‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 108 sur 137 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

C'est ainsi que les qaatre exemplaires du prisme trouvé à Kala-Ghergat, sur les bords du Tigre^ en nous donnant d'une manière irrécusable Thistoire et la généalogie du roi Teglath-Phalasar I*', nous font remonter jusqu*à son aïeul , chef et fondateur de la première dynastie*. Les palais de Nimroud, à Calach, se rattachent aux rois de la deuxième.

C'est à Nimroud que, sur le parvis d*un temple, on a trouvé le plus grand texte lapidaire connu.

C'est Tinscription désignée sous le nom de monolithe de Nimroud. Elle est gravée sur une pierre qui mesure plus de 6 mètres de long sur 5 mètres 50 de large.

En nous faisant connaître dans ses moindres détails la vie et les conquêtes du roi guerrier Sardanapale III^, elle nous initie en même temps à Thistoire de ses prédécesseurs; de même que l'inscription de Belochus et de Sémiramis, et la pyramide en basalte noir de Salmanasar III, continuent à dérouler à nos yeux la généalogie des rois de cette dynastie". La statue de Sardanapale III est au British Muséum. Le tous les rois asiatiques, c'est la seule qui nous soit arrivée intacte.

Elle nous fait saisir le contraste qui existe entre la légende et la réalité, entre le Sardanapale efféminé des traditions classiques et le grand administrateur,

' Ninippalasar, 1230 av. J. C, d'après Oppert.

» 923 av. J. C.

' De 1070 à 789, première destruction de Ninive.

le conquérant des Mèdes, dont nous avons ici l'histoire vivante sous les yeux,

Le palais de Sardanapale III appartient à la meilleure époque de l'art assyrien ; et, chose étrange, sur ses murs, comme sur ceux de Ninive ou de Khorsabad, Tamour n'a pas laissé de traces; rien n'y rappelle la volupté. En fait de sculptures, loin d'y rencontrer la plastique mollesse des Grecs, on se heurte, au contraire, à des scènes guerrières et violentes, ou à la représentation des supplices et des plus atroces cruautés*.

Mais, en revanche, il n'y a rien qui nous y fasse

' Âssar-Nasir-Habal (882), dans sa grande inscription de Nimroud, nous en donne une suffisante idée : « J'ai fait passer par les armes 260 combatiaoïs, je leur ai coupé la tête el j'en ai fait des pyramides...

» J'ai fait un mur devant les grandes portes de la ville , j'ai fait ccorcber les chefs de la révolte ; quelques-uns ont été enfermés dans la maçonnerie du mur ; d'autres ont été mis en croix ou ex> posés sur des pals le long du mur ; j'en ai fait écorcber un grand nombre en ma présence, et j'ai fait couvrir le mur de leurs peaux ; j'ai fait des couronnes de leurs têtes, j'ai fait des guirlandes de leurs cadavres transpercés. Enfin j'ai emmené Akbiyabab à Ninive, je l'ai fait écorcber et j'ai étendu sa peau sur le mur de Ninive...

» J*ai enlevé de vive force la ville de Asibi, j*ai fait 600 prisonniers , j'ai fait passer par les armes 300 hommes et je les ai livrés aux flammes; je n'en ai pas épargné un seul. J'ai élevé un monceau de cadavres haut comme un mur ; j'ai déshonoré leurs femmes et leurs filles.

» J'ai fait étouffer dans le mur de mon palais 20 prisonniers qui étaient tombés vivants dans mes mains.

» J'ai élevé un mur devant la porte de la ville avec les cadavres

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