partie de la contrée , et déjà plusieurs compagnies de
raines ont commencé les défrichements et cultivé avec
succès le seigle, les pommes de terre, les betteraves, %cii^(^'^^
et des légumes divers.
Presque tous les objets de première nécessité, le foin, la farine, le maïs, les œufs, les pommes, sont amenés par les bateaux à vapeur de Cleveland , de Détroit ou même de Chicago. L'herbe manque entièrement dans les forêts , et nulle part encore on n'a fait des prairies artificielles : aussi la nourriture des chevaux , des moutons est-elle très-difficile. •
Les forêts renferment très-peu de gibier : les seuls animaux qu'on rencontre un peu fréquemmeat sont les écureuils gris; pendant l'hiver on peut chasser les aigles , les loups et les ours.
Pour le climat , le lac Supérieur se rapproche beaucoup du midi de la Suède , bien que la latitude soit à peu près celle du nord de la France : la température moyenne de Copper-Harbor est de 4>"545 (Fahrenheit), soit 4- S'*, 2 5 centigrades^
Changements dans le niveau des eaux. — Les grands lacs de l'Amérique du Nord n'ont pas de marées sensibles , mais leur niveau présente des variations , lentes ou brusques , sur lesquelles il me paraît intéressant de donner quelques détails.
Dans les tempêtes violentes , pendant lesquelles le Acuon du yem vent souffle du même côté durant deux ou trois jours , le niveau de l'eau s'élSve de plus d'un mètre au-dessus de sa hauteur habituelle, et redescend graduellement à mesure que la pression du vent devient plus faible.
Cette élévation De peut pas être constatée sur les côtes non abritées, par suite de la hauteur des vagues énormes qui déferlent sur la plage^ ou viennent se briser contre les rochers ; mais elle est facile à observer dans les ports et dans les baies profondes , dans lesquelles la surface de l'eau reste peu agitée. J'ai été témoin de ce phénomène à Copper-Harbor, le 3 octobre i854; à la suite d'un coup de vent du N. E. au N. 0. , le niveau de l'eau s'est élevé de plus d'un mètre , auprès du quai dans le fond du port. Les habitants m'ont assuré que dans les tempêtes plus violentes encore l'eau a monté de plus de deux mètres sous la pression du vent.
J'ai observé le même fait sur le lac Huron , à bord du vapeur [llinois , échoué près du phare de l'île de Thunder-Bay, et pendant un coup de vent moins fort ; le navire put se remettre à flot, après deux jours d'éôhouage , grâce à l'élévation rapide du niveau de l'eau et à l'action du vent sur sa coque inclinée.
Je n'ai pas pu m' assurer que sur la côte opposée on observe un abaissement correspondant, fait très-important, qui prouverait que le phénomène est général et n'est pas seulement particulier aux baies et aux ports placés sous le vent, yârtauoni Les missionnaires jésuites et toutes les personnes
brusques.
qui ont passé un temps assez long sur les bords des grands lacs, ont décrit un phénomène, jusqu'à présent inexpliqué, la variation brusque et momentanée du niveau de l'eau sur les côtes, pendant des temps très-calmes. Deux ou trois vagues, élevées de 2 mètres et même davantage, se forment subitement à une certaine distance du rivage et viennent se briser contre les rochers ou couvrir d'eau de vastes étendues de terrain. Ces faits sont constatés pour les lacs Érié, Huron, Michigan, Supérieur, par les missionnaires
jésuites, par le gouverneur Clinton , par Mackensie, par le général Cass, par le professeur Mather, par MM. Foster et Whitney, par plusieurs anciens habitants du saut Sainte-Marie ; on doit par conséquent les considérer comme parfaitement établis, quoique aucune explication satisfaisante n'ait été donnée.
On trouvera la description détaillée de tous les faits observés à cet égard dans l'ouvrage de MM. Foster et Whitney; je citerai seulement et sans détails les observations qui me semblent les plus curieuses.
Le gouverneur Clinton rapporte que le 3o mai 1823 , par un temps calme et très-clair, et peu d'instants après le coucher du soleil , on a vu trois vagues , hautes de plus de trois mètres , envahir tout le rivage , depuis Otter jusqu'à Kettle - Creek , sur la côte anglaise du lac Érié, et se retirer rapidement.
Au saut Sainte-Marie , la rivière est large de plus de 1 .600 mètres, et la profondeur d'eau sur les rapides est d'environ o'",85. Dans l'été i834, on a vu l'eau se retirer complètement et laisser les rochers à découvert, sur toute la largeur du canal ; pendant une heure entière, des habitants purent aller prendre les poissons restés dans les flaques d'eau entre les rochers. L'eau revint brusquement en une vague immense et furieuse, devant laquelle les hommes eurent à peine le temps de se sauver.
Le même phénomène s'est renouvelé deux fois dans la même journée et par un temps très-calme, à la fin du mois d'avril 1842.
Au lac Supérieur, MM. Foster et Whitney ont observé plusieurs fois, près des côtes, des vagues énormes s'avancer vers le rivage, lorsque la surface du lac était parfaitement calme , et le vent à peine sensible : l'eau du lac reprenait ensuite sa tranquillité. A la suite de
3o VOYAGE AU LAC SUPÉRIEUR.
ces brusques variations de niveau, les deux savants géologues mentionnent toujours des tempêtes très-violentes , ce qui les conduit à penser que des changements rapides de la pression atmosphérique ne sont pas étrangers à ce phénomène. 11 semble cependant difficile de concevoir une diminution partielle de la pression de l'air assez forte pour déterminer l'élévation de l'eau à 5 mètres au-dessus de son niveau.
anmiêliSs* ^^^^ ks différents lacs, qui communiquent entre eux par des canaux , dont la largeur est sensiblement constante , on observe des variations annuelles et périodiques, dans le niveau des eaux. On peut les expliquer assez facilement par les différences dans les quantités relatives de pluie tombée au nord et au sud. Le climat. du lac Supérieur est assez différent de celui du lac Érié pour que l'été puisse être sec dans l'un et pluvieux dans l'autre.
L'étude complète des phénomènes que je viens d'exposer sera d'un grand intérêt scientifique ; elle ne pourra être abordée sérieusement que dans un avenir assez éloigné , quand les bords des lacs seront habités , et quand des observations régulières et complètes auront été recueillies.
Mirage, — Pendant tout l'été, lorsque l'atmosphère n'est pas agitée par des vents violents, l'air se trouve à une température très-différente, au-dessus de la terre échauffée par le soleil , et au-dessus de l'eau, qui reste toujours assez froide. Ces différences donnent lieu à des réfractions très-fortes , qui apportent de grandes difficultés aux observations astronomiques , et donnent lieu à des effets de mirage extrêmement curieux.
On peut expliquer également par des réfractions atmosphériques un singulier phénomène dont j'ai été
témoin le 16 octobre 1854» ^ l'entrée de la rivière Sainte-Marie. Au moment où le soleil allait disparaître, ses rayons tombant sur une raifale de neige, me firent apercevoir un arc-en-ciel de forme elliptique parfaitement déterminée. Le rapport du grand axe vertical au petit axe horizontal était de 5 : 3. L'arc-en-ciel a persisté pendant plusieurs minutes , et il a été observé par tous les passagers du bateau à vapeur.
Aurores boréales. — Les aurores boréales sont trèsfréquentes pendant l'hiver et ne sont pas rares pendant l'été; cependant elles ne sont jamais aussi belles dans cette dernière saison , et leur éclat est en général trèspeu prononcé.