‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 103 sur 137 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

seul retentissait de loin en loin dans nos chaires sacrées, pour nous rappeler Texemple d'une grande faute, d*un grand repentir et d*un grand pardon. C'était le seul enseignement que les sociétés modernes tirassent de l'existence de cette antique cité>. »

Aujourd'hui, quand on franchit le Tigre à MossouP, sur le pont de bateaux qui relie les deux rives, on $c trouve en présence d'une plaine aride, dans laquelle les mouvements réguliers du sol semblent indiquer, sur un grand périmètre , la trace et le contour d'une vaste enceinte.

Au milieu s'élèvent deux tumulus, à une hauteur de vingt mètres environ au-dessus du niveau du Tigre. L'un d'eux, qui porte encore parmi les musulmans le nom de Jonas ou mont du Repentir , est recouvert d'habitations, de cimetières modernes et d'un petit village appelé Koymindjick,

Quant aux débris antiques , il n'en reste pas la moindre trace apparente au-dessus du sol. « C'est la pioche à la main qu'il faut avancer, si l'on veut interroger la terre pour demander, aux couches des générations qui, depuis trois mille ans, se sont succédé sur ces rives, ce qu'elles cachent encore de cet empire fameux qui a compté quinze siècles de gloire '. »

* Alenant. Prcface, Epigrapine assyrienne. Paris, 1864. ^ Mossoul occupe une partie de l'emplacement de l'ancienne Ninivc, sur la rive droite du Tigre. Elle compte 70,000 habitauis. ' Menant. Ouv. cité.

Dès 1840, notre consul à Mossoul, M. Botta, est à l'œuvre.

Les foailles , d'abord commencées à Koyoundjih, sont bientôt poursuivies avec plus de succès à Kkorsabad, à seize kilomètres plus au nord, et sur les indications d'un ouvrier teinturier dont l'babitation et le four, disait-il, n'étaient construits qu'avec des pierres couvertes d'écriture et de bas-reliefs.

Et, en effet, dès qu'on eut franchi les premiers obstacles et déblayé les premières couches de décombres, on se trouva en présence d'un palais assyrien, couvert d'inscriptions et de sculptures.

« Un monde inconnu surgissait devant lui, sous la pioche dçs ouvriers, comme sous la baguette magique d'unefée. A mesure qu'ils ouvraient la terre, de belles figures immobiles, alignées dans les grandes salles, le long des corridors ou sous les portiques , semblaient attendre un signal pour reprendre la vie et raconter les événements dont jadis elles avaient été les témoins.

Le fléau destructeur qui a passé sur ces monuments s'était heureusement pressé dans son œuvre et n'«n avait accompli que la moitié; il n'avait touché que la tête de l'édifice : le palais n'avait été détruit que dans sa partie supérieure; de sorte que les bas-reliefs inférieurs étaient respectés. Ils se composent généralement d'un rang de figures, de trois pieds de hauteur, surmontées d'une inscription ; au-dessus du tableau , l'histoire; au-dessus de l'histoire, un nouveau basrelief plus ou moins endommagé;

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