‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 118 sur 137 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

villes déterminées topographiquement offrent une identification complète entre les noms géographiques de la Bib!e et ceux du monument égyptien. C'est un tableau synoptique de la terre promise, deux cent soixante ans avant TExode '.

Dans les textes assyriens, les rapprociiements de ce genre ne sont pas moins fréquents.

Pour les fils de Gham, Cash et Mitzraîm, par exemple, nous avons les Koushi sur les briques d'Assarhaddon , Motzur sur le prisme de Sennachérib, et Mltzir sur les inscriptions achéménides.

Les villes de Tyr, Gaza, Sidon, Gel)el, Byblos y sont fréquemment mentionnées; mais la région qui s'y rapporte et que la Bible appelle la terre de Ghanaan, porte le nom de terre de derrière, terre du couchant, sar les tablettes assyriennes. Que conclure de cette distinction de dénomination , sinon que ces tablettes, comme on a voulu Tavancer, n'ont pu servir de guide à Tauteur du dixième chapitre de la Genèse ?

* Les listes du pylône de Karnak nous font remonter directement, sans altération de copiste, jusqu'au dix-septième siècle avant notre ère. « Ces listes, dit M. Delaunay dans son compte rendu à l'Institut, éclairent d'un grand jour les énumérations ethniques du chapitre x de la Genèse et bien d'autres passages des livres saints. L'impression que l'on reçoit de ces rapprochements, impression qui se fortifie à mesure que les éléments de contrôle se multiplient et se complètent, c'est que la Bible est, au simple point de vue de Telhnographie et de l'histoire, un monument de premier ordre, ou plutôt e premier de tous les monuments. » (.académie des inscriptions et cUes-lettres, août 1874.)

Parmi les enfants de Sém, le pays d'Élam, d'après le texte de Bizitoun, désigne la Susiane^; Aram, le nord de la Syrie*

Il n'est pas jusqu'à Phaleg, fils d'Héber, grandpère d'Abraham, dont M. Oppert n'ait retrouvé l'étymologie biblique dans l'inscription du canal de Itobuchodonosor, « car dans ce jour, dit la Bible (au jour de Phaleg), la terre fut canalisée ».

Quant aux fils de Japhet, les cunéiformes nous donnent les Madàites^ exactement comme les Mèdes de la Bible.

Javas ou Javana, le père des Pélasges et de toutes les tribus helléniques.

Parmi ces fils de Japhct,il est une coïncidence plus curieuse, c'est celle de Tubal et de Mosoch, dont les deux noms se trouvent continuellement associés dans la Bible ; ils le sont aussi dans les cunéiformes. Ce sont les Mosches et les Tibarènes, campés entre la Caspienne et l'Euxin au temps d'Hérodote.

C'est du Mosoch et du Tubal biblique que l'historien Josèphe a fait descendre les Ibères, non les Ibères et les Ligures d'Espagne, comme l'ont cru saint Jérôme et ses commentateurs ', mais les Ibères du nord du Caucase et de la Géorgie.

* c'est donc une erreur de donner ce nom d'Élamites aux Perses de la Bactriane, d'origioe aryenne, comme le prouve l'étude des langues comparées.

* Ce. qui, toulcfois, n* empêche point les Ibères et les Ligures d'Espngne d'avoir une origine finnoise ou touranienne, attendu que

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