K, grés M

Hauteurs des points principaux au-dessus du niveau da lac

A 363 métrés.

Fig. 5. Goope verticale de la mine de Gliff, indiquant la dispositio des travaux, des puits et des galeries en i854.

JMPRIMÉ PAR E. raiINOT ET G*, RUE RACINE, 36.

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