‹ Voyage au pays de Babel; ou, Explorations à travers la science des langues et des religions: ouChapitre 119 sur 137 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

C'est en effet dans cette direction que les tablettes d'Assarhaddon placent les Tabali; le prisme deSalmanasar compte vingti^quatre rois de Tabal. Les inscriptions de Sargon, en parlant des Moschiens, les mettent au nord de T Assyrie, sur les bords de FEuxin. On a cru y reconnaître les ancêtres des Moscovites.

Les noms de ville ne sont pas moins significatifs dans ces tentatives de rapprochements et d'identification; et, à mesure qu'ils se dégagent de leur poussière cunéiforme, ils nous reviennent, un à un, tels que le chapitre X nous les a fait connaître.

« Les premières villes du royaume de Nemrod furent Babylone, Ërech, Accad et Ghalannée, en la terre de Sennaar. De cette terre sortit Assur ; il bâtit Ninive , Chalée et Resen, entre Ninive et Ghale; elle est appelée la grande ville ^ »

Or, les documents les plus authentiques sont d'accord sur ce point* : la civilisation assyrienne est fille de la civilisation chaldéenne. Elle a marché du

l 'idiome basque auquel ils oat donné naissance a lui-même une pareille origine.

Le basque, tout Je monde le sait, est comme une langue erratique, perdue et isolde au milieu de toutes les langues indo-euro^ péennes et même néo-latines dont elle est entourée.

L*affinilé du basque avec les langues altaïques ou bongro-finnoises a été préconisée par le prince Lucien Bonaparte et M* de Chare ncey, secrétaire de la Société de linguistique.

1 Genèse, chap. x, y. 10-12.

* Victor Place, Ninive et VjUsyne, tome I, p. 214.

midi au nord, de Babylone à Ninive, en passant par Resen.

Mais que pouvait donc être cette grande ville de Resen, si formellement précisée par la Bible, »i ce n* était Ninive elle-même ?

C'est ce que les exégètes confondaient jusqu'ici.

Eh bien , non, observe M. Oppert; non-seulement la position de Resen a pu être déterminée géograpliiquement', mais la ptirase qui s*y rapporte met en lumière un fait qui désormais n*ofifre plus aucun doute : « c'est que cette phrase de la Grenèse est antérieure au premier empire assyro-chaldéen, à la fin du vingt et unième siècle, et beaucoup plus antique que les splendeurs de la grande Ninive^. »

En fait d'antiquités, les bibliothèques de Sennachérib et d'Assurbanipal nous ont ménagé de singulières surprises.

Nous ne parlerons pas de la précision des pièces historiques puisées dans ces livres d'argile; les époques fixées pour les trois éclipses dont nous avons parlé ont été soumises au calcul , vérifiées par l'Observatoire de Paris. Elles ont été reconnues exactes à une minute près*.

Les documents empilés dans ces bibliothèques ne

nous ont pas livré seulement des pages de scien^^e et

^ Cest l'antique Larissa, meniionnée par Xéaoplion, habiiée par les Mèdes, et siluëe entre Ninive et Chala.

' Oppert, Expédition en Mésopotamie, tome II, p. 83. • Le P. Grairy, Lettret sur la religion.

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