CHAPITRE SEIZIÈME
soupçonner les saturnales des derniers Jours de la civilisation romaine. « On a beau fouiller les palais de Khorsabad, de Nimroud et de Koyoundjick, on n'y trouve aucun vestige de ces tableaux hideux d'obscénité que Ton est obligé de cacher dans des musées secrets. Il n'est pas une sculpture qui ne soit empreinte de la plus austère sévérité. »
La période de la civilisation assyrienne répond à celle de Tlndc et de TÉgypte. Toute la civilisation du monde était là.
Si l'Inde et l'Assyrie communiquaient peu entre elles, l'Assyrie et l'Egypte étaient, au contraire, en relations constantes. Cependant, dans l'expression de Tart et le sentiment d'esthétique de ces peuples, il existe un assez grand contraste.
A Thèbes et à Memphis, c'est Timmobilité, c'est le calme des tombeaux, c'est le sphinx accroupi *. £n fait d'art, dit Beulé, l'Egypte, c'est l'idéal; l'Assyrie, c'est le réalisme. Oui , mais c'est le réalisme de la vie. C'est le mouvement, c'est le tumulte du palais des rois, c'est le sphinx debout, prêt à marcher.
Lorsque la Perse s'empara de Ninive et de Babylone, elle emprunta au peuple vaincu les formes les
dei pritoooiert. J'ai fait traoclier leurs létei... J'ai fait mettre eo croii devant la grande porte 700 liommes. .
» 200 prisonniers tombèrent vivants dans mes maius. Je leur ai fait couper les poignets...
• J'ai fait passer par les armes 5,600 combattants... • (Menant Revue politique et littirairet mars 1675.)
' Menant.
plus caractéristiques de son génie ; on n'Improvise point les artistes. Les taureaux de Persépolis sont copiés sur ceux de Kliorsabad '.
G*est de son propre sein, c'est du soi même de la Mésopotamie que le peuple assyrien semble avoir tiré ses inspirations. Beulé en a fait la remarque dans rétude qu'il a consacrée à cet art, d'après les travaux de M. Victor Place et les dessins de M* Félix Thomas».
Dans les palais de Ninive, on a pu constater i'em* ploi du cintre et l'existence des voûtes.
La nature et l'exiguïté des matériaux expliquent le soin infini des détails que les Assyriens apportaient à leurs travaux d'assemblage.
Tandis qu au contraire, sur les rivages de la Grèce, la profusion des marbres de Paros et du Pentélique permet à l'architecture de s'épanouir sans effort, et d'élever dans les airs ces colonnades hardies qui profilent, sur le fond d'un ciel bleu, les fines et pures arêtes de leurs corniches légères, de leurs frontons dorés et de leurs architraves triomphales.
Toutefois, continue Beulé, malgré ses défauts, l'art assyrien est le plus important de l'Asie.
Il est le plus ancien, car dès les premières découvertes on a pu constater que c'était à lui qu'étaient empruntés les modèles des types primitifs de la céra-
1 Menant.
2 Journal des saunn 1.1, 1870.