DÉPART DE MONTRÉAL
C’est le rer septembre, à huit heures du soir, que je
Jaissai Montréal.
Je ne sais plus quel écrivain a dit qu’il ne connaissait
pas de plaisir plus triste que celui de voyager, je sais que ceci est tout à la fois vrai et faux.
Rien de plus véridique si le voyageur n’a pas de but arrêté et qu’il s'en va de par ce monde en Juif Errant; il a beau changer de scène aussi souvent que de posture, il trouvera toujours comme dit Boileau, que | l'Ennui monte en croupe et galope avec lui ou prend passage à bord du même convoi et voyage à ses côtés.
Mais c’est différent pour le voyageur qui a un but ; la monotonie du trajet est alors trompée par l’activité de la pensée préparant les voies au succès du voyage.
Moi, j'allais remplir une mission de charité inspirée , par les malheurs des pauvres incendiés du Saguenay et
. le trajet me pafut par conséquent rapide et charmant.